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Roadtrip en van le long de la Dordogne

Pendant 13 jours, je suis parti en roadtrip en van le long de la Dordogne de Confolent-Port-Dieu en Corrèze à Libourne en Gironde en passant par les départements du Lot et de la Dordogne. Le fil rouge du voyage : le fleuve Dordogne à cheval sur la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie. Récit, retour sur nos incontournables et conseils pratiques pour partir à votre tour en roadtrip en van.

Pourquoi un roadtrip en van le long de la Dordogne ?

Quelques mois auparavant, j’ai réalisé 10 jours de randonnée sur l’Itinérêve, un sentier de randonnée en Corrèze dans la Haute-Vallée de la Dordogne. J’ai tellement aimé ce parcours que j’ai souhaité revenir pour partager ces lieux avec ma femme, et telles les gabares qui naviguaient sur la Dordogne remplies de bois et de marchandises, j’ai voulu rejoindre l’estuaire de la Gironde. Faute de disponibilité, on a réalisé ce voyage en deux temps : le 1er roadtrip en van jusque Bergerac et le second en fourgon aménagé jusque Libourne et l’estuaire de la Gironde.

1er roadtrip de Confolent-Port-Dieu à Bergerac

J1 : Confolent-Port-Dieu – Site de Saint-Nazaire

Nous avons loué notre van sur Yescapa qui permet de louer des vans aménagés entre particuliers avec toutes les garanties d’un loueur pro.

On souhaitait louer le van dans le secteur de notre roadtrip. C’est donc à Salignac-Eyvigues que nous avons loué un van Volkswagen California 6.1 chez Françoise et Stéphane. Après les explications et démos du fonctionnement du van, on se met en route. Direction le Pont d’Arpiat, à peu près là où la Dordogne entre en Corrèze. C’est en quelques sortes le véritable point de départ du roadtrip. Il est déjà 17h00. Le programme sera court pour cette première journée.

Deuxième étape de la journée : la Chapelle des Manents construite vers 1200 et aujourd’hui seul vestige de Port-Dieu enseveli par les eaux suite à la construction du barrage de Bort-les-Orgues en 1952.

Pour finir la journée, on se rend au site de Saint-Nazaire, l’un des plus beaux points de vue sur la Dordogne. On gare le van sur le parking et on part à la pointe du site à la confluence de la Dordogne et de la Diège. Le panorama est splendide au coucher de soleil et au lever de soleil. Les lieux sont chargés d’histoire mêlant religion et démon. Un village et une église s’y dressaient il y a des siècles…

Où dormir ?
Site du belvédère de Saint-Nazaire. Gratuit. Plat. Calme. Accessible aux vans et campings cars. Pas de service.

J2 : site de Saint-Nazaire – Beaulieu-sur-Dordogne

La veille au soir, on a décidé de dormir dans le toit relevable. Excellente nuit. On y dormira tous les soirs pour garder l’intérieur du van en mode cuisine. On trouve cette modulation plus pratique et nécessitant moins de manipulation. D’autant que le toit relevable est automatique grâce à un système électro-hydraulique. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour ouvrir ou fermer le toit.

Après un petit-déjeuner sur le parking de Saint-Nazaire face aux allées et venues d’un couple de sitelles torchepot, on prend la route vers le barrage de Bort-les-Orgues. C’est le plus impressionnant des barrages construits sur la Dordogne : 390 m de longueur pour 120 de haut et 80 m d’épaisseur. Sa production permet de fournir l’énergie annuelle d’une ville de 128 000 habitants.

Le site suivant est très proche du barrage puisqu’il s’agit des orgues de Bort-les-Orgues qui font face à la ville. On les observe depuis la D922 et la D127 qui monte jusqu’au belvédère.

On enchaîne la matinée avec deux belvédères sur la Dordogne : le site à 180° de Gratte-Bruyère, peut-être le plus beau point de vue de la haute vallée de la Dordogne et le Roc Busatier où l’on pique-nique. On passe non loin de Saint-Martial-Entraygues où j’ai déjà dormi dans une cabane dans les arbres.

