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Macao à la confluence des cultures portugaise et chinoise

Héritière de deux cultures, Macao est aussi portugaise qu’asiatique. A la confluence de deux mondes, un croisement fascinant. Il m’a complètement déboussolé. Entre son héritage colonial et chinois, j’ai été séduit par ce dépaysement inédit. Tout m’a plu, les temples comme les églises, la cuisine macanaise et –même si je ne suis pas joueur– les casinos !

La place do Senado
La place do Senado, avec ses anciens bâtiments coloniaux dont bien sûr le Sénat mais aussi la Santa Casa de la Misericordia, qui fut le premier hôpital de la Chine.

Avenida da Praia Grande, rua de São Lourenço, jardim Luis de Camões… Le nom des rues est en portugais sur les plaques, en-dessous figurent les idéogrammes chinois. Quelques unes de ces rues sont d’ailleurs encore pavées. Voire même, comme à Lisbonne,  recouvertes de jolies mosaïques ondulant telles des vagues en noir et blanc. Facilement reconnaissables ne serait-ce qu’à leur chaude couleur jaune, les bâtiments coloniaux sont toujours ornés d’azulejos, ces superbes carreaux de faïence. Ce n’est plus le Portugal, ce n’est pas vraiment la Chine.

La gastronomie occupe une grande place à Macao.
La gastronomie occupe une grande place à Macao.

Une gastronomie irrésistible

Macao offre un mélange des deux qui me paraît particulièrement savoureux. Pas seulement parce que je trouve à tous les coins de rue de succulents petits gâteaux aux amandes, confectionnés sous mes yeux et bien trop tentants. Ou parce que la gastronomie macanaise, notamment le célèbre « poulet africain », me paraît irrésistible. Les femmes des marins portugais l’ont façonnée au fil des siècles, en adaptant les recettes de leur pays aux produits locaux. J’ai adoré goûter tantôt de cette cuisine, tantôt les dim sum et autres plats chinois. Même les échoppes de rue –il y en a tant et plus– préservent cette diversité. Ici, on aime la bonne chère. Pour s’en convaincre, un petit tour au Red Market –à l’origine, il était fait de briques rouges– un marché sur trois étages. Jusque tard dans la journée, c’est une véritable fourmilière. Tout Macanais qui se respecte vient s’y approvisionner deux fois par jour.

La vieille ville, entièrement inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, offre un charme indolent et suranné qui sied bien à la visite. Autant commencer par l’ancien fort de Guia et sa belle chapelle ornée de fresques, du XVIIe, qui la surplombent. Pas de très haut, mais suffisamment pour avoir une belle vue et s’étonner du nombre d’églises. Il y en a, paraît-il, une plus forte densité qu’au Vatican ! Somptueusement décorées, plusieurs d’entre elles sont en tout cas remarquables.

Le temple de A-Ma
Le temple de A-Ma, le plus ancien de Macao, est sans doute celui qui a donné son nom à la ville.

Une longue promenade m’emmène jusqu’au temple de A-Ma dédié à la déesse de la mer. Le plus ancien, sans doute construit bien avant l’arrivée des Portugais, en 1554. Aujourd’hui, il n’est plus situé en bord de mer, que la main de l’homme a fait reculer. Mais, à ce que j’en vois, c’est sans doute celui où les fidèles se pressent en plus grand nombre. J’ai aussi beaucoup aimé celui de Na Tcha, tout petit et merveilleux de simplicité, à l’arrière de la façade –son seul vestige– de la cathédrale Saint-Paul.

En chemin, je découvre ici l’ancien séminaire, là le théâtre. La place du Sénat est particulièrement belle et majestueuse. L’une de ces escales, près de la place de Lillau plantée de banians où se serrent les premières demeures des Portugais, m’a transporté dans un autre monde. La veille, j’avais déjà eu l’occasion de visiter d’opulentes résidences. Aucune ne m’a autant impressionnée que cette Maison du Mandarin, magnifique dans son style épuré. C’est en fait un petit palais qui occupe tout un pâté de maisons autour de ravissantes cours intérieures. Il a été édifié par un riche commerçant, libre penseur. Ses écrits ont influencé autant le Dr Sun Yat Sen, précurseur de la Chine moderne qui a d’ailleurs habité Macao, que plus tard Mao Zedong.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

House of Dancing Water
House of Dancing Water : une création époustouflante

The « House of Dancing Water »

Un séjour à Macao est l’occasion d’applaudir un magnifique spectacle : « The House of Dancing Water ». Une création époustouflante, donnée dans un gigantesque bassin nautique tout en rond. Elle séduit autant par les prouesses techniques, les acrobaties que par la poésie qui s’en dégage.

Un conte onirique où il est question d’un étranger échouant après un naufrage dans un royaume magique et d’une belle princesse. Ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre mais sont séparés par la Reine Noire… Dans des costumes éblouissants, les artistes virevoltent dans les airs, dans et sur les eaux. Les décors sont minimalistes mais surprennent, comme ce voilier surmonté de hauts mats qui surgit de l’onde.

