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Safari sur les traces du tigre en Inde

 

Pendant huit jours, j’ai été de safari en safari en Inde sur les traces du tigre dans les plus belles réserves animalières : Satpura, Kanha, Bandavgarh et Panna. Dans le Madhya Pradesh, cette région au centre du pays dont s’est inspiré Kipling pour son Livre de la Jungle, j’ai aussi croisé le léopard, l’ours ainsi que toutes sortes d’aigles, perroquets ou antilopes. La liste est longue.

Ours Lippu

© david Raju

Un ours, incroyable ! A peine avons-nous parcouru quelques centaines de mètres dans notre premier parc, Satpura, que voici déjà un ours. A en juger par sa taille, c’est un jeune plantigrade. Qui folâtre dans les hautes herbes. Il gambade un bon moment à quelques mètres seulement du 4×4 sans se soucier de nous. Lorsque l’ours se dresse quelques instants sur ses pattes, il me paraît quand même nettement moins gamin : pas loin d’1,50 m. « Trois ans, sans doute » estime David, le naturaliste qui nous accompagne. Le jour n’est pas encore vraiment levé, pourtant je distingue facilement la grande marque blanche en V sur le poitrail.

Un ours lippu, de son nom savant « melursus ursinus », la seule espèce présente dans la région. Mais tout le monde, y compris les naturalistes, l’appelle tout simplement un… Baloo. Eh oui, comme ce sympathique personnage du « Livre de la Jungle ». Son auteur, Rudyard Kipling, dont Walt Disney s’est inspiré pour son célèbre dessin animé, a vécu quelques années ici dans le Madhya Pradesh, cette région du centre de l’Inde, à la fin du XIXe.

Serpentaire bacha

Durant le safari, des montées d’adrénaline

Transposé dans un autre monde, je vais côtoyer durant huit jours les mêmes animaux, à l’exception de l’éléphant, que Mowgli dans ces quatre parcs nationaux.  A Satpura, le passage dans cet univers me paraît presque initiatique : le seul moyen d’y accéder est en effet la traversée de la très large rivière Denwa. Un trajet en canot à moteur d’à peine une dizaine de minutes, qui suffit à faire la coupure.

De l’autre côté commence l’aventure. Satpura est une réserve de tigres, pourtant son emblème est l’écureuil géant. J’en croise quelques uns dans la journée : avec une quarantaine de cm sans la queue, ils sont vraiment géants ! En revanche, pas de tigre au menu pour moi, ce jour-là.

Peut-être un léopard ? En fin d’après-midi, le cri d’alerte des singes langur –un son rauque venu du fond de la gorge, qui prend aux tripes– retentit, très proche. Différente de celle du tigre, c’est l’alerte au léopard. Ils redoutent particulièrement ce « grand chat » qui vient les traquer jusque dans la cime des arbres. Quelques instants plus tard, le chauffeur du 4×4 identifie des empreintes sur le chemin. Très fraîches. Demi-tour sur les chapeaux de roue. Guidés par les cris des singes, nous essayons plusieurs itinéraires, car il est interdit de quitter les voies carrossables. En vain. Le léopard reste caché, sans doute seulement à quelques pas, dans la végétation de la gorge qui s’ouvre devant nous.

cerf axis kanha

Durant le safari, qui se déroule toujours par demi-journée puisque les parcs sont fermés durant les heures les plus chaudes, il y a ces montées d’adrénaline. Aussi de longs moments de pur bonheur tranquille. Le spectacle est de tous les instants : la beauté des lieux, la majesté des animaux.

Les premiers rayons de soleil qui trouent les brumes dans une clairière où paissent des dizaines et des dizaines de daims –c’est très fréquent– sont particulièrement magiques. Je garde un souvenir émerveillé de ces instants dans le parc suivant, plus à l’est, celui de Kanha. Au fur et à mesure que les heures s’égrènent, les tableaux changent. Le regard perce le feuillage des arbres. Dans le creux d’un tronc se dissimule un otus, un petit-duc.

Plus loin, bien visible sur une branche dénudée, c’est un serpentaire bacha de haute taille qui lance son cri. Souvent par couples, les paons se montrent très dignes alors que dans les branchages au-dessus de leurs têtes se chamaillent les colorées et volubiles perruches alexandrine. Sur un autre arbre, impérial, c’est un aigle huppé. J’en verrais pas mal durant ces safaris.

sur les traces du tigre

Sur les traces du tigre

A la création du parc de Kanha, dans les années 1950, plus d’une trentaine de villages qui se trouvaient sur ces terres ont été délocalisés. D’où les vastes prairies, maintenant abandonnées. Sur l’une d’elles, au lieu des habituelles hardes de daims et de cerfs, j’aperçois quelques chacals. En fait, ils sont plus nombreux que je ne le croyais, pas moins d’une bonne demi-douzaine, à se prélasser au soleil.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Situé dans une région tout aussi splendide, Bandavgarh est presque aussi ancien. Et, auparavant, c’était une réserve de chasse de maharajahs depuis près de deux siècles. Dominé par une montagne tout en longueur et bordée d’une haute falaise, le site en impose. C’est là, enfin, que je peux enfin contempler le tigre. Une première fois de curieuse manière : il fait encore chaud en ce milieu d’après-midi, l’animal est vautré dans les herbes, couché sur le dos. Il étire ses pattes –impressionnantes de force– et c’est à peu près tout ce dont je verrais de lui.

