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Sur la route nationale 40

La « route nationale 40 » est pour l’Argentine ce qu’est la Route 66 aux Etats-Unis. Une route légendaire qui s’étire sur plus de 5000 kilomètres de La Quiaca à la frontière bolivienne jusqu’au cap Virgenes à l’extrême sud de la Patagonie.

Jusqu’à Perito Moreno

Pour notre part, nous nous limiterons à 24h en bus entre Bariloche et El Chaltén puis El Calafate. Le départ est donné en fin de journée pour passer la nuit dans le bus jusqu’à Perito Moreno, la ville pas le glacier.

Nous quittons les paysages lacustres du parc national Nahuel Huapi pour la pampa et la nuit noire avec une seule idée en tête pour cette première portion : pioncer comme un loir.

C’est au petit matin avant d’atteindre Perito Moreno que la pampa se révèle derrière la vitre du bus. La route la coupe en deux tel un scalpel. De part et d’autre de l’asphalte, les barrières délimitent les estancias sans qu’on puisse les voir. On entend souvent parler des gigantesques cheptels de moutons mérinos et de vaches. Mais où sont-ils ? La pampa est tellement vaste qu’ils peuvent être partout.

Quelques guanacos gambadent derrière les clôtures. Contrairement au lama, l’espèce n’a pas été domestiquée. Il faut ouvrir les yeux pour les observer car leur fourrure roussâtre se confond avec la pampa. Il vit généralement en petits groupes jusqu’à une vingtaine d’individus conduits par un mâle dominant. Les guanacos n’aiment pas trop les bus. C’est imposant et bruyant. La plupart du temps, ils s’enfuient à notre approche. Leur pointe de vitesse peut aller jusque 65 km/h, une vitesse suffisante pour semer un puma. Bien que leur population soit encore d’environ 500 000 individus, l’espèce est classée en annexe 2 de la convention de Washington car elle décroit à toute vitesse.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

La Cueva De Los Manos

Depuis Perito Moreno, on s’installe à l’Estancia Cueva de las Manos (ex-Los Toldos). On mange un morceau et on file, installé dans un vieux minibus soviétique, voir l’attraction du coin : les peintures rupestres de La Cueva De Los Manos inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999.

Pour se rendre au site, le minibus nous dépose de l’autre côté du Rio Pinturas où se trouve les peintures rupestres. Cela permet de s’y rendre à pied par une jolie balade de 45 mn. Dans le lit du canyon, un bois abrite quelques spécimens de chevêchette australe, un petit rapace nocturne de la famille des Strigidés. L’oiseau mesure en moyenne 22 cm pour un poids ne dépassant pas 100 grammes. Une chouette rencontre.

La Cueva de los Manos regroupe un ensemble exceptionnel d’art rupestre qui tire son nom des milliers de mains peintes comme des pochoirs. Les fouilles et la datation au carbone 14 ont permis de dater les peintures. Les plus anciennes ont été réalisées il y a de cela 13 000 ans. Sur les parois, on retrouve également de nombreuses représentations de guanacos ainsi que des scènes de chasse. On peut aussi voir une main à six doigts.

Le site est l’un des plus beaux exemples de l’art des peuples sudaméricains, sans doute les ancêtres des communautés historiques de chasseurs-cueilleurs de Patagonie rencontrées par les colons européens au XIXe siècle.

De jour jusqu’à El Chaltén

Après une bonne nuit, nous voilà de retour dans le bus sur la « Ruta 40 ». 12h de trajet de jour pour rejoindre El Chaltén. Pampa démesurée, villages du bout du monde et stations-services désolées jalonnent le voyage jusqu’à l’arrivée sur les montagnes du Fitz Roy.

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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