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Festival de Ghat : l’apothéose touarègue

Disséminés au cœur du vaste Sahara Central, les touarègues convergent vers Ghat, en Libye, pour célébrer cette fin d’année. Là, tout près de la frontière algérienne, une fête d’art et de traditions populaires, baptisée par les habitants « festival de l’Akakus », donne lieu à mille et unes parades, danses et démonstrations de savoirs-faire. Longtemps découragé par la fameuse « Révolution Verte » de Kadhafi, le festival de Ghat a su renouer avec ses racines en profitant de la récente ouverture du pays au tourisme.

Au carrefour des pistes caravanières du Grand Sud, peuplée par des vagues successives de sédentarisation, la ville touarègue de Ghat s’éveille annuellement au son des tambourins (tindé), des trompettes, des flûtes et des piaillements d’excitation des enfants. Chacun revêt ses habits de fête et vient grossir les rangs d’une population qui apparaît alors dans un somptueux camaïeu de tissus bleus, verts et jaunes soyeux, ornés de paillettes et de bijoux en argent. A peu près à la même période, la Sebiba, une autre fête touarègue vient également gonflr la population de la ville de Djanet de l’autre côté de la frontière.

Au cœur de la casbah sur laquelle veille un petit minaret, les ruelles en pente mènent à des cours intérieures où sont reconstitués des tableaux vivants de la culture touarègue : rassemblement familial autour de la circoncision d’un jeune enfant, mariage rituel… D’autres venelles aboutissent à des patios proposant cérémonie du thé, tatouage au henné ou ateliers d’artisanat. Il faut s’extirper du dédale des maisonnettes en banco pour retrouver l’esplanade animée du festival, entre boutiques d’objets en cuir, d’instruments de musiques, de bijoux et village de huttes dressées pour l’occasion où les femmes pilent les fruits secs.

Nul besoin de dynamiser le tourisme en cette période de festival : en témoignent ces caméras de télévision montées sur rails, cet hélicoptère qui virevolte à la recherche de cadrages et cette foule massée devant l’estrade où se succèdent les groupes… Un déploiement de grands moyens qui contraste quelque peu avec la solennité originelle de certains évènements tels que la course finale de dromadaires. Face au Djebel Idinen, baptisée « Caverne des génies », les cavaliers se drapent dans leur chèche de cérémonie ou tagelmoust  tandis que les montures, superbement parées de selles et brides argentées, se préparent à parcourir à toute allure plus de 30 kilomètres dans le sable. A l’arrivée, les animaux entament un ballet hypnotique autour d’un groupe de femmes chantant, martelant des jerricans d’essence et lançant des youyous de joie sous le soleil de midi.

En s’éloignant du festival, où la dernière soirée bat son plein, les dunes de sable reprennent le dessus. Enveloppant le bivouac d’une fraîcheur nocturne rassurante. Seule la rumeur de la fête vient contrebalancer le silence du désert… celui où le touareg survit, depuis des générations et dont il sait tirer l’essentiel.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Informations pratiques

  • Y aller

Air France ou Lufthansa : vols AR Paris-Tripoli, (via Frankfort pour Lufthansa). Ghat est géographiquement plus près de Djanet (Algérie) que de Tripoli, mais la frontière entre les deux pays est rarement ouverte ! Vol intérieur Tripoli/Sebha puis route de liaison (goudronnée). À Ghat, il est facile de se déplacer à pied.

  • Achats

Pochettes de cuir, épées, bijoux en argent ou en perles, poteries, etc. sont vendus au cœur du « village des artisans » du festival. Prix à négocier.

  • Avec qui partir ?

Ce reportage a été réalisé avec Atalante, qui organise un circuit de 9 jours « Festival de Ghat » / www.atalante.fr

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