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Arches perdues et peintures rupestres de l’Ennedi

Peintures rupestres de Manda Guéli et de Terkeï

A quelques kilomètres de la guelta d’Archeï, la grotte perchée de Manda Guéli abrite des peintures rupestres bien conservées de la période cameline. Des dromadaires en mouvement, blancs ou bruns, montés par des hommes décorent les murs. C’est le style de Gribi pour les peintures les plus mobiles (personnages à tête en forme de bâtonnet, avec ou sans chèche) et on parle de style Keymena pour les sujets les plus statiques (personnages à tête ronde). A la même époque (1er millénaire de notre ère), les peintures du Sahara central n’ont pas cette finesse d’exécution.

Des bovins viennent compléter les peintures.

Peintures rupestres de Manda Guéli

Plus au sud, les peintures de Terkeï sont réputées pour ses cavaliers bien conservés. On estime la date des peintures de 2000 à 500 avant J.C. Contrairement aux autres fresques du Sahara, dans l’Ennedi, la période cameline et caballine se juxtaposent. Le site est composé de plusieurs abris.

Sur la photo ci-dessous, on est face à de grandes fresques de cavaliers au galop. Gérard Bailloud les a daté du camelin ancien et a appelé la grotte de la cavalerie rouge de Terkeï-Bowdé III.

Dans l’une des grottes, on peut observer une vache géante d’1m70 de large sur 1 m de haut. Je n’en n’avais jamais vu d’aussi grande. Ces peintures attestent que dans un passé pas si lointain, l’Ennedi était une terre plus tempérée, moins hostile à la vie.

Si els peintures rupestres vous intéressent, avant de partir, procurez-vous l’ouvrage de Gérard Bailloud Art rupestre en Ennedi. C’est la référence sur le sujet.

Peintures rupestres de Terkeï

Arche de Djoula

Elle se dessine au loin dans le paysage. Toute féminine en forme de lyre. On pourrait presque entendre les notes pincées sous l’effet du vent qui s’engouffre sous l’arc.
Il ne nous a pas fallu longtemps pour demander aux 4×4 de s’arrêter et de rejoindre le pied de l’arche de Djoula en marchant. Sur la fin, il faut poser un peu les mains sur les rochers. Sentiments de liberté dans ce paysage minéral immense. La plaine de Djoula s’étend à perte de vue. 4×4 et acacias sont minuscules dans ce décor de western.

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Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage.

Arche de Djoula

Arche d’Aloba et rencontre « Je t’aime moi non plus » avec les Toubou

Tout aussi esthétique que Djoula, l’arche d’Aloba s’illumine le soir dans un éclat de lumière rougeâtre. C’est l’une des plus grandes arches du monde avec une ouverture estimée de 120m de haut et 77m de large. Assis face à l’arche, je fais l’humble expérience du silence et du vide.

Arche d'Aloba

Autre moment, autre ambiance. Le matin, la lumière est différente. Pas aussi chatoyante que la veille. Nous partons en randonnée vers les dunes qui s’engouffrent au loin entre les rochers. Avant de partir, Ali, un jeune Toubou, a le regard scotché à l’appareil photo. Il meure d’envie de prendre des clichés. Je lui laisse l’appareil entre les mains. Il prend quelques photographies, dérègle une bonne partie de mes raccourcis en touchant à tous les boutons. Nous rions beaucoup. Nous partons vers son village situé à quelques centaines de mètres de l’arche. Lorsque nous pénétrons dans l’enclos de l’habitat familial, mes compagnons de voyage se font littéralement foutre dehors de la tente par une mamie excitée les menaçant d’une barre de fer. Qu’ont-ils bien pu faire ? Tous avaient pourtant été invités à entrer quelques minutes auparavant. En quelques secondes, l’ambiance a changé. C’est toute la famille qui nous jette dehors (moi compris). Elle nous le fait bien comprendre. Les gamelles volent comme les cailloux et des piles usagées. La mamie est hors d’elle. Alors que nous nous sommes éloignés d’une cinquantaine de mètres, elles continuent à beugler à notre encontre. Visiblement, elle est très en colère. Les enfants derrière elle s’amusent de la situation. Personne ne comprend ce qui a pu la mettre dans un état pareil.

Ali, apprenti photographe

Nous poursuivons la balade jusqu’au dune. Les distances sont trompeuses. Parti sans gourde, le gosier devient vite sec, les lèvres se gercent. La soif est là. Il est temps de revenir à l’arche d’Aloba où nous attendent les 4×4. Sur le chemin, huit enfants du village viennent à notre rencontre. Les mains se serrent. Ils nous accompagnent, tentent de fouiller nos poches, de nous dérober nos montres tout en nous souriant à la face. Les deux plus grands viendront même parader une danse « tribale » devant nous en gesticulant un couteau avec une lame de 15 cm de long. Un jeu ? un défi ? Une menace ? Un peu de tout ça peut-être. La tension est palpable et nous devons faire preuve d’empathie distanciée pour être à la fois proche sans être trop pote avec eux. Ils me font penser à ces ados qui s’emmerdent dans les banlieues et finissent par se créer leur propres règles. Chez les Toubou, c’est bien sûr différent. Société clanique, sans véritable chef comme dans les sociétés tribales touarègues, l’anarchie règne en maître. De là à dire que l’éducation parentale fonctionne sur le même plan, il y a un pas que je ne franchirais pas.

Catherine Baroin dans son ouvrage Les Toubou du Sahara central décrit bien les incompréhensions réciproques entre Toubou et occidentaux. Un peu comme celles que nous avons rencontré lors de ce voyage. Elle explique cela dans les fondements mêmes de nos sociétés. « Nous sommes, pour notre part, nés d’une société étatique aux origines paysannes, ancrés dans un découpage territorial précis et imprégné de morale chrétienne, et nous nous trouvons en face d’une société pastorale acéphale, où la mobilité et l’agression sont des stratégies nécessaires à la survie. On ne saurait être plus différents ».

Après une grosse journée de 4×4 pour le retour sur Faya Largeau, nous apprenons sur place que le vol est repoussé d’un jour. Nous restons une journée dans l’oasis à découvrir le marché et la palmeraie.

Déjà, l’envie de revenir dans l’Ennedi se ressent lorsque l’avion quitte le tarmac de Faya Largeau. C’est décidé. I will come-back !

Fondateur des blogs I-Voyages.net, www.i-trekkings.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo animaliers en Europe, Asie et Afrique.

1 commentaire au sujet de « Arches perdues et peintures rupestres de l’Ennedi »

  1. J’ai beaucoup apprécié ton article et tes splendides photos, tu nous fais revivre pleinement se "fabuleux" voyage, je suis persuadée que tu auras donné l’envie à d’autres personnes d’aller à la rencontre des Toubou et de ces sites magnifiques.

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