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Ladakh : A la rencontre des Dardes fleuris

Il faut suivre patiemment la « route de Kargil » qui serpente le long de l’Indus pour arriver enfin, depuis Leh (capitale du Ladakh, Inde du Nord), sur le territoire des Brokpas, tout près du Pakistan. Les dardes ou Brokpas (« habitants des montagnes » en tibétain) sont d’ascendance indo-européenne. Issues des grandes migrations de l’âge du bronze, les communautés se réclament des « aryens » (à ne pas confondre avec la théorisation nazie), groupe linguistique originaire d’Asie centrale venu conquérir le nord de l’Inde. Avec leurs traits fins les distinguant du reste de la population ladakhie, leurs yeux et cheveux souvent très clairs, ils seraient nos plus proches « cousins » himalayens.

Quinze minutes de marche depuis la route suffisent à atteindre le village de Dah et sa trentaine de maisons alignées sous un escarpement rocheux. Zigzaguant entre abricotiers et étables rupestres, le sentier donne la pleine mesure de ce petit eden himalayen, entouré de lopins de terres alimentés en eau par un ingénieux système de canaux creusés dans la montagne. Ici, potagers, vergers et champs de fleurs forment un prodigieux camaïeu de couleurs et de fragrances.

Nichés entre 2800 et 3000 mètres, les villages dardes occupent les plus basses vallées du Ladakh, permettant ainsi une grande variété de cultures, inimaginables sur les hauts-plateaux : orge, millet, vignes, abricots, tomates… Si les conflits indo-pakistanais successifs ont passablement traumatisé les populations Brokpas (à cause des bombardements), la militarisation aura au moins permis de désenclaver la région et engendrer un commerce prospère.

Croisée sur un chemin, portant sur son dos une hotte remplie de tomates, la vieille Chozdol s’improvise guide et désigne avec fierté tous ces rochers mis à contribution lors des récoltes, réceptacles idéaux de milliers d’abricots séchant au soleil. Chez Nulzum Dolma l’heure est à la coquetterie. Le ramassage matinal des fleurs est un moment sacré : depuis des générations, hommes et femmes agrémentent quotidiennement leurs coiffures et chapeaux de Monthu Tho (« lanternes » orange vif) et autres variétés colorées. Le reste de la parure des Dardes est un fascinant mélange de matières naturelles et de trouvailles : pour les hommes, un manteau en laine de mouton serré par une ceinture ; pour les femmes, une peau de chèvre retournée sur les épaules ainsi que le traditionnel Kho, couvre-chef orné de pièces de monnaie, coquillages, bijoux en argent, perles et autres symboles destinés à chasser les mauvais esprits…

Anciennes communautés polyandres (une femme était mariée à plusieurs hommes), les Brokpas abandonnent petit à petit leurs croyances et pratiques animistes, remplacées aujourd’hui par le Bouddhisme et soumises à l’influence grandissante de l’Islam.

Reste le Bono Na, ou « festival des moissons », début octobre, où, durant cinq nuits consécutives, les dardes racontent leur histoire en chants et processions rythmées. Un spectacle nocturne saisissant qui témoigne de toute la singularité d’une communauté.

Informations pratiques

Y aller

Air India est la seule compagnie aérienne à proposer des vols directs vers Delhi. Le plus simple est d’ensuite réserver un vol intérieur pour Leh via Air India, Kingfisher ou Jet Airways.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Hébergement chez l’habitant

La guesthouse familiale Thundup Skyabapa de Dah, située à l’entrée du village, possède 4 chambres comptant 1 à 5 lits. Entre 3 et 5 € la nuitée.

Ne pas oublier

Un permis (peu onéreux) est obligatoire pour se rendre chez les Brokpas : à Leh, contacter une agence locale muni d’une photocopie de son passeport.

Plus d’informations sur l’Inde :

Office de Tourisme de l’Inde
13, Boulevard Haussmann,
75009, Paris
Tel. (33) 0145233045, Fax. (33) 0145233345
www.incredibleindia.org

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