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Sud ouest de l’Irlande à pied

Terre de légendes, de pluies et de vents, de pubs chaleureux et d’une Histoire douloureuse faites de famines, d’exils et de combats, l’Irlande est un pays accueillant. Les gens y sont d’une extrême gentillesse et ce n’est pas un artifice. Les irlandais ayant souffert de nombreux siècles semblent profiter au mieux de la vie.

L’île est partagée entre la république d’Irlande (Eire) et l’Irlande du Nord qui fait partie de la Grande-Bretagne.

C’est dans le Kerry, un des 26 comtés de la république d’Irlande, dans le sud ouest de l’île qu’un petit groupe de français part découvrir les îles et presqu’îles de l’île verte. Randonnée le jour et pub le soir !

Récit de cette randonnée effectuée avec Allibert Trekking

Péninsule d’Iveragh

Portmagee

Portmagee est un petit port paisible du bout de la péninsule d’Iveragh, à un jet de pierre de Valentia Island. Il tire son nom d’un des contrebandiers les plus notoires du 18ème siècle, le capitaine Theobald Magee. Après avoir servi dans l’armée du Roi comme officier, Magee s’est attaché à une vie de contrebande de spiritueux, textile, thé et tabac entre la France, le Portugal et l’Irlande.

Portmagee

Le soir, les habitants se retrouvent au pub. Deux tiennent la jetée : Le Fishermann’s bar à l’atmosphère feutrée et le Moorings où certains soirs les gens du coin se retrouvent pour un moment d’Irish Dance. A faire tous les deux pour leur charme spécifique…

Souvent décrit comme pittoresque et somnolent, le village aux maisons colorées, enfouis dans une baie somptueuse, est le point de départ pour les îles Skellig et Valentia Island.

coucher de soleil sur Portmagee
Daimler lors du rallye automobile du Ring of Kerry

Où dormir Où manger ?

  • Dîner au Moorings Restaurant, Portmagee, Co. Kerry – tél . + 353 (0) 66 947 7108 www.moorings.ie : Carte variée. Excellent poisson et pièces d’agneaux.
  • Nuit  en auberge de jeunesse : Portmagee Hostel, Doory, Portmagee, Co. Kerry – tél. + 353 (0) 66 948 0018  www.portmageehostel.com : Auberge tenue avec beaucoup de soin et de gentilesse par Lucy McNally. Chambre à partir de 2 personnes.

Valentia Island

L’île de Valentia est située au large de la pointe nord-ouest de la péninsule d’Iveragh. Elle est reliée à la péninsule par un pont à Portmagee, mais on peut aussi la rejoindre en bac traversant entre le Point Renard sur le continent et Knightstown sur l’île.
Valentia ne fut pas baptisée ainsi par les Espagnols : c’est l’anglicisation du nom irlandais Oilean-Bheil-Inse (île de la ville du plan d’eau) qui en est à l’origine.

Ile Valentia - port de Knightstown

Des traces de vie humaine datant du Mésolithique ont été retrouvées dans la tourbe ainsi que des traces d’un Tétrapode de près de 400 millions d’années dans l’ardoise. Plus près de notre époque, l’activité humaine fut caractérisée par une importante carrière d’ardoise. C’est également à Valentia que la première ligne téléphérique transatlantique fut établie le 14 juillet 1865 avec Terre Neuve. Le premier message envoyé fut celui de la reine Victoria au Président Américain : « Glory to God in the highest, on earth peace, good will to men ».

L’île est à découvrir à pied. La montée au Geokau (256 m), point culminant de l’île, à travers la lande et la tourbe, permet d’avoir une vue panoramique exceptionnelle sur les péninsules d’Iveragh et de Dingle. Les moutons paissent paisiblement le regard jeté sur l’horizon ; les jeunes sont encore, en ce mois de mai, accrochés aux mamelles de leur mère. A l’extrémité ouest de l’île, l’ascension facile du Foiltagarriff (239 m) associée à la pointe de Bray ponctuent la journée de randonnée par un paysage de toute beauté sur le canal de Portmagee et les îles Skellig.

Ile Valentia

Le soir, nous retourneront sur l’île, à Knightstown, petit port à l’extrême est de l’île. Ce petit bout de l’île, à l’abri du vent, plus cossu que Portmagee, est un havre de paix aux allures angéliques.

Où dormir Où manger ?

