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Rencontre avec les manchots

Quinze heures de bus depuis El Calafate sont nécessaires pour rejoindre la ville portuaire de Puerto Deseado sur la côte Atlantique. Un trajet d’ouest en est qui nécessite deux changements à Rio Gallegos et à Caleta Olivia. C’est que Puerto Deseado n’est pas sur les grandes routes touristiques.

Découverte par le corsaire anglais Thomas Cavendish en 1586, la ville porte le nom de son navire « Port Desire ». Mais honnêtement, à voir les grandes artères vides de voitures en stationnement et d’habitants, on aurait tout sauf envie d’y habiter. Charles Darwin vint y faire une escale en 1833 alors qu’il était en train de réaliser son tour du monde sur le Beagle. C’est ici qu’il découvrit le Nandou Darwin, cousin de l’autruche, que les locaux appellent « choique ». Nous sommes justement ici pour réaliser deux safaris ornithologiques marins. « C’est l’île la plus accessible pour observer le manchot gorfou sauteur » nous précise Simon alors même que tous les touristes vont à Valdès. Certes on peut y voir des baleines mais la saison étant terminée, autant être ici pour voir le gorfou sauteur.

Safari sur l’île des Pingouins

De bon matin, nous voilà chaudement équipés sur le zodiac en direction de la isla Pingüinos à environ 20 km au sud de Puerto Deseado. Une petite heure plus tard, nous accostons sur la petite île déclarée en parc marin interterritorial depuis le 28 novembre 2012. Un statut qui permet de protéger le patrimoine naturel et culturel. Ici, les rois sont les oiseaux marins.

Daniel Fueyo de l’agence nautique Puerto Penacho commence par expliquer les règles à respecter : ne pas fumer, ne pas laisser de déchets, ne pas toucher les oiseaux… La balade de quelques kilomètres réalisable de fin octobre à mars permet de faire le tour de la partie sud de l’île et de traverser les colonies de manchots de Magellan, puis de gorfous sauteurs pour finir avec les lions de mer.

A peine avons-nous fait 50 mètres que nous sommes entourés de manchots de Magellan. C’est l’espèce de manchots appartenant au genre Spheniscus la plus représentée avec plus d’un millions d’individus dont une très grande partie en Patagonie argentine. C’est le naturaliste allemand Johann Reinhold Forster qui fit la première description scientifique du manchot de Magellan en 1781. Environ 60-70 cm de haut, de couleur blanche et noire, avec un liseré rose sur le tour des yeux, un bec bombé et étroit, et des pieds palmés. Beaucoup de jeunes sont dans les nids ou autour. De couleur grise, ils portent une crête sur la tête comme de jeunes punks en quête d’identité. Certains mâles beuglent encore pour attirer les femelles. On dirait un âne qui braie. Tout en continuant à marcher, on approche d’un phare abandonné. Des manchots y ont élu domicile. Ce sont un peu les manchots des villes alors que les autres vivent à la campagne…

Vous aurez sans doute remarqué que l’île aux Pingouins ne comporte pas de colonies de pingouins. Et pour cause, les pingouins vivent uniquement dans l’hémisphère nord et savent voler alors que les manchots, présents sur l’île, ne peuvent pas voler et vivent exclusivement dans l’hémisphère sud. Leurs ailes leur permettent par contre de nager. Alors pourquoi l’appeler la isla Pingüinos ? C’est que les hispaniques ne font pas de différences entre manchots et pingouins.

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Tout en continuant la balade, nous tombons sur la colonie de manchots gorfous sauteurs estimée sur l’île à environ 1000 individus. Ce sont les stars du parc marin. Plus petits que leurs cousins de Magellan, les adultes ont la tête et le dos noirs, le ventre blanc, les yeux rouges, les aigrettes jaunes et des pieds palmés roses. Très colorés, ils sont aussi très rigolos quand ils se mettent à sauter les pieds joints. Une morphologie taillée pour se déplacer en mer plutôt que sur terre. Leurs prédateurs sont pourtant sur et autour de l’île. Des oiseaux, les labbes du Chili, attendent la première occasion pour manger les œufs ou s’attaquer aux plus faibles (les visiteurs sont aussi des dangers dès lors qu’on s’approche trop prêt de leur nid ou de leurs proies). En mer, lions de mer, requins bleus et éléphants de mer sont aussi des prédateurs redoutables.

Quelques minutes plus loin, la colonie de lions de mer est impressionnante. Une centaine d’individus de couleur brun-sombre est étendue sur la plage pendant que quelques jeunes s’ébattent dans l’océan. Nous restons à bonne distance pour les observer car, contrairement aux apparences, ce sont d’excellents sprinters.

Quelques autres oiseaux observés : chionis blancs, huîtriers noirs et cormorans de Gaimard.

L’estuaire Deseado

De retour à Puerto Deseado, nous dégustons une glace avant d’attaquer la seconde excursion de la journée dans le Ría Deseado. C’est l’estuaire et l’embouchure du fleuve Deseado né de la fonte des glaciers de la région du lac Buenos Aires au nord-ouest de la province.

Une balade en zodiac de deux heures permet d’observer d’assez près toute une ribambelle de cormorans perchés sur des îlots isolés. Le premier découvert est le cormoran de Gaimard dont l’œil vert est entouré d’une rangée de néons bleus à faire danser les fans de Cloclo. A quelques mètres de là, une petite dizaine de cormorans de Magellan sont aussi accrochés à la paroi. Moins colorés que leurs cousins, ils disposent néanmoins d’un très beau tour d’œil tout rouge. Les cormorans impériaux et les cormorans vigua seront aussi du safari tout comme les lions de mer et les dauphins de Commerson, l’un des plus petits dauphins marins du monde, qui viendra timidement se montrer sous le zodiac.

Deux excursions très intéressantes qui mettent en valeur un patrimoine ornithologique et faunistique exceptionnel. Une bien belle façon de clôturer un voyage de trois semaines dans le sud de la Patagonie.

Fondateur des blogs I-Voyages.net, www.i-trekkings.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo animaliers en Europe, Asie et Afrique.

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