On rejoint Argentat-sur-Dordogne dans l’après-midi où j’avais terminé ma randonnée sur l’Itinérêve. Je me fais un plaisir de faire découvrir la cité médiévale à ma femme et je ne me remets toujours pas du panorama depuis le pont sur les vieux quartiers d’Argentat.

On pousse notre roadtrip un peu plus loin jusqu’à Beaulieu-sur-Dordogne, toujours en Corrèze. Et le moins que je puisse dire c’est que Beaulieu mérite son nom. A ne pas rater : les vieilles ruelles, l’abbatiale Saint-Pierre et la chapelle des Pénitents.

Où dormir ?
 Camping Huttopia de Beaulieu-sur-Dordogne. Superbes emplacements spacieux et ombragés face à la Dordogne. Electricité. Sanitaire. Restaurant sur place.

J3 : Beaulieu-sur-Dordogne – Rocamadour

On reste aujourd’hui une bonne partie de la journée en Corrèze. On se rend d’abord au village de Curemonte distant à peine de 18 km. Classé plus beaux villages de France, la petite cité médiévale s’étire sur une ligne de crête surplombant les vallées de la Sourdoire et du Maumont. Elle tire d’ailleurs son nom de sa situation géographique : « cura » renvoyant à la ferme et « monte » à la montagne. Le village, bien que petit de par sa superficie, a la particularité de posséder trois églises et trois châteaux.

En quittant Curemonte et en remontant au parking (2 € pour les voitures et motos ; 4 € pour les camping-car) à l’extérieur du village, faites un arrêt dans la boutique Lou Pe De Gril. Vente uniquement de produits locaux, et surtout Francine et Maurice Guionie ont créé ici même un alcool à base de pissenlit. Aujourd’hui, c’est leur fils François et sa femme Marine qui ont repris la petite exploitation. C’est original, c’est artisanal, c’est bon et l’accueil est super sympa !

En début d’après-midi, après avoir pique-niqué sur le parking de Curemonte, direction Collonges-la-Rouge, un autre village de Corrèze classé parmi les plus beaux villages de France. Changement de décor complet avec la visite de ce matin. A Collonges-la-Rouge, devinez quoi… les maisons sont rouges ! C’est le grès rouge oxydé par la présence du fer qui donne la particularité aux constructions du village. Déambuler à travers les ruelles, découvrir les halles, l’Eglise Saint-Pierre, la maison de la Sirène a été un vrai plaisir, même si la pluie nous a un peu échaudé. Du coup, ça me donne une très bonne raison de revenir.

On rejoint Rocamadour dans le Lot.

Où dormir ?
 Camping Koawa Le Relais du Campeur. Situé à 15 mn à pied de Rocamadour par un chemin en balcon. C’est un deux étoiles fonctionnel et sans grand charme mais excellemment bien placé pour découvrir Rocamadour et moins cher que l’aire de camping-car de la cité médiévale. Supérette à moins de 100 m.

J4 : Rocamadour – Saint-Sozy

Grâce à Gérard Blanchard et à sa chanson « Rock Amadour », le nom de la cité sacrée de Rocamadour est connu même de ceux qui ne s’y sont jamais rendus. Mais croyez-moi, il faut aller à Rocamadour au moins une fois dans sa vie. C’est à pied qu’on s’y rend assez tôt depuis le camping pour profiter des premières lueurs du soleil sur la cité. Cela permet aussi d’éviter le monde. Dès 10h00, les rues de Rocamadour sont pleines de visiteurs. Je vous conseille d’emprunter la route des corniches pour voir la cité se dévoiler au fur et à mesure qu’on s’en approche. On arrive donc à Rocamadour par le haut et son château. On rejoint le bas de Rocamadour par le chemin de Croix en passant par la Basilique Saint-Sauveur, les chapelles et les Eglises. L’ensemble des édifices religieux de la Cité religieuse a été classé au titre des monuments historiques. A juste titre. C’est juste superbe. Retour au camping par la voie Saintes. La cité religieuse de Rocamadour est un incontournable dans le Lot et bien que sa situation géographique ne la positionne pas près de la Dordogne, on ne regrette pas du tout ce léger détour.

