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Tetovo et les montagnes de Shar

Après l’atterrissage à l’aéroport Alexandre le Grand de Skopje, nous faisons route pour Tetovo, la première ville de culture albanaise de Macédoine.

Alexandre le Grand. Je pensais qu’il était grec. Fils de Philippe II, il est né à Pella dans la capitale Antique du royaume de Macédoine. Aujourd’hui, grecs et macédoniens affirment leur filiation avec celui qui fut l’un des plus grands conquérants de l’Histoire.
Je laisse ces querelles de voisinage et regarde par la fenêtre du bus. Face à nous, la chaîne du Shar Planina étend ses sommets enneigés. Demain, nous y serons pour une petite randonnée.

Après un repas copieux et typiquement local sur les hauteurs de Tetovo, nous retournons dans le centre-ville. Tetovo est réputée par ses deux universités pour la jeunesse albanaise. La première a été fondée illégalement en 1994 grâce à des fonds de la diaspora albanaise alors que la seconde a ouvert ses portes en 2004 par décret du parlement.
Aujourd’hui, la langue albanaise est officiellement reconnue par l’Etat et les cours jusqu’au secondaire ont lieu en albanais dans les écoles albanophones. Ce statut va même plus loin puisque les albanais disposent de leurs propres partis politiques, journaux, radios, télévisions…Vue de l’extérieur, ce communautarisme inquiète, au mieux surprend. Sur place et au regard de l’Histoire, il semble constituer une étape provisoire à plus de dialogue. Il n’est jamais facile de créer une démocratie en peu de temps.

Malgré son dynamisme et sa jeunesse, Tetovo n’a pas beaucoup de charme, en tout cas pas où nous sommes allés. Les immeubles en construction sont nombreux et l’architecture récente ne présente aucun intérêt. Deux sites de la période ottomane méritent néanmoins qu’on s’y arrête : la mosquée peinte et le teke des Derviches Bektachis.

Teke des Derviches Bektachis

Situé à côté du cimetière musulman, le Teke Arabati Baba est l’équivalent d’un monastère. Il abrite une petite communauté Bektashi (http://www.bektashi.net/) qui pratique un islam soufiste. Les Bektashis considèrent que Dieu est partout et qu’il se laisse deviner dans la beauté, l’amitié et l’honnêteté.

Nous sommes accueillis par un Derviche, mot d’origine perse, qui désigne un mendiant. C’est d’une façon plus large un membre de la confrérie. Avec gentillesse et ouverture, il nous fait visiter les locaux : l’ancienne auberge, la fontaine de Rexhep Pasha, la Tour Bleue…
Avec son cadre enchanteur, le lieu est reposant et les propos du Derviche sont un havre de paix.

Considéré par de nombreux sunnites de Macédoine comme une hérésie, le teke a été en partie envahi par un groupe de sunnites. Dommage qu’entre religions différentes, on ne puisse pas s’entendre !

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Mosquée peinte

A quelques minutes du teke, la mosquée peinte, littéralement la Sarena Dzamija, est une des dernières mosquées peintes des Balkans. Construite en 1459, elle était autrefois reliée aux bains de l’autre côté du parc et de la rivière Pena.

L’architecture de la maison est identique aux anciennes maisons à pans de la région. Les murs extérieurs sont par contre recouverts de motifs et l’intérieur de la mosquée est également décoré avec des couleurs plus sobres.

Rando à Shar Planina

Deuxième jour du voyage. Nous partons en bus le long de la rivière Shkumbin pour le village de Vejce dans le massif montagneux du Shar. D’une superficie d’environ 1600 km² à cheval sur le Kosovo et la Macédoine, Shar Planina est un des plus élevés des Balkans avec 15 sommets au-dessus de 2500 mètres. La flore et la faune y sont riches. Etonnant que la zone ne soit pas encore classée parc national.

Vejce est un village albanophone. On le reconnaît facilement aux drapeaux albanais dressés dans les jardins. Les villageois n’hésitent pas à venir vers nous. D’où venez-vous ? Ah des français ! Larges sourires. Bienvenue. On se serre la main, on se sourit. Et vous d’où êtes-vous ? Presque tous répondent albanais de Macédoine. Les anciens conflits ont encore la peau dure.

La randonnée monte sous les contreforts du sommet Kobolica (2528 m), puis du pic noir (crn vry) avant de redescendre au village. L’endroit est bucolique, parfait pour une randonnée. Je suis resté frustré de ne pouvoir marcher plus longtemps dans ce massif. Il mérite bien plus qu’une randonnée à la journée. A charge de revanche !


Voyage expérimental en Macédoine réalisé avec Destination Queyras, spécialiste des randonnées dans le Queyras et ailleurs

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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