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Que voir et que faire dans la Wachau ?

Connue pour ses monastères et ses châteaux, ses vins et… ses abricots, la région de la Wachau, en Autriche, est vraiment jolie, d’un délicieux romantisme. J’y ai passé quelques jours sympas, entre visites et dégustations sur les rives du Danube. Que voir et que faire dans la Wachau, une région inscrite à l’Unesco ? Voici ce que j’ai préféré.

Traversée par le Danube, la région de la Wachau se trouve non loin de Vienne, à quelque 80 km à l’ouest. Pour autant, il ne faut pas la considérer comme l’antichambre de la capitale de l’Autriche. Ou comme une simple escale sur la fameuse véloroute du Danube -l’itinéraire vélo le plus fréquenté d’Europe- qui la traverse de part en part. Non. Inscrite à l’Unesco depuis 2000, la région de la Wachau mérite d’y consacrer au moins quelques jours. Elle n’est pas bien étendue : une quarantaine de km seulement séparent les deux extrémités, les villes de Krems et de Melk toutes deux situées sur le Danube. Entre les deux s’étalent sur les deux rives une succession de vignobles, de coteaux plantés d’abricotiers, des petits villages plus ravissants les uns que les autres, tous chargés d’histoire.

L’impressionnante abbaye de Melk

L’abbaye de Melk est sans aucun doute la plus grande que j’ai jamais vue, l’un des plus grands ensembles baroques dEurope ! Inscrite à l’Unesco, elle surplombe la ville et ses vieilles maisons, se découvrant au fur et à mesure. La seule aile sud, le bâtiment impérial, que je contemple d’en-bas en venant de l’embarcadère du Danube, mesure plus de 300 m de long. Impressionnant ! Comme lors de sa fondation en 1089, l’abbaye bénédictine est toujours tenue par une communauté de moines. Ils sont encore 25, aidés par quelque 150 employés. Parmi ceux-là, des enseignants car il y a une école, ainsi que des viticulteurs -l’abbaye possède 25 ha de vignes- ou des jardiniers.

Ce ne sont pas seulement les dimensions de l’abbaye qui forcent l’admiration, mais aussi sa beauté. Résolument baroque, son aspect actuel date du XVIIe. Tout ici est majestueux, somptueux. De plus, elle vient de retrouver sa splendeur d’origine, après 40 longues années de travaux de restauration. La visite m’a paru d’autant plus intéressante qu’elle s’appuie sur une belle expo, abondamment illustrée par des pièces de musée, qui raconte l’histoire de l’abbaye de manière vivante. Et je suis resté bouche bée devant des endroits extraordinaires : la bibliothèque avec ses manuscrits et incunables, ses magnifiques fresques. Elle est d’ailleurs citée dans « Le nom de la Rose » d’Umberto Eco,. Ou encore l’église, éblouissante dans sa débauche d’or, ses magnifiques peintures.

Abbey Melk Library © Steve Haider
Abbey Melk Library © Steve Haider

La ville de Krems

Porte d’entrée de la Wachau, la ville de Krems a de l’allure. Son centre historique n’a guère changé depuis le XVIIe : les dernières destructions qu’elle a connues remontent à la guerre de Trente ans ! Depuis, Krems a traversé les siècles sans encombre ni dommage, pas même durant la dernière guerre. Voilà qui lui permet d’aligner un nombre respectable de riches demeures et beaux monuments.

Passer sous la porte de Stein -une monumentale porte de pierre du XVe flanquée de deux tours rondes datant du Moyen Age- puis remonter la Landgasse est pour moi comme feuilleter un livre d’histoire avec plein de belles images. Il y a là l’ancien relais de poste, qui est toujours une auberge même s’il n’y a plus d’écurie, une belle église gothique du XIVe. Puis la Göglhaus, un grand ensemble de bâtiments dont une chapelle aux façades revêtues de fresques colorées. Les rues adjacentes, assez pentues, mènent à la partie la plus ancienne de la ville, celle que je préfère. Encore deux autres églises, dont l’une, baroque, aux dimensions de cathédrale, d’anciennes maisons dont les pierres d’angle sont peintes. Pour autant, Krems n’est pas une ville musée. Elle compte en effet quelque 15 000 étudiants pour une population de moins de 25 000 habitants. Et ils mettent pas mal d’ambiance le soir dans les bistros !

