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Ohrid : Ambiance festive et religieuse

Avant d’arriver sur Ohrid, nous faisons une halte à la cité balnéaire de Struga sur le bord du lac d’Ohrid. La plage est bondée d’adolescents venus se baigner, faire un tour de pédalo et s’amuser à la fête foraine. On n’est pas venu pour ça mais c’est amusant à voir.

D’une superficie de 358 km², le lac d’Ohrid est à cheval sur la Macédoine et l’Albanie. Le massif de Galicica le sépare du lac de Prespa plus à l’est et sert de conduite d’eau souterraine pour l’alimenter. Ses eaux sont poissonneuses et ont permis à différents groupes humains d’habiter les lieux depuis 6000 ans. En 1979, le lac d’Ohrid a été classé sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une dizaine de kilomètres séparent Struga d’ Ohrid. On y est donc rapidement. On s’installe à l’hôtel Riviera. Moderne, et même flashy avec son jaune qui détonne, il fait face aux quais de la ville. A deux pas de l’ancienne ville, une belle situation.

Nous avons une visite guidée de l’ancienne ville d’Ohrid, demain dans la matinée. Du coup, on profite de la ville moderne : balade sur le quai, découverte du marché (excellente fraise) et des rues commerçantes de la cité. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Ohrid s’est branchée sur les derniers standards de la mode européenne.

Ce soir c’est samedi. Le quartier moderne d’Ohrid où nous dormons est envahi de jeunes venus passés le week-end entre amis. Et notre hôtel semble faire office de QG. Autant dire que la nuit fut courte. Les établissements dans la vieille ville sont, selon les échos reçus, plus tranquilles. C’est bon à savoir… Mais oublions la nuit car les trésors d’Ohrid ne résident pas dans ses ambiances nocturnes.

Appelée Lychnidos pendant l’Antiquité, la ville prend le nom d’Ohrid au VIe siècle en référence au mot slave hrid qui signifie colline. La ville ancienne a en effet été construite sur un promontoire pour mieux assurer sa défense. A son sommet, la forteresse de Samuel, construite à l’époque byzantine, domine le panorama. Pour l’ensemble de ses sites religieux et culturels, Ohrid a été classée sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Micho Juzneski, guide historien francophone, nous fait la visite. Rue Tsamuel, halte devant le musée national. Installé dans une maison aux murs blancs de quatre étages avec des encadrements de bois noirs, le bâtiment reste un très bel exemple de l’architecture de la ville au XIXème siècle. A l’intérieur, belles collections d’objets anciens découverts sur le site depuis la période néolithique.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Prochaine étape : l’Eglise Sainte-Sophie classée parmi les chefs-d’œuvre de l’architecture médiévale macédonienne. Construite sur les fondations d’une église paléochrétienne comme de nombreux monuments de la cité, sa partie basse date du XIe siècle et sa partie haute du XIVe. A l’intérieur, les peintures byzantines ont été réalisées sous l’égide de l’Archevêque Léon (1037 – 1056). Les fresques du plafond de l’hôtel sont excellemment bien conservées. Avec l’invasion de l’empire Ottoman, l’Eglise est transformée en mosquée. Ce n’est qu’en 1912 qu’elle reviendra sous la coupole orthodoxe mais sa rénovation est encore plus récente puisqu’elle date de l’après seconde guerre-mondiale.

Nous rejoignons l’extrémité ouest de la ville où a été érigée au XIIIe siècle l’Eglise Saint-Jean Kaneo, un des emblèmes touristiques d’Ohrid pour sa situation exceptionnelle sur le bord du lac. On peut d’ailleurs aussi y accéder par bateau (ce que je ferai le lendemain matin avant de quitter la ville). L’intérieur du monument est sombre et petit. On y vient surtout pour son cadre enchanteur qui invite à la méditation.

Une petite montée nous conduit au plateau de Plaosnik où se trouve l’Eglise de Pantelejmon reconstruite sur l’emplacement du monastère de Saint Clément, évèque d’Ohrid. Des fouilles de monuments d’époque paléochrétienne entourent l’Eglise. Au cœur des vestiges, une basilique, sans doute le siège de l’évêché à l’époque où la ville s’appelait encore Lychnidos.

En redescendant de la colline vers la basse-ville, nous passons à proximité du théâtre antique. D’origine Grecque, il n’a été découvert que dans les années 1960. Il accueille aujourd’hui des manifestations culturelles comme des concerts ou du théâtre. Plus intéressante est l’Eglise de la vierge Perivleptos située au sommet d’une petite colline proche des remparts extérieurs de la ville. Construite en 1295 sur la commande du général byzantin Progon Zgour, elle a pris le nom d’Eglise de Saint-Clément du XVe siècle jusqu’en 2002 car ses reliques y avaient été déplacées. Les peintures murales et au plafond, œuvre des deux frères Michel et Eutychès, sont très bien conservées, notamment grâce à un programme de restauration entrepris dans les années 1950.

Ohrid est une ville étonnante. Alors que son Histoire s’exhibe fièrement sur la colline, la jeunesse investit la ville sans même lui jeter un regard. Une question de génération sans doute…


Voyage expérimental en Macédoine réalisé avec Destination Queyras, spécialiste des randonnées dans le Queyras et ailleurs

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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