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Bretagne : cabotage dans les Abers

En venant du sud, il faut laisser Brest en rade. Puis dépasser la pointe du Corsen, où l’Atlantique cède la place à la Manche. Amarré au petit port de Lanildut sur sa rive sud, l’Aber Ildut inaugure les trois estuaires maritimes de la côte finistérienne, version XS. Sa seule curiosité n’est pas le GR 34, invitant à une grande randonnée sur les pas d’un sentier douanier à la beauté sauvage, ni les maisons de maîtres de barque, jolis échouages pour une nuit dans un granite défiant le temps – une pierre rosée si réputée qu’on venait d’Angleterre pour l’acquérir et qu’elle voyagea jusqu’à Louxor pour asseoir l’obélisque… De la Maison de l’Algue aux drôles de “scoubidous” qui draguent la plage, on apprend que le goémon vaut ici de l’or ! C’est au printemps et l’été que la récolte vient animer le pittoresque village, snobant les flots touristiques. En lieu et place des charrettes historiques, tractées par des chevaux, des bateaux armés d’une tige articulée fouissent aujourd’hui les fonds entre 2 et 5 mètres. Goémon, algue rouge, laminaires, une vingtaine d’espèces sont exploitées : gélifiants alimentaires ou pharmaceutiques, elles se dégustent aussi au  naturel, révèlent les salades concoctées par les plus grands chefs.

Aber Idut

Un bord plein nord par la départementale côtière et le port de poche de Melon aimante par son ambiance bonne franquette. Comment résister au farniente à la carte du Chenal, dans son décor mixant brocante et design ? Restaurant, bar et salon de thé, cette adresse d’initiés couche ses transats sur l’horizon, dans une terrasse qui honore jeux de ballons et autres activités de bonne société. Le phare du Four à quelques encablures, Porspoder renouvelle cette atmosphère familiale, en vitrine chez Dema ; au 55 rue de l’Europe, ce bazar ouvert 7 jours sur 7 exhale un goût de madeleine balnéaire, entre épuisettes colorées, chaussons Amor Lux, bols de Quimper et

Abert Benoit
autres indispensables de vacances bretonnes. De plages dorées en criques lilliputiennes, on peine à croire que ce littoral enchanteur ait pu se maculer de noir en 1978. Et pourtant, c’est au large de Portsall qu’a fait naufrage l’Amoco Cadiz, engluant 360 km de côtes. Trônant sur le charmant port de pêche, une des ancres du supertanker reste heureusement la seule trace de ce désastre écologique. Un pèlerinage symbolique, auquel on peut préférer la chapelle Saint-Simon, à 1,5 km : face à l’Océan, ce lieu de culte est un échantillon du patrimoine qui apporte sa pierre à l’aura de la côte des Abers, entre anciens moulins, menhirs et ponts bucoliques.

Comme si l’endroit n’était pas suffisamment béni par les Dieux, dans le secret de ses alcôves mi rurales mi marines ! Sur le chemin de l’Aber Benoît, ce sont ainsi scirpe d’Amérique, le chardon bleu et l’œillet des mers qui font office de bornes d’orientation, dans un massif dunaire qui se hérisse de falaises avant de redérouler un tapis de sable. À pied ou au grand galop, en palmant ou en plongée, vous voilà à Saint-Pabu, sur la rive sud de la ria. En face, le lieu dit de Prat-à-Courm distribue d’autres générosités. Campé dans ses bottes, l’ostréiculteur Yvon Madec y perpétue, sans cérémonie, une tradition familiale qui s’invite pourtant à la table de Guy Savoy ou Pierre Gagnaire ! Autant dire que l’on se sent privilégié, l’été, à déguster ses huîtres au goût de noisette entre rivière et océan, face au coucher du soleil, dans son restaurant saisonnier aux allures de guinguette ;  le reste de l’année, on peut repartir avec une bourriche sous le bras, assorti de fruits de mers qui complètent l’offre du vivier. Quant à dénicher Jane Birkin, il faut arpenter les chemins de ce bassin chauffé plein sud, qui folâtre dans la campagne sur près de 140 km2.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Aber Wrac'h