Stadtführung Krems © Stadtmarketing Krems, Jürgen Übl
Stadtführung Krems © Stadtmarketing Krems, Jürgen Übl

La Landesgalerie de Krems

Ville étudiante où il fait bon vivre, Krems se taille une belle place dans le monde de l’art. Notamment grâce à sa Landesgalerie : la région de la Basse-Autriche, dont fait partie la Wachau, investit massivement pour en faire sa vitrine artistique. Construite en 2015, le grand bâtiment présente une architecture futuriste, signée par le cabinet Marte.Marte, et mérite le coup d’œil en soi. Elle accueille régulièrement des expos d’art plastique d’envergure internationale. Comme celle, durant une bonne partie de l’année 2022, consacrée à Isolde Maria Joham, une étonnante et visionnaire plasticienne. Je n’avais jamais rien vu ni lu d’elle, alors que ses œuvres s’arrachent depuis longtemps notamment en Asie. L’expo m’a littéralement scotché. Les travaux de cette artiste, née en 1932, sont d’une vivifiante jeunesse, emportent tout dans un tourbillons de couleurs.

Marte.Marte Architekten, Landesmuseum Krems
Marte.Marte Architekten, Landesmuseum Krems

L’abbaye de Göttweig et ses fresques

Autre abbaye imposante et impressionnante, celle de Göttweig, non loin de Krems. Elle trône au sommet d’une colline, visible à des lieues à la ronde. Fondée au Moyen Age, cette abbaye bénédictine a été reconstruite dans le style baroque tardif à la fin du XVIIIe. Dès l’entrée, je suis particulièrement impressionné par l’escalier impérial avec une magnifique et vaste fresque au plafond, aux couleurs délicates. D’autres fresques, à commencer par de superbes trompe-l’œil ornant les plafonds des salles impériales, sont tout aussi admirables..

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L’abbaye est aussi connue pour sa bibliothèque exceptionnelle -mais qui ne se visite pas- recelant de rares manuscrits et incunables parmi les 130 000 ouvrages qui la composent.

Goûter les meilleurs rieslings….

Les Grünen Veltliner et autres Rieslinge, des vins blancs de la région de la Wachau sont parmi les meilleurs d’Autriche. Ici, la vigne a été introduite par les Romains. Et il y en a encore des traces. Pour s’en convaincre, il faut aller au Nicolaihof, à Mautern, juste en face de Krems de l’autre côté du Danube. Tout le village a beaucoup d’allure. Et, avant même d’avoir goûté ses vins, le domaine me séduit. D’anciennes caves, qui datent du temps des Romains où vieillit le vin dans d’énormes et majestueux foudres, surmontées d’un ensemble de vénérables bâtiments enchevêtrés les uns dans les autres. Tout cela a un charme fou. Les amateurs noteront que la famille Saahs, propriétaire du Nicolaihof depuis la 5ème génération, fait partie des pionniers de la biodynamie. Avec succès. Son riesling 2002 est le premier d’Autriche a avoir emporté la note maximale de 100 (sur 100) au guide Parker !

…et des abricots à tomber

Dans cette région de la Wachau, il n’est pas une vigne qui n’est flanquée d’abricotiers. Les deux font partout bon ménage. Les terrasses le long du Danube, surtout les plus proches du fleuve, en sont ainsi abondamment garnies. C’est l’arbre roi. Au printemps, on vient de loin pour admirer les abricotiers en fleurs, le spectacle est parait-il de toute beauté !L’abricot de la Wachau est protégé par un label européen. Appelé ici  « marille », il se décline sous d’innombrables formes. Avec une variété que j’étais loin d’imaginer : le fruit bien sûr en saison, c’est à dire habituellement en juillet, et la confiture, le jus de fruit, mais aussi le vin, la liqueur, le chutney…

Une croisière sur le Danube

Elle n’est pas très, très longue mais j’aime bien cette croisière sur le Danube au départ de Krems jusqu’à Melk : à peine un peu plus de trois heures dans ce sens, en remontant le cours du Danube. Une parenthèse où flotte un parfum de vacances : en ce milieu de matinée, on déguste déjà glaces et bières sur le bateau. Dans la vallée de la Wachau, le fleuve n’est pas très large. Aussi, pas besoin de jumelles : les passagers sont aux premières loges pour admirer les charmants villages rencontrés. Comme Durnstein, qui apparaît peu de temps déjà après l’appareillage. Et les belles demeures, il y en a bon nombre, éparpillées sur les deux rives. Ainsi, le grand et élégant château de Schönbühel, du XIIe, retient le regard. Au fil des courbes du Danube, la vallée de la Wachau déroule toute sa splendeur en une succession de charmants tableaux. Sur chaque rive, les cultures en terrasse partent à l’assaut des coteaux. Ce sont pour la plupart des vignes. Sur les plus basses, des vergers. Avec des abricotiers, évidemment. Beaucoup d’entre elles sont bien étroites, car les pentes sont raides.

