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New-York : Brooklyn boogie

« À New-York, tout bouge très vite et il n’est rien de pire que d’être soooo last week », prévient le guide Louis Vuitton, autant dire le chic du chic en matière de tendances. Et le faiseur de mode ne fait pas dans la dentelle pour ériger Brooklyn en place to be ! Alors que « le shopping y est digne de Manhattan », ses bistrots valent tout autant de passer sous les fourches du pont mythique. Témoignage de savoir-vivre, la sélection de la maison luxueuse met des huîtres à son menu sans dédaigner burgers et steaks frites, fait voisiner saloon trendy et emplacement où pique-niquer, assaisonne les pizzas comme là-bas de nouvelle cuisine américaine à la sauce US, dans un melting pot d’influences sudistes intercontinentales.

Crédit photo : Bleuchoi - Flickr

Et cette palette ne s’arrête pas à la gastronomie. Rivalisant de happenings dînatoires et de show photographiques en plein air, les galeries d’art ont elles aussi franchi l’East River. Même écho côté musique. Sur les traces de MGMT, TV on the radio ou Interpol, de nombreux groupes se révèlent inspirés par l’ambiance village de Brooklyn, décrétée nouvelle capitale du rock notamment ; ces bonnes ondes sont même devenues un tel label de qualité que certains transhument pour arborer la marque de fabrique. Résultat, ça pulse non-stop et pour pas cher, sur une note électro ou hip-hop, d’un toit d’usine désaffectée à un loft privé…

Squattant toute l’extrémité sud-ouest de Long Island, borné par le Queens au nord, Brooklyn est une ville dans la ville : villégiature de plus d’un quart des 8 millions de New-Yorkais, elle caracole à la quatrième place des métropoles les plus peuplées des Etats-Unis, depuis 1898 déjà ! A cette époque, ses migrants étaient des étrangers de nationalités diverses, mués par un désir de recréer leur environnement d’origine. Bien que leur physionomie ait changé, ces enclaves gardent toute leur saveur aujourd’hui ; pas besoin de courir à Chinatown pour s’offrir un excellent dim sun à petit prix, pendant que Bay Ridge régale d’un mezze italo-moyen oriental (www.tanoreen.com ; www.ginosbayridge.com), qu’Atlantic Avenue rassasie de sandwichs vietnamiens à 5 $ (www.nickyssandwiches.com) ou que la voisine Flatbush Avenue se montre friande de Jamaïque (Christie’s Jamaican Patties, au 387, par exemple).

Crédit photo : Denise Carbonell - Flickr

Il n’empêche que l’affluence dans ce bourough, qui n’a plus rien de déshérité, fait monter la pression immobilière. Desservi par neuf lignes de subway, la city à moins de 5 mn, Brooklyn Heights détient le jackpot. Ancien repère d’Henry Miller, Thomas Wolfe, W.H.Auden et encore Norman Mailer, ce joyau exhibe non seulement des non seulement des brownstones et yards en façade, mais déroule une Promenade (dans le texte) qui gratifie d’une autre carte postale éternelle : son panorama aligne un bouquet de gratte-ciels et la Statue de la Liberté, les ferries (gratuits) pour Staten Island croisant des bateaux taxis – évidemment – yellow. Voisinant déjà avec trois terrains de jeu, ses charmantes townhouses vont de surcroît être baignées par un grand parc sur l’East River.

Des plages et des jardins aménagés sous le pont de Brooklyn ? Autant dire que cette sorte de tour Eiffel à l’horizontale, dont les pylônes gothiques tricotés de filins ont ému jusqu’à Walt Whitman, va être plus courue que jamais. Petites foulées ou vélo, son saut en grande longueur – 1 km – en lévitation au-dessus des voitures a les faveurs des New-Yorkais depuis sa construction, en 1883. A moins que ce ne soit le tropisme de The Brooklyn Ice cream Factory ou de la pizzeria Grimaldi’s, haltes appartenant tout autant à la légende ?