Impossible de faire autrement, d’ailleurs, puisqu’il faut passer un pont « dans les terres » pour rejoindre l’Aber Wrac’h. Qu’importe. En randonnée, en car ou en voiture,  le passage obligé par Lannilis relève de la providence. Au pied du clocher breton, le boulanger Michel Izard y tient son fournil, sacré par tous les guides gastronomiques, pendant que son pain au levain fait le délice de tous les marins. Son voisin dans cette rue des Marchands ? Jean-Michel L’Hourre, meilleur ouvrier de France, qui régale d’une formule bistrot quand ce n’est d’un menu étoilé à l’Auberge des Abers. De homards en ormeaux, reste à reprendre une rasade d’iode au grand air du plus grand des abers. Si son accès par la mer n’est pas sans écueil, l’aber Wrac’h invite à se la couler douce sur un plan d’eau de plus de dix kilomètres de long. Son port éponyme, pour commencer, est baigné par une baie des anges à faire pâlir son alter ego niçoise. Drapé de ce nom évocateur, l’établissement de Jacques Briant et Françoise Barré distille un  « chic léger », de son hôtel à sa villa en passant par ses résidences. Entendez une décoration aussi soigné que l’accueil, horaires des marées et goûter d’après plage compris, pour un séjour en famille comme en amoureux sur une grève qui se remodèle au gré des marées. Quant à la presqu’île de Sainte-Marguerite, dépendant de la commune de Landeda, ses dunes réservent un emplacement exceptionnel à un camping de 180 places, avec accès direct à la plage : idéal pour la baignade et les activités nautiques. Une exploration pédestre par la multitude de sentiers, une navigation en petit voilier traditionnel autour de l’île de Stadagon et la haute mer se fait tentatrice. Posé en vigie au nord de l’Aber et accessible en vedette depuis le charmant port de Lilia, le phare de l’île Vierge décroche un record européen inoubliable : 31 mètres de haut,  soit 392 marches, de l’opaline à tous les étages ! Quant au panorama, montez-y pour y croire !

Aber Wrac'h

EN PRATIQUE

Se renseigner :

Randonner :

  • Topoguides en ligne, autour de l’Aber Wrac’h ou de Brest à Lannilis par exemple :  http://rando29.free.fr/
  • Randonnée en liberté d’une semaine sur la côte des Abers, organisé par www.sentiersmaritimes.com : à réserver en direct ou via www.finsitere-resa.com / rubrique « randonnées ».

Phare de l'île Vierge
Hébergements :

  • La Baie des Anges, donc, notre  coup de cœur, à l’Aber Wrac’h !
  • Hormis le camping des Abers magnifiquement situé à l’Aber Wrac’h, le camping de l’Aber Benoît refroidit par uu bâtiment peu élégant alors qu’il offre un accès direct à la mer via trois plages de sable blanc : www.camping-aber-benoit.com
  • Un gîte et des chambres d’hôtes, dans une ambiance campagnarde familiale près de Lannilis : www.manoir-trouzilit.com
  • A Plouguerneau, au nord de l’Aber Wrac’h, l’un des plus grands gîtes du Finistère (jusqu’à 13 personnes dans 7 chambres) est tenu par Luc Durouchoux et Hélène Néraud, qui prêtent des kayaks ou accompagnent volontiers leurs visiteurs au marché ; à̀ Lanildut, le gîte Le Roudous, ancienne demeure agricole, dispose de 6 chambres rénovées et qui donnent sur un grand jardin, à 250 mètres de l’aber. Deux adresses des Gîtes de France à retrouver sur : www.gites-finistere.com
  • Enfin, la ferme de Kergrac’h à Plouvien plaira aux petits et grands, adeptes de vacances vertes et curieux de l’agriculture durable. Voir : www.accueil-paysan-bretagne.com
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