Au bord du Danube, l’abbaye de Durnstein avec son clocher bleu est l’une des cartes postales de la vallée de la Wachau. Fondée par les Augustins, elle s’étale sans ostentation avec plusieurs harmonieuses constructions baroques. C’est aujourd’hui un musée, entièrement refait et repensé. En fait, tout le village de Durnstein est comme un musée à ciel ouvert : beaucoup de riches demeures et pas une, comme d’ailleurs les simples maisons, n’a été édifiée après le XVe. Comme partout, il y a ici les inévitables boutiques dédiées à la « marille », l’abricot de la Wachau, car l’endroit est éminemment touristique. Mais sans ostentation : j’ai beaucoup aimé me balader dans les étroites rues pavées -il n’y en a guère que quatre ou cinq- de Durnstein. En levant le nez, j’aperçois les ruines du château médiéval, perché sur sa colline. L’impression d’être dans un film de cape et d’épée. D’ailleurs, le célèbre Richard Coeur de Lion a été emprisonné ici au XIIe pendant de longs mois au retour d’une Croisade.

Informations pratiques

– L’office de tourisme dispose d’un site très complet qui permet de trouver tant les sorties que les moyens de déplacement, l’hébergement… En allemand ou en anglais.

Comment s’y rendre ?

Pour y aller depuis la France, le plus simple est encore le train. Il existe ainsi une liaison de nuit depuis Paris via Strasbourg trois fois par semaine à destination de Vienne (avec trois niveaux de confort). On descend à Sankt-Pölten. De là un train régional vous amène à Krems-an-der-Donau en une demi-heure.

Sinon, Krems est très facilement accessible en train depuis Vienne (à 80 km de là, plus à l’est).

Bonnes adresses dasn la Wachau

  • A Krems, l’hôtel Unter den Linden (3*) est bien situé, entre la vieille ville et le quartier des musées, de l’embarcadère du Danube et la pittoresque annexe de Stein.
  • Restaurant Poldi Fritzka dans l’enceinte du musée d’art. Dans un cadre design, une adresse courue et économique.
  • Restaurant Amon Jell, dans la vieille ville de Krems, une adresse historique et chaleureuse où l’on sert une cuisine traditionnelle.
  • Restaurant El Gozzo, en face du précédent dans un ancien palais, offre un cadre contemporain et une cuisine du monde.
  • A Melk, le restaurant Zur Post propose une cuisine on ne peut plus traditionnelle à des prix très raisonnables. Sa terrasse bénéficie d’une vue imprenable sur l’abbaye.
  • A Angern, l’auberge Aufreiter est une adresse succulente, tenue par des femmes de mère en fille depuis 1866, depuis 5 générations. C’est ici qu’il faut aller pour déguster de savoureux plats régionaux et l’abricot y est mis à toutes les sauces. Ne manquez surtout pas le knödel à l’abricot, un dessert absolument divin !
  • A Mautern, le restaurant du domaine viticole Nicolaihof revisite sur le registre bio les incontournables de la cuisine locale dans un cadre extraordinaire, un ancien palais du XVe s. Dans la cour, un tilleul séculaire à l’immense ramage abrite une terrasse sympa.

Activités

  • Journée d’excursion dans la vallée du Danube et de Wachau
  • Croisière sur le Danube avec la compagnie Brandner au départ de Stein, un faubourg de Krems an der Donau. Je suggère d’embarquer avec un vélo (c’est gratuit) loué pour faire ainsi le chemin du retour à son rythme, autrement qu’en bateau ou en bus.
  • A Mautern, il faut visiter le domaine viticole Nicolaihof, le plus ancien d’Autriche. A la fois pour goûter ses vins, élevés en biodynamie et particulièrement recherchés, et profiter des lieux en admirant les vénérables bâtisses.
  • A Angern, une branche de la famille Aufreither fait volontiers visiter sa production de vins et d’abricots. Elle a d’ailleurs mis en place un sentier de l’abricot, un parcours fléché de 4,5 km entre les vergers que l’on peut faire accompagné ou non.

Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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