Crédit photo : Erica Joy - Flickr

Jusqu’au pont de Manhattan, plus au nord, ce sont des lofts qui font des vagues dans d’anciennes usines de chaussures, fabriques de papier ou entrepôts à tabac. Pragmatisme créatif à la new-yorkaise oblige, le quartier s’est baptisé DUMBO, soit « Down the Manhattan Bridge Overpass » – comme Tribeca est l’acronyme de « TRIangle BElow CAnal street » ou Soho de « SOuth of HOuston street ». Un air de déjà vu ? Zoomez sur les séries télévisées Les Sopranos ou Sex and the City : elles apprécient le décor ! Si les artistes fauchés n’y trouvent plus leur compte, l’atmosphère reste aussi expérimentale que familiale. Stoppez au 111, Front Street où une quinzaine de galeries exhibent de l’art contemporain. Feuilletez des beaux livres, de photo notamment, à The Power House Arena. Puis pistez le graffiti de Hecho en Dumbo pour manger mexicain comme là-bas.

B, M … et voilà W, pour Williamsbourg bridge, troisième et dernier pont à relier Brooklyn, au nord. Surfait, adjugent déjà certains, alors que ce quartier fut un temps plus connu pour son haut niveau de criminalité que pour sa foule branchée ! C’est en tout cas le meilleur spot de New-York pour écouter de la musique live, à la découverte d’un prochain Clap Your Hands Say Yeah ou Interpol. On peut même mixer concert et bowling, dans une salle à l’ancienne qui a fait un strike à son ouverture. Autre déco(r) typique, celle du Diner, qui met au menu de sa caravane chromée l’inévitable burger-frites.

Voilà … pour la façade ! En retrait de l’East River, Brooklyn renouvelle les motifs de flâner. Derrière Williamsburg, les entrepôts de Bushwick inventent ainsi un nouveau Soho, qui s’affiche encore plus bohème que bourgeois. Puis Bedford, où Spike Lee a ses quartiers, aimante par la riche programmation  de la Brooklyn Academy of Music, une institution culturelle incontournable. Une tangente sud-ouest plus loin, Prospect Heights, littéralement sur les hauteurs du parc éponyme, commence à s’encanailler ; entre deux boutiques de créateurs sans chichi, le restaurant James invite à passer à table dans un style bistrot chic, du poulet Amish et autres plats made in USA dans l’assiette, avant de laisser la place au Weather Up (589 Vanderbilt avenue) qui shake les cocktails avec style.

Ressources pour voyager

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Crédit photo : Chromium Photography - Flickr

Un détour au jardin botanique, délicieusement japonisant, une sieste dans le parc après son marché bio voisin, et voici Park Slope, où l’on a des chances de croiser Paul Auster, au milieu de familles aisées en quête de vert. Les poussettes slaloment aussi volontiers à Carroll Garden, fleuri de boutiques artisanales, semé de jardins privatifs où les bambins n’ont pas besoin de sauter les barrières. Alors que Boerum Hill s’est déjà mis à la page, témoigne The invisible dog où s’étagent expos et résidences d’artistes dans un ancien magasin d’accessoires, Red Hook a encore un air déserté en semaine, n’étaient ce ses docks toujours en activité. C’est là que Marlon Brando y tourna Sur les quais, en 1953 : entre  l’implantation du mastodonte Ikéa et le panorama coiffant la skyline de Manhattan comme Governor’s Island, le quartier pourrait bien se retrouver en haut de l’affiche !

En pratique

Y aller en business class

Avec l’Avion, compagnie qui propose des prestations standing à un tarif low cost. Conçus pour 220 passagers, les Boeing 757 se limitent à 90 sièges inclinables; la cuisine est aussi raffinée que le champagne; le couloir suffisamment large pour l’arpenter : on atterrit en pleine forme pour croquer la Grosse Pomme ! Deux à trois vols par jour au départ d’Orly, avec atterrissage à Newark ou JFK : www.lavion.com.

Se loger chez l’habitant

Pour le système D, il y a bien sûr l’option www.couchsurfing.com. Mais pour disposer de sa chambre, mieux vaut tabler sur les bed and breakfasts listés par le blog Brokelyn, à moins de 150 $ ; parmi les bonnes adresses, Lefferts Manor.

Des guides et bouquins en poche

Photo de présentation : PaulS – Flickr

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