  • Dîner au Fuchsia Restaurant, Valentia Island, Co. Kerry – tél. + 353 (0) 66 947 6051 : Cuisine gastronomique succulente.
  • Valentia Island : http://www.royalpiervalentia.com/ – ou à Portmagee tout proche :  www.portmageehostel.com : Auberge tenue avec beaucoup de soin et de gentilesse par Lucy McNally. Chambre à partir de 2 personnes.

Killorglin

Sur la route pour rejoindre la péninsule de Dingle, nous passons à Killorglin où chaque année au mois d’août les habitants fêtent le Puck fair en hommage à Daniel O’Connell, personnage historique important pour l’émancipation des catholiques en Irlande.
En 1808, Daniel O’Connell, futur libérateur des catholiques, alors jeune avocat complètement inconnu, a à défendre le landlord local, Harman Blennerhasset. Celui-ci est privé par le vice-roi d’Irlande du droit de lever des impôts sur la vente des bêtes à la foire de Killorglin. O’Connel réussit à démontrer juridiquement que les chèvres ne sont pas comprises dans le document d’interdiction. Une foire aux chèvres peut alors se tenir et un bouc est exhibé sur une estrade pour en souligner le caractère exclusif (Source : Wikipedia)

Les îles Skellig

Au sommet de Skellig Michael, à 218 mètres au-dessus de la mer, se trouvent des cellules de moines en pierres sèches datant du VIeme siècle. Non loin de là, la petite Skellig abrite la 2eme colonie de fous de Bassan au monde.

Selon la météo, on rejoint les îles en ancien bateau de pêche depuis Portmagee. Il n’existe pas de port sur les Skelligs, juste une jetée sur Michael où la grande houle de l’Atlantique ne permet pas de s’amarrer, même par beau temps. De ce fait, le site qui accueille un petit nombre de touristes et seulement quelques jours par an est resté quasiment intact depuis des siècles.

Ciel bleu le premier jour mais sortie en mer annulée en raison d’une houle trop forte. Ciel couvert et léger vent d’ouest le second jour. Alors que nous pensions faire une croix sur la visite des Skellig, le capitaine confirme le départ.

Skellig Michael

Skellig Michael

Skellig Michael est, avec Little Skellig, l’une des deux îles qui compose l’archipel des Skellig. Elle fut classée patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998.

Montée de l'escalier de Skellig Michael
Sur Skellig Michael se trouve à 218 mètres au dessus de la mer l’un des plus anciens monastères celtes. Il fut construit par les premiers chrétiens irlandais en 600 après Jésus-Christ. Il contient 6 cellules de pierre sèche en forme de hutte (les clocháin). Les moines ont dû subir de nombreuses attaques vikings au 9eme siècle. En 1000, une église est construite et étendue cent années plus tard.
Relevés régulièrement par des bateaux venus de la grande île, les moines ont entretenu ce sanctuaire pendant plus de cinq siècles. Devenu un lieu de pèlerinage vers l’an 1200, la communauté de Skellig a disparu au profit de moines catholiques de l’abbaye continentale de Ballinskelligs qui organisaient, quand le temps le permettait, des passages depuis la terre (île de Valentia ou Portmagee).

Aujourd’hui, comme ces moines en pèlerinage, on accoste sur les rochers escarpés de l’île, et on grimpe jusqu’au sommet par un escalier de 600 marches taillées dans la pente.

Ressources pour voyager

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Le site de ce monastère est résolument spectaculaire et bouleversant. On imagine aisément la solitude et les raisons qui ont pu pousser les moines à venir en retraite sur l’île.

Sur les falaises escarpées de l’île, on peut observer facilement des colonies d’oiseaux marins : pingouins torda, macareux moine, guillemots de Troîl, mouettes tridactyles et goélands.

Guillemots de Troïl et Pinguoins Torda sur Skellig Michael
Mouettes tridactyles sur Skellig Michael

Petite Skellig

Sur le trajet du retour vers Portmagee, le bateau longe la petite Skellig qui abrite la 2eme colonie de fous de Bassan au monde (23 000 couples).

Ce bel oiseau au plumage blanc et à la tête jaune pâle pendant la période de reproduction est un gros oiseau de mer de la famille des Sulidés.

Observation quelques instants. Il ne faut pas traîner. La houle s’est démultipliée depuis notre accostage sur Skellig Michael. On enfile pantalon et veste ciré pour ne pas revenir trempés.