L’après-midi, on poursuit par la découverte du village d’Autoire, classé parmi les beaux villages de France. Longtemps protégé par les vicomtes de Turenne, le village d’Autoire est souvent appelé le  « Petit Versailles » à cause de ses maisons aux toits pentus et à ses gentilhommières dominées par des tourelles. J’y ai trouvé une atmosphère reposante et de la sérénité. Pas étonnant que les notables de Saint-Céré en avaient fait leur lieu de villégiature.

A seulement 5 km d’Autoire, Loubressac est un autre village classé lui aussi parmi les beaux villages de France. Décidément le Lot comprend un nombre incroyable de beaux villages.

La journée n’est pas terminée. Direction le village de Carennac en bordure de la Dordogne, un autre village classé plus beaux villages de France. C’est l’abbaye de Cluny qui fit la renommée du village en y fondant un prieuré en 1047.

On finit la journée sur un spot de bivouac pour vans et camping-cars trouvés sur l’appli Parks4night.

Où dormir ?
Bivouac à Saint-Sozy situé au calme face à la Dordogne. Autre option dans les environs, le camping du Port à Creysse avec de vastes emplacements agréables et « nature ». Lui aussi face à la Dordogne.

J5 – Saint-Sozy – Sarlat-la-Canéda

Le ciel est gris quand on se lève ce matin là, et même plutôt frais. Du coup, on prend le petit-déjeuner dans le van après une excellente nuit au calme en bordure de la Dordogne.

On prend ensuite la direction de Meyronne à quelques kilomètres seulement de notre bivouac. Situé sur la rive gauche de la Dordogne, on trouve au cœur du village, L’église Saint-Sulpice construite au XV et XVIième siècle et qui accueille également un nid de chouette effraie (que nous n’avons pas vu). On se balade dans les ruelles du village jusqu’à se faire déloger par une averse. On remonte donc dans le van pour nous rendre à Martel en passant sur le chemin par Montvalent et Gluges. Martel est une petite cité médiévale construite sur le causse qui porte son nom. De par la richesse de son architecture, on devine assez aisément que la cité fut un carrefour marchand important au moyen-âge, notamment sur le chemin de pèlerinage qui conduit à Rocamadour.

A Martel, on a rencontré également Adrien et Romain Castagné, deux frères entrepreneurs, dynamiques, plein d’idées et respectueux de leur terroir et des produits. Ils tiennent le restaurant et ses chambres d’hôtes Le Petit Moulin dans le centre de Martel, ils sont aussi de jeunes producteurs de vin et ont repris l’exploitation familiale de production d’huiles de noix. Ils ont même récemment ouvert un second restaurant au dessus du moulin à huile à 3 km de Martel. C’est d’ailleurs là qu’on les a rencontrés autour d’un verre de vin, d’huile de noix et d’un gueuleton bien sympathique. Les produits sont de qualité. Je recommande.

L’après-midi, on part visiter les grottes de Lacave. Elles sont parmi les grottes ou gouffres du Lot les plus connus avec le gouffre de Padirac et la grotte des Merveilles. Découverte en 1905 par le scientifique et bio-spéléologue Armand Viré, la grotte de Lacave se visite à pied depuis plus de 100 ans. On passe de salle en salle pour découvrir plus de 140 millions d’années d’histoire et de cristallisation. La visite au frais (il fait toujours 14°C dans la grotte) dure 1h15. Ambiance féérique et magique grâce à des éclairages discrets qui mettent en valeur stalactites, stalagmites, excentriques et autres concrétions. D’ailleurs, connaissez-vous la différence entre une stalactite et une stalagmite ? Il existe un moyen mnémotechnique pour se rappeler de la différence entre les deux : il suffit de se rappeler qu’une stalacTite (avec un « t ») Tombe du plafond, alors qu’une stalagMite (avec un « m ») Monte du sol. Les grottes organisent aussi des visites plus insolites comme une sieste géologique, des pique-niques, des visites photographiques et organisent aussi des concerts.

