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Macao, l’envers du jeu

Tempête sur Hong Kong. Parti à la nuit tombante, le ferry se débat contre houle et déferlantes. Heureusement, la terre est en vue. Un amas compact de feux clignotants et rampes lumineuses forme sur l’horizon une sorte de demi-sphère incandescente.

Située sur une péninsule au sud-est de la Chine, dans la baie de Hong Kong, Macao ou « Las Vegas chinois » était jadis un port prospère. Devenue colonie portugaise au XVIème siècle avant d’être officiellement rétrocédée à la Chine en 1999, Macao reste une « région administrative spéciale », trop souvent renvoyée à sa réputation sulfureuse.
Sous l’impulsion d’une forte tradition du jeu en Chine et d’une paradoxale interdiction de s’y adonner, le phénomène « Macao, l’enfer du jeu » (en référence au film de Jean Delannoy, tourné en 1939) a érigé la ville en carrefour de la prostitution, plaque-tournante de l’opium…

C’est oublier qu’à l’ombre des palaces rutilants, la vieille ville est un jardin secret où Chine et Portugal ont alternativement essaimé, ici un marché aux fleurs et une maison de thé, là une église baroque ou une fontaine ornée d’azulejos.

Au lever du jour, sur la Colline verdoyante de Guia, les macanais d’origine chinoise pratiquent le Tai-chi-chuan. Ou bien déposent leurs offrandes quotidiennes au cœur des temples bouddhistes : du prestigieux A-Ma, dans la pointe sud de Macao, au modeste Na-Tcha, en plein centre.

Vers midi, d’irrésistibles fumets s’échappent de la superbe « pousada » ou maison de maître du Club Militaire, près du jardin Saõ Fransisco. Au menu, la fameuse morue du Portugal sur lit de pommes de terre vapeur. Notables chinois et descendants portugais s’y retrouvent pour affaires, prononçant le cantonais avec une fluidité surréaliste.

Sublimées par les rayons du couchant, les reliques du catholicisme (telle la Ruine de Saint-Paul) et d’un patrimoine colonial stylisé (comme la place Largo do Senado et ses bâtisses aux couleurs pastel) confèrent à ce confetti chinois un air de « Rio asiatique ».

Les îles de Taipa et Coloane, moins denses et plus bucoliques, ont été reliées à la ville par des ponts titanesques… Dans sa course vers la modernité, Macao en vient à concentrer sur une superficie dérisoire – 28,2 km2 – une démographie maximale – plus de 460 000 habitants. Soit l’une des plus fortes densités au monde. Aujourd’hui, il n’existe plus un seul terrain à bâtir. Seule solution : la « poldérisation » ou l’avancée de la terre sur la mer. En vingt ans, la péninsule a gagné 10 km2. A quel prix ? Des milliers de tonnes de sable, des grues à perte de vue, de la main d’œuvre vingt quatre heures sur vingt quatre et bien sûr, quelques millions de Pataca, la monnaie locale…

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Si Macao relève sans compter tous les défis, il faut – pour bien découvrir la péninsule – savoir s’extirper du royaume où les jeux sont déjà faits. Et ne pas s’inquiéter si, étourdi par le choc des cultures, rien ne va plus.

Informations pratiques

  • Y aller

Air France : liaison AR Paris Roissy/Hong Kong, 11h50 de vol.

Depuis Hong Kong, un ferry dessert Macao en 45 min. www.turbojet.com.hk

  • Restaurant coup de cœur

Clube Militar
975 avenida de Praia grande
Tél. (+00 853) 714 010
L’endroit idéal pour déguster la morue portugaise (« bacalhau ») grillée, braisée ou bouillie !

  • Avec qui partir ?

Maison de la Chine / www.maisondelachine.fr
Voyageurs en Chine / www.vdm.com

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