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La mystérieuse cité de Choquequirao

Des générations de voyageurs ont rêvé de se perdre au cœur des sites Incas qui s’égrènent au Pérou, vieilles pierres alignées auréolées de mystère. Pourtant aujourd’hui, du célébrissime Machu Picchu à l’incontournable vallée sacrée autour de Cusco, difficile d’envisager une communion cosmique avec les fils du soleil, dans le silence des vestiges. De l’aube au crépuscule, ce sont des hordes de touristes – toutes nationalités confondues – qui empruntent le chemin pavé de l’Inca, photographient, arpentent et caressent les pierres des fameuses cités mille fois imaginées.

Un site toutefois, autorise une visite plus confidentielle : la cité perdue de Choquequirao (« Berceau de l’or » en quechua). Le comte français Eugène de Sartiges fut l’un des premiers explorateurs à avoir révélé l’existence de la citadelle, qui retomba vite dans l’oubli, avant d’être « redécouverte » dans les années 90 et progressivement déblayée depuis le début des années 2000. Mais, contrairement à tous les autres sites Incas accessibles au plus grand nombre, déambuler à travers Choquequirao se mérite : depuis le village de Cachora, petit bout du monde péruvien à 180 kilomètres à l’ouest de Cusco, il faut au minimum deux jours de marche pour parcourir, entre agaves et genêts, les 30 kilomètres et les 3000 mètres de dénivelée qui séparent la civilisation de la cité perchée.

La superficie totale des ruines (entre 1800 et 2000 hectares dont seulement 15 à 20 % ont été mis à jour) atteste de l’importance du site, jadis poste de résistance ou grand centre cérémoniel et religieux. Des chevaux paissent tranquillement à travers les vestiges : temples, sanctuaires, maisons des prêtres, résidences des nobles, bains et canaux, terrasses agricoles… Autant de découvertes qui posent toutes la question : quel mystère cache Choquequirao ?

Au fil des excavations, les archéologues et historiens semblent converger vers la même thèse : en 1532, Cusco est conquise par les espagnols, dirigés par le redoutable Pizarro. Les survivants Incas, menés par Manco Capac II, sont contraints de s’enfuir dans la montagne et de gagner des citadelles protégées par leur position en nid d’aigle, telle que l’était Choquequirao et qui servait à l’époque de refuge à la tribu des Chancas. Durant quarante ans, les Incas y survivent puis se voient exhortés à rejoindre la vallée. La plupart disparaissent dans la forêt amazonienne, emportant avec eux le secret de cette ultime citadelle. Le site, complètement abandonné, se dégarnit progressivement de ses toitures de bois et de paille et retourne à la jungle, envahissante.

Aujourd’hui, patiemment, des équipes internationales et locales d’archéologues continuent de surveiller et fouiller les ruines… Le dédale des vestiges coiffe une crête vertigineuse à 2950 mètres d’altitude, soit 1500 mètres au-dessus des flots bouillonnants du Rio Apurimac. Une perspective étourdissante, donnant le sentiment d’être littéralement accroché dans le ciel, où tournoient en permanence des condors. Plusieurs sommets enneigés ourlent l’horizon de la cordillère Vilcabamba… Un cadre idéal pour ce qui semble avoir été le plus inaccessible des refuges secrets des Indiens en fuite devant la progression des conquistadors.

Informations pratiques

Comment y aller ?

Pour rejoindre Choquequirao : louer les services d’un muletier-cuisinier et de chevaux de portage, dans le village de Cachora.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Club Aventure organise un trek de 9 jours qui se finit en apothéose sur la cité de Choquequira.

Quand y aller ?

Les saisons sont inversées et la meilleure période pour partir correspond à la saison sèche : de mai à septembre.

A prévoir sur le trek jusqu’à Choquequirao

Des vêtements chauds, de l’eau en grande quantité ainsi qu’un répulsif à moustiques, les étapes du trek étant infestées !

Photos : Franck Charton

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