On poursuit notre route toujours plus vers l’ouest en suivant la Dordogne jusqu’à Sarlat-la-Canéda en passant non loin des châteaux de Belcastel et de la Treyne.

Où dormir ?
Camping Huttopia de Sarlat-la-Caneda. Restaurant, tennis et piscine sur place. Au calme sur les hauteurs de Sarlat. Emplacement parfait pour explorer Sarlat à pied depuis le camping.

J6 : Sarlat-la-Canéda – Saint-Vincent-de-Cosse

On se rend à Sarlat à pied depuis le camping. On est en Dordogne entre les vallées de la Vézère et de la Dordogne. On a fait un petit détour depuis notre rivière Dordogne mais Sarlat-la-Canéda le mérite tellement. Capitale du Périgord noir, Sarlat a été bâtie sur les ruines d’une abbaye bénédictine au IXème siècle. Son centre-ville historique lui vaut de nombreux superlatifs dont celui de « joyau médiéval ». Et croyez-moi ce n’est pas usurpé. Les bâtisses médiévales et de type Renaissance sont superbes. Se balader et s’égarer dans le centre-ville est à faire, vraiment. Pour vous guider, allez acheter à l’office de tourisme de Sarlat le dépliant « Les clefs de Sarlat » pour la modique somme de 0.50 € qui propose un circuit pour voir les bâtiments incontournables à voir en une demi voire une journée.

Aujourd’hui, c’est mercredi, alors on profite aussi du marché entre les averses. Et s’il n’a pas l’ampleur du marché du samedi, il est déjà impressionnant. On y fait nos emplettes pour le pique-nique du midi qu’on prendra au camping. Dommage pour la météo, on repassera une autre fois.

En début d’après-midi, la météo change du tout au tout lorsque nous arrivons à Domme, l’un des plus beaux villages de France et ancienne bastide médiévale. Depuis le parking (gratuit hors saison), on passe la porte des Tours et on pénètre dans les ruelles de la cité médiévale en empruntant l’itinéraire proposé par la commune (il y a un panneau sur le chemin mais peu d’indications pour le suivre. Mon conseil, prenez le panneau en photo pour la balade). Direction le moulin du Roy et le château du Roy (fermé à la visite). Sur le chemin du retour, plusieurs belvédères offrent des points de vue imprenables sur la Dordogne.

La dernière visite de la journée passe par le château de Castelnaud. Le nombre de château le long de la Dordogne est impressionnant. Le château de Castelnaud est l’un des mieux conservés si ce n’est le mieux restauré. Construit au XIième siècle puis brûlé pendant la guerre entre catholiques et cathares, il fut restauré avant la guerre de Cent ans (1337). En un peu plus d’un siècle que dure le conflit, le château change de nombreuses fois de camp au gré des alliances et des intérêts particuliers. En 1442, le roi de France ordonne le siège du château, alors tenu par les partisans du roi d’Angleterre. Le comte du Périgord reprend Castelnaud sans même combattre. Au-delà des murs, le château est à visiter pour ses reconstitutions de machines de guerre alignées sur le bastion mais aussi pour son musée de la guerre du moyen-âge qui présente armes d’hast, épées, arbalètes et bien plus encore. Une visite qui conviendra à toute la famille, petits comme parents.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir aimé cette découverte puisque Carine et Nicolas ont aussi beaucoup apprécié visiter les plus beaux villages de France et les plus beaux châteaux de la région ainsi que Castelnaud en camping-car.

Où dormir ?
On avait repéré un lieu de bivouac sur la route du port d’Enveaux le long de la Dordogne mais les récentes pluies et la pente pour y accéder nous ont tourné vers une solution alternative certes moins sympa mais moins délicates en cas de mauvaises météo. On a donc passé la nuit sur un parking (limité aux véhicules de moins de 2 m de haut) plat et bétonné le long d’un terrain de foot. Au moins, c’était calme.