Vous êtes ici >>

Le lot au fil de l’eau : entre nature et histoire

« Par-delà bien d’autres sites – d’Amérique, d’Europe, Saint-Cirq-Lapopie a disposé sur moi du seul enchantement : celui qui fixe à tout jamais », s’enthousiasmait André Breton. Écrivains surréalistes ou peintres post-impressionnistes, dont Henri Martin, nombreux sont ceux qui ont cessé « de se désirer ailleurs » après s’être pausé dans ce haut-lieu de la vallée du Lot. Cascadant sur un piton rocheux de plus de 100 mètres, l’histoire défile de maisons à tour-pigeonnier en fenêtres à meneaux, avec une harmonie intacte depuis le Moyen Age ;  classé monument historique, ce village parmi « les plus beaux de France » a couvert chacun de ses toits de l’argile sanguine lotoise, construit ses murs avec la pierre calcaire ivoire des alentours et taillé chaque porte ou pan de bois dans le chêne brun du causse.

Devant un tel patrimoine, nombre d’artistes sont tombés amoureux du Lot. Le photographe Robert Doisneau aimait séjourner à Louvressac, bourg fortifié surplombant la vallée de la Dordogne, à quelques minutes du gouffre de Padirac. « Ici, je redeviens », écrivait le sculpteur Zadkine dans le village des Arques ; on y admire encore ses bancs de pierres, mais aussi son émouvant Christ en bois dans la chapelle romane. À Saint-Laurent, atteste sa maison-atelier transformée en musée, Jean Lurçat trama le Chant du Monde, une de ses célèbres tapisseries aujourd’hui montrée à Angers. Sensible à la sauvagerie poétique de la vallée du Célé, Paul Valéry affectionnait tout particulièrement Béduer, dont le château est le plus ancien du Quercy. Foin d’élitisme, ce sont des bénévoles qui ont été conquis par Cardaillac : à côté de la cité miniature dominée par trois tours, leur « musée éclaté » met en scène une centaine d’objets d’autrefois, séchoir à châtaignes comme moulin à huile de noix.

Melon, agneau ou truffe, la nature se fait généreuse dans le Lot ! Depuis une dizaine d’années, le safran y a même fait son retour, sous la houlette de producteurs passionnés. Une passion qu’ils partagent volontiers quand les crocus mauves s’offrent à la récolte : tout le mois d’octobre, notamment lors de la fête  qui célèbre cet or rouge à Cajarc le dernier week-end du mois, ils dévoilent sur leurs terres les secrets de cette culture artisanale. Une cinquantaine de kilomètres en aval, c’est au cépage Malbec que les sols filtrants donnent du caractère. « Si tu vois tes doigts à travers la robe du vin, alors ce n’est pas du Cahors » : le dicton annonce la couleur, black comme disaient déjà les Anglais au XIIIe siècle. A cette époque, le breuvage prisé outre-manche, y compris par Henri III, représentait 50% des exportations du port de Bordeaux. Quelques soubresauts historiques et politiques plus loin, l’AOC du sud-ouest du département a retrouvé les faveurs de tous les palais !

Informations pratiques

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Repérages

  • Office de tourisme du Lot : www.tourisme-lot.com
  • Encyclopédie du voyage Gallimard La vallée du Lot (2009).

A ne pas manquer

  • A Cahors, le parcours des Jardins secrets : une lecture aussi pédagogique que ludique de la ville médiévale, où les anecdotes historiques (occupation sarrasine, utilisation des plantes, etc.) s’épanouissent littéralement au pied de 300 édifices classés ; plan gratuit auprès de l’office de tourisme.
  • A Figeac, autre ville d’art et d’histoire, le musée des Ecritures du monde : ancien musée Champollion, cette véritable vitrine sur les alphabets rendrait presque polyglotte !
  • Dans le parc naturel régional des Causses du Quercy, les espaces naturels sensibles : bornes d’orientation à l’appui, ces sentiers décryptent le patrimoine en pierres sèches,  la faune et le flore exceptionnelles…
  • Entre avril et novembre, une navigation au fil du Lot ou du Célé : gabare, canoë ou bateau habitable, pas besoin de permis pour s’offrir baignades et pique-niques au pied des falaises !

Photos de présentation : edem56

Avatar

Laisser un commentaire

Share via
Copy link