128 artistes, 160 techniciens dont 30 plongeurs sous-marins

Plus impressionnants les uns que les autres, les tableaux se succèdent, fascinent. Emerveillé, le spectateur retient souvent son souffle. Vers la fin du show, il assiste ainsi à un plongeon d’une hauteur de plus de 24 m. C’est la championne d’Europe 2012 de cette discipline, la Française Audrey Labeau, 30 ans, qui l’effectue. « The House of Dancing Water » est une superproduction qui met en œuvre de gros moyens : 128 artistes, sportifs et acrobates, 160 techniciens dont 30 plongeurs sous-marins.

Le spectacle est signé Franco Dragone, un grand nom dans ce domaine. Ce Belge a en effet été le co-fondateur du célèbre Cirque du Soleil, au Québec. Il en est resté le directeur artistique durant les 15 premières années. Depuis, Franco Dragone monte seul ses différentes créations à travers le monde. Aujourd’hui, Franco Dragone a encore deux autres shows qui « tournent » à Las Vegas.

A l’affiche depuis 2010 à Macao, « The House of Dancing Water » a déjà ravi quelque trois millions de personnes.

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Une confluence portugaise et chinoise étonnante et riche

Une extraordinaire débauche d’imagination

Le visage contemporain de l’ancienne colonie portugaise, ce sont bien sûr les casinos. Plus grands et plus outrageusement beaux les uns que les autres, il y en a aujourd’hui pas moins de 45 ! Chaque année, il s’en construit de nouveaux, notamment grâce aux terrains gagnés sur la mer.

Pour ma part, je n’ai aucunement l’âme d’un joueur. Mais je n’ai pu résister à leur attrait, à l’envie d’aller voir. Autant dire que ça vaut le détour. Pour les tables de jeu ? Un petit moment seulement, histoire de palper l’ambiance. Et il y en a pas mal… Non, pour admirer cette extraordinaire débauche d’imagination : les centres commerciaux entourant les salles de casino sont d’une folle démesure. Au Venetian, l’un des bâtiments est la reproduction du Palais des Doges presque en grandeur nature. Le MGM est doté d’un gigantesque aquarium au beau milieu de hauts immeubles. Et le Parisian, qui ouvre en 2016, a une tour Eiffel mesurant la moitié de l’original. En voyant tout cela, je me sens comme un petit garçon à sa première incursion dans un parc d’attractions.

Le Venetian
Les casinos sont d’une folle démesure. Le Venetian offre une réplique du Palais des Doges ainsi que des canaux où officient les gondoliers.

Informations pratiques

Site de l’office de tourisme (en français) : http://fr.macautourism.gov.mo. Le site donne toutes sortes de renseignements historiques et pratiques, fournit par exemple  une série de huit itinéraires pédestres à télécharger pour découvrir Macao à travers des thématiques et des quartiers moins connus des touristes. Office du Tourisme de Macao, 5 bis rue du Louvre – 75001 Paris tel.01.44.77.88.08

Territoire portugais jusqu’en 1999, Macao est une « région administrative spéciale » de la République populaire de Chine située au sud de la province du Guangdong, au bord de la rivière des Perles. Les langues officielles sont le portugais et le chinois, le cantonnais est le plus couramment parlé. Meilleure saison pour s’y rendre : novembre et décembre. Aucun visa n’est requis pour les citoyens français. Passeport valide encore un mois après le début du séjour.

Y aller

Avec Cathay Pacific (Via Hong Kong puis 45 m de ferry). Pour se rendre à Macao utilisez notre comparateur de vols.

Bonnes adresses

  • Royal hôtel (4*)  dans le centre du vieux Macao.
  • Grand Coloane, un bel hôtel et une excellente table dans le cadre reposant de l’île de Coloane.
  • Sky21, pour prendre un verre sur l’une des plus belles terrasses de Macao et ensuite dîner –c’est une bonne table- dans un cadre design.
  • A Petisquera, restaurant traditionnel portugais et macanais, rua S.Joao n°15, ilha de Taipa. Tel. 2882 5354.
  • Restaurante Litoral, excellente cuisine macanaise et portugaise dans un bâtiment historique devenu un endroit branché
  • Lua Azul, restaurant de cuisine fusion au 3ème étage du Macao Tower entertainment centre. Tel. 853 2896 2826.
  • Va Lun, un détaillant en thés, très bien fourni, 108 rua 5 De Outubro.

 

 

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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

1 commentaire au sujet de « Macao à la confluence des cultures portugaise et chinoise »

  1. Bel article, Bernard! 🙂

    J’étais à Hong-Kong cet été et j’ai finalement laisser tomber l’idée d’aller à Macau tellement il y avait de choses à faire/voir sur HK. Maintenant je regrette un peu d’avoir manquer l’opportunité! Je rajoute donc Macau à la liste pour la prochaine fois!

    😉

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