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Soweto : la cité des damnés

Le ghetto de Soweto (South Western Township) a vu le jour en 1951. Soudainement chassés de leur quartier de résidence, les habitants noirs de Johannesburg furent envoyés à plusieurs kilomètres de la ville, sur des terres rachetées à des fermiers et hérissées de petites maisons identiques, toutes alignées. Mais avec l’exode massif de la population noire, les quartiers se sont rejoint, les maisons n’ont plus suffit et les bidonvilles se sont installés, tandis que l’eau courante, l’électricité et toutes les infrastructures éducatives venaient à manquer. Soweto a continué à se densifier, dans l’insalubrité, la promiscuité, la montée de la délinquance et la haine grandissante à l’égard des blancs. Un ghetto sans règle, encore aujourd’hui infiltré par une mafia qui tire les ficelles de l’économie et où l’on est susceptible d’être assassiné sans raison…

Le 16 juin 1976, l’injustice sévissant à Soweto fut révélée à l’échelle internationale. Ecoliers et étudiants s’étaient retrouvés au petit matin pour manifester contre l’imposition de l’afrikaans (parlée par la communauté blanche d’Afrique du Sud) comme langue d’enseignement à l’école. Mais la police avait reçu l’injonction du gouvernement de « rétablir l’ordre à tout prix et d’user de tous les moyens à cet effet ». Chiens, gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles furent immédiatement employés contre les adolescents, les touchant bien souvent dans le dos tandis qu’ils fuyaient. L’image du jeune garçon tenant dans ses bras Hector Pieterson, 13 ans, premier tué de ce massacre, fit le tour du monde.

Si Soweto, berceau de la lutte contre l’apartheid, garde les stigmates de son cauchemar, les habitants tentent néanmoins de s’en sortir. Le combat est long et un grand nombre de structures manque encore : écoles, crèches, lieux culturels, moyens de transports… Les zones d’habitations se sont nettement améliorées mais certains bidonvilles sont restés en l’état. Un seul hôpital accueille de trop nombreux malades (la tuberculose et le sida faisant rage) : les 7000 lits ne suffisent plus à une population estimée à 4 millions. Pour certains, les affaires prospèrent : un grand central de taxis, des « business center », des centres commerciaux sont érigés en pagaille…

Les nouvelles générations cherchent désormais à « positiver » leur quartier : le recours au hip hop est un bon moyen de chasser les démons tandis que le tourisme historique s’organise. De nombreux « tours » proposent de visiter : ici la maison de Mandela (installé en 1946 à Soweto pour y mener une partie de son combat politique), là le musée Hector Pieterson, le vieux quartier de Kliptown, la tour Oppenheimer et son village culturel ou encore l’Église catholique Regina Mundi de Rockville…

La perspective de la coupe du monde de football 2010 donne un nouvel élan à Soweto : construction d’un stade, organisation des infrastructures et du commerce liés à l’évènement. Et, ultime récompense à des années de lutte, Soweto s’enorgueillit d’être la première ville africaine à héberger une coupe du monde.

Informations pratiques

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Y aller

South African Airways (SAA) : liaison AR Paris/Johannesburg. Puis circuit guidé à travers Soweto avec une agence locale ; consulter www.soweto.co.za.

Restaurant coup de cœur

Un déjeuner au « Wandie’s » permet de goûter à la nourriture typique des habitants du township, dans un esprit « cantine », mêlé aux travailleurs noirs. Buffet de tripes, viandes, salades et délicieuses purées de pommes de terre ou de semoule blanche arrosées de sauce tomate.

Coupe du monde de football 2010 : http://fr.fifa.com/worldcup/index.html

Office de tourisme à Paris
Tél. 0 810 203 403
www.southafrica.netwww.southafrica.net

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