Une ou deux heures plus tard, j’en aperçois un second, immobile, debout sous un arbre, au bord d’une pièce d’eau. Il fait déjà presque nuit, c’est frustrant je ne pourrai pas le prendre en photo. Qu’importe, le moment est inoubliable. L’image reste gravée dans ma mémoire.

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Bhimbetka et Khajurâho, des sites Unesco

Le Madhya Pradesh n’a pas seulement des parcs nationaux à offrir. Cette grande région du centre de l’Inde abrite aussi trois sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Deux d’entre eux se trouve à proximité immédiate de réserves de tigres. Ce serait dommage de ne pas faire un crochet.

Non loin du parc de Satpura, en pleine nature, voici Bhimbetka et ses magnifiques gravures rupestres datant de plusieurs dizaines de milliers d’années. De toutes les tailles, il y a en près de 250. Elles représentent des bisons, des tigres, des éléphants et ont été peintes sous des abris naturels. Un superbe musée à ciel ouvert dans un défilé rocheux, long d’un km, aux chatoyantes couleurs ocres.

Khajurâho, dont le parc de Panna n’est séparé que d’une quarantaine de km, est beaucoup plus connu. C’est même l’un des sites plus visités de tout le pays. Ancienne capitale des rajahs Chandela, il comporte encore 22 des 85 temples édifiés là entre le IXe et XIe s.

Orné de sculptures finement ciselées sur tous les flancs, depuis le bas jusqu’au sommet, chacun d’entre eux est un chef d’œuvre. L’un des temples comporte ainsi plus de 900 sculptures ! Illustrant des positions du Kama Sutra, bon nombre de scènes érotiques sont représentées sur plusieurs édifices. Elles sont particulièrement explicites.

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Deux léopards traversent le chemin

Dernier parc de mon périple, celui de Panna, le plus au nord de l’état. Et l’apothéose, en ce qui me concerne. Large de plusieurs centaines de mètres, la rivière Ken –où paressent quelques crocodiles– le traverse sur une bonne partie et lui donne beaucoup de charme. Non loin du rivage, il y a ce grand cirque rocheux de Dunduga. Une demi-douzaine d’espèces de vautours, dont quatre migrateurs, y nichent. C’est non loin de là que je verrai deux léopards, ensemble. Le premier surgit d’un bosquet et disparaît en un clin d’œil, le second le suit, plus tranquille, sûr de lui.

En d’après-midi, nous apercevons encore un ours Baloo, de belle taille cette fois. Ce qui ne l’empêche pas de grimper à un arbre, qui me paraît bien frêle pour son poids. Mais le Baloo parvient sans difficulté jusqu’au faîte, à cinq ou six mètres, pour se régaler du miel trouvé dans un nid d’abeilles. Baloo : c’est avec lui que tout a commencé et c’est avec lui que se terminent mes safaris.

Leopard © David Raju

© David Raju

Informations pratiques

Incredible India, office de tourisme de l’Inde

Ces safaris ont été réalisés avec l’agence PureQuest Adventures en Inde. PureQuest Adventures est présente sur plusieurs continents. Elle propose du 15 octobre au 30 juin dans le centre de l’Inde des séjours focalisés sur l’observation de la vie animalière dans les réserves de tigres.

PureQuest Adventures a mis sur pied plusieurs formules, et notamment des séjours à la carte tout compris d’une durée de 9 jours/8nuits au départ de Delhi, comprenant voiture avec chauffeur, entrée dans deux parcs nationaux avec à chaque fois au moins deux safaris (avec 4×4 fourni) à partir de 1 090 € par personne sur la base de deux personnes. Le prix est modulable (jusqu’à 3 500 €) en fonction du nombre de parcs visités et de la catégorie d’hôtels choisie.

Pour y aller : l’aéroport d’arrivée le plus commode est Delhi. Trouvez votre vol en utilisant notre comparateur.

Un guide : Lonely Planet Inde du Nord (existe en numérique), 28 €.

Bonnes Adresses

  • Lodge Denwa, près du parc de Satpura
  • Lodge Singinnawa, près du parc de Kanha.
  • Safari Lodge Samode, un Relais&Châteaux, près du parc de Bandavgarh.
  • Lodge The Sarai at Toria, près du parc de Panna
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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

2 commentaires au sujet de “Safari sur les traces du tigre en Inde”

  1. merci, vous m’avez fait rêver 🙂
    après les gorilles au Rwanda, j’ai décidé de ne faire que des voyages axés sur l’observation animale.
    c’est si exaltant, si intense, plein de suspens et boulversant lorsque nos regards se croisent.
    j’espère pouvoir venir en Inde dans les prochaines années…

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