Fou de bassan en vol - Petite Skellig

Péninsule de Dingle

Dingle

Dingle (en irlandais : An Daingean ou Daingean Uí Chúis) est un port situé au pied du Ballysitteragh (623 m). Jadis centre commercial important dans ses échanges avec l’Espagne, la ville est aujourd’hui un centre touristique animé et cosmopolite. Elle compte de nombreux pubs, cafés et restaurants où il est possible d’écouter de la musique irlandaise.

Dingle se situe en secteur Gaeltacht, région où l’on parle le gaélique, même si le nombre de pratiquant est en baisse constante.

Pub

Le soir, une activité s’impose : la tournée des pubs. Dingle en compte une soixantaine. Vous pourrez y découvrir des pubs authentiques, lieu d’échange et de dégustation. L’Irlande compte quatre principales bières à découvrir absolument :

  • la Guiness, une brune presque noire surmontée d’une mousse couleur crème,
  • la Beamish, autre bière brune irlandaise, plus douce que la Guiness,
  • la Murphy, autre grande brune au goût assez proche de la Beamish,
  • la Smithwick’s est une bière rousse douce en bouche.

Port de Dingle

L’immersion avec les irlandais est totale. Chacun s’accoste, échange quelques mots, se sourie. Accoudés aux comptoirs ou assis à une table, nous participons à la fonction sociale du pub : expier pour ne pas refouler, s’esclaffer ou s’indigner devant le monde et en refaire une partie. De ces petits riens naissent des tous… ou rien ; si ce n’est le sentiment d’être là, bien vivant et heureux d’être à Dingle.

Comptoir de pub

Où dormir Où manger ?

  • Dîner à The Chart House, The Mall, Dingle, Co. Kerry –tél. + 353 (0) 66 915 2255 www.charthousedingle.com : Des plats tous plus succulents que les autres
  • Nuit Chez l’habitant (b&b) : An Capall Dubh, Green Street, Dingle, Co. Kerry, Tél. + 353 (0) 66 915 1105 – www.ancapalldubh.com. B&b en plein centre de Dingle tenu avec beaucoup de soin. Propreté impeccable. Chambre de 1, 2 et 3 personnes.

Mont Brandon

Pied du Mont Brandon
Le Mont Brandon est par l’altitude le second massif d’Irlande (952 m). Son nom provient de Saint Brendan, moine navigateur au VIeme siècle, qui y médita avant de s’embarquer en Curragh, bateau traditionnel des côtes ouest de l’Irlande, pour une quête de sept ans à la recherche du jardin d’Eden dans la tradition celte de l’immram.Il s’aventura sur l’océan Atlantique avec 14 autres moines et semble selon son témoignage être le premier à avoir découvert, bien avant les Vikings, Islande, Groënland et Amérique ! Un petit oratoire de pierres lui est dédié au sommet.

Au pied du mont, la « Brandon creek » est le lieu d’où s’embarqua en 1976, sur un « curragh » en cuir de bœuf, le navigateur Tim Severin et ses 3 compagnons. Ils atteignirent 13 mois plus tard les côtes du Labrador, réactualisant ainsi l’extraordinaire exploit accompli par Brendan et ses moines quelque 14 siècles plus tôt !

On trouve sur les flancs de la montagne les plus beaux itinéraires pédestres de l’île avec une ambiance rocailleuse à l’est et plus douce à l’ouest.

Les îles Blasket

Arrivée sur great blasket Island
Les six îles de l’archipel sont :

  • Great Blasket Island
  • Beginish
  • Inishnabro
  • Inishvickillane
  • Inishtooskert
  • Tearaght

On accède à Great Blasket Island par la rade de Dunquin à l’extrémité sud ouest de la péninsule de Dingle. On monte dans un bateau qui conduit les visiteurs au pied du « deserted village ». Par mauvais temps, la passe de Blasket Sound est alors extrêmement dangereuse. Une petite colonie de phoques accueille les bateaux à leur arrivée.

L’île fut habitée par une population de langue gaélique à partir du milieu du XVIIIeme siècle jusqu’au 17 novembre 1953 date à laquelle le gouvernement irlandais ordonna l’évacuation de l’île principale pour soustraire les 22 derniers habitants dont l’Etat jugeait la vie trop pénible.

Great Blasket Island

Ils vivaient d’élