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Les grandes forêts et les bonnes tables de Baiersbronn

La Forêt-Noire, j’y ai goûté. Aux montagnes couvertes de forêts immenses tout comme à la succulente pâtisserie nappée de crème. J’ai aimé les deux, à Baiersbronn.  C’est l’endroit rêvé pour de grandes promenades d’une vallée à l’autre, dans une nature intacte. Pour de belles découvertes culinaires aussi, que ce soit dans ses refuges de montagne ou dans ses restaurants étoilés.

« Nulle part ailleurs il n’y a plus de Forêt-Noire » clame le slogan de la petite ville de Baiersbronn. Et c’est vrai. Tout simplement parce qu’elle est l’une des communes les plus étendues d’Allemagne. Dans son land de Bade-Wurtemberg, elle arrive tout juste derrière la capitale Stuttgart. Et que plus des deux tiers de son territoire sont recouverts par la forêt : sapins, épicéas, pins…

D’ici, je pourrais même croire que la région est inhabitée. Près du Ruhestein, sur les hauteurs du Wildsee -le lac sauvage, qui mérite amplement son nom-, aucune construction n’est visible. Notre petit groupe se trouve dans le parc national de la Forêt-Noire, qui se trouve aux portes de Baiersbronn. De la forêt, et encore de la forêt, à perte de vue. Elle épouse le moindre repli des montagnes, aussi loin que porte le regard.

Baiersbronn s’étale sur pas moins de huit vallées entre 584 et 1050 m d’altitude.
Baiersbronn s’étale sur pas moins de huit vallées entre 584 et 1050 m d’altitude © Office de Tourisme de Baiersbronn

Orchidées, piverts et coqs de bruyère

« Ce parc est parmi les plus petits des 16 existant en Allemagne mais aussi l’un des plus charmants. affirme Heidrun Zeus. La jeune femme est « ranger ». Au total, ils sont sept à se répartir la surveillance du parc. Et qui accompagnent gracieusement les visiteurs, chaque fin de semaine, pour leur en faire découvrir les richesses: orchidées, piverts –dont une variété qui avait été déclarée éteinte–, perdrix des neiges, coqs de bruyère…

« Ceux-là se nourrissent de myrtilles, explique Heidrun, des feuilles comme des fruits. Voilà pourquoi nous dissuadons les visiteurs d’en cueillir. Non pas qu’il n’y en pas assez, mais pour ne pas gêner les oiseaux. » En fait, je n’ai jamais autant vu de myrtilles qu’ici. Rien qu’au bord des sentiers, il y en a partout. Assez pour contenter tous les gourmands de passage.

« Nous nous trouvons dans un secteur qui n’a pas été touché par la main de l’homme depuis un siècle au moins » indique encore la jeune « ranger ». Car si le parc est récent –il remonte au 1er janvier 2014–, une partie était déjà protégée depuis fort longtemps. « Cà se voit, poursuit-elle. Depuis très longtemps, personne ne prélève du bois, personne ne déblaie les arbres tombés. La nature fait son œuvre. Du coup, il y a ici une atmosphère très particulière. »

Un sentiment que je partage. Pas seulement parce qu’il faut parfois se faufiler sous un tronc en travers du chemin, en enjamber un autre. L’impression d’être loin.

Et ce n’est pas l’immense sapin apparu au détour du sentier qui va me détromper. Un tronc très large, des branches aux formes étonnantes, presque fantomatiques. Il doit être très vieux. « Sans doute près de 300 ans », me confirme Heidrun. « Mais, ajoute-t-elle, ce n’est pas un âge exceptionnel pour un sapin. »

Petite pause pour profiter de l'environnement qui entoure Baiersbronn en Forêt-Noire
Petite pause pour profiter de l’environnement qui entoure Baiersbronn en Forêt-Noire © Office de Tourisme de Baiersbronn

8 étoiles Michelin avec 3 restaurants

Un tableau tout à fait exceptionnel : 8 étoiles au guide Michelin avec 3 restaurants dans la seule petite ville de Baiersbronn! Deux établissements sont notés 3 étoiles, alors qu’il n’y en a que dix dans toute l’Allemagne. Ce sont les restaurants des hôtels Bareiss et Traube Tonbach. L’autre, marchant sur leurs traces, est également le restaurant d’un hôtel, celui du Sackmann

A l’évidence, Baiersbronn rime avec gastronomie. Ce serait dommage de s’en priver, d’autant que les prix sont bien inférieurs à ceux pratiqués en France… Et il est possible d’y goûter sans casser la tirelire. Ainsi, l’hôtel Bareiss offre dans sa panoplie de restaurants deux adorables « Stube ». Elles sont particulièrement « gemütlich », avec les boiseries patinées par les ans, les vieux fourneaux et les trophées de chasse. Alléchante, leur carte est à la portée de toutes les bourses.

Le même hôtel Bareiss, qui trône dans un superbe complexe de dix hectares, est aussi propriétaire d’un refuge de montagne, la Sattelei. Située en forêt, cette « Hütte » où l’on n’accède qu’à pied est aujourd’hui un endroit plutôt cossu. Plus couru que jamais, il ne désemplit pas.

D’appétissantes étapes dans les restaurants étoilés ou dans les refuges de montagne.
D’appétissantes étapes dans les restaurants étoilés ou dans les refuges de montagne © Office de Tourisme de Baiersbronn

Et pour cause : dans ce magnifique chalet sont servis d’appétissants plats du terroir confectionnés en bas, dans le célèbre établissement, à des tarifs étonnants. Le plat le plus onéreux est à 9,50 €… Comme dans tous les restaurants de Baiersbronn, les serveuses officient en « dirndl », une ravissante tenue traditionnelle aux couleurs chatoyantes et… au décolleté plongeant.

Avec chacune quelque chose de particulier et offrant toutes –outre la modicité des prix– un cadre charmant, bien d’autres « Hütten » parsèment les alentours. Pour le plus grand bonheur des promeneurs et randonneurs.

Bien-être et wellness sont le leitmotiv des hôtels à Baiersbronn. Et ce n’est pas seulement l’apanage des plus grands : il y a tout de même  trois 5*.  Beaucoup d’autres établissements proposent piscines et spas. Parfois sur un mode original. L’hôtel Tanne, dans son havre de paix qu’est le hameau de Tonbach, a ainsi un sauna/hammam construit dans un arbre. Les amateurs peuvent aussi y prendre des bains aux plantes, au miel ou à la bière, dans des troncs d’arbres évidés.

La fameuse bouteille de champagne

En fait, jusqu’à la fin du 18e, les montagnes ne sont peuplées que de ces grands arbres. Ils sont fort prisés pour les mâts des navires hollandais. Trop, puisqu’ils sont abattus en masse. A cela s’ajoute l’implantation d’une verrerie, attirée par ces réserves de bois qui semblent inépuisables. Depuis le Moyen Age, la Forêt-Noire  connait bon nombre de souffleries artisanales. Là, à Buhlbach, pas très loin du Ruhestein, la famille Böhringer construit à partir de 1753 de véritables usines.

Plutôt un village, car l’ensemble vit en autarcie. C’est ce qu’on découvre aujourd’hui en visitant une partie –les plus grands ont malheureusement disparu– des anciens bâtiments, devenus un intéressant écomusée. La « Glashütte » de Buhlbach emploie des centaines d’ouvriers et pourvoit aux besoins de leur famille avec école et église, boulangerie et élevage de bêtes. Même une brasserie : travailler dans une telle chaleur donne très soif…

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La forêt est partout. En certains endroits du parc national, elle n’a pas été touchée par la main de l’homme depuis plus d’un siècle.
La forêt est partout. En certains endroits du parc national, elle n’a pas été touchée par la main de l’homme depuis plus d’un siècle.

C’est  ici qu’aurait été inventée, en 1827, la fameuse bouteille de champagne au fond creux. En tout cas, elle devient la principale occupation de la verrerie. Au milieu du XIXe, un million de flacons sont soufflés de manière artisanale par an avant d’être expédiés dans les plus grandes maisons de Reims et d’Epernay. Et il en sera ainsi jusqu’à la fermeture, en 1909.

Le lendemain, nouvelle promenade en forêt. Ce ne sont pas les itinéraires qui manquent. I y a 560 km de sentiers balisés dans le secteur, comme me l’apprendra Willi Seid. Cet accompagnateur en montagne le sait d’autant mieux qu’il est aussi le président du Schwarzwaldverein, un club de marcheurs. Et, tout comme les autres membres, il participe bénévolement à l’entretien des chemins. La balade nous emmène vers le Priorstein. La légende y convoque le dernier prieur de la grande abbaye, dont il subsiste l’imposante église abbatiale à Klosterreichenbach loin là-bas en contrebas. Les pierres sont d’un très beau grès de couleur ocre, disposées face à un panorama à couper le souffle. Face à la vallée, un large banc avec repose-pied, évidemment en bois, me tend les bras. Impossible de résister.

C’est à la verrerie de Buhlbach qu’est née la bouteille de champagne © Office de Tourisme de Baiersbronn

Informations pratiques

Office de tourisme www.baiersbronn.de

A partir de deux nuitées dans l’un des 50 établissements (hôtels, logeurs…) participant à l’opération est délivrée la carte Schwarzwaldplus qui donne droit gratuitement à une incroyable somme d’avantages : transports en commun dans toute la Forêt-Noire, accès aux piscines, théâtres et cinémas, la plupart des musées de la région mais aussi aux trois golfs 18 trous, à des promenades en Segway…

Des bureaux de tourisme existent dans chacun des cinq hameaux.. De plus, il y en a un tout particulièrement dédié à la randonnée, à la gare de Baiersbronn.

Accès : Baiersbronn se trouve en plein cœur de la Forêt-Noire en Allemagne, à environ une heure de voiture de Strasbourg. Des TGV directs relient Paris à Karlsruhe, la grande gare la plus proche d’où il est aisé de gagner Baiersbronn par le train en 40 minutes.

Ecomusée « Glashütte » de Buhlbach

Bonnes adresses

Hôtel Rosengarten (3* à partir de 50 € par jour et par personne, 64 € en demi-pension) fait pour les randonneurs, avec un accueil sympathique et une excellente table. Le patron est lui-même randonneur et ramasse toutes sortes d’herbes qu’il utilise dans sa cuisine.

Die Blume, le restaurant de l’hôtel du même nom tenu par la même famille depuis 5 générations. Une cuisine inventive, tournée vers les plantes, d’un excellent rapport qualité-prix., dans un cadre naturel.

Ferme-auberge Seidtenhof  Dans un bâtiment datant de 1565, ou sur sa belle terrasse, sont servis de succulents plats et desserts (notamment de succulentes glaces) confectionnés avec les produits de la ferme. L’adresse coup de cœur de ce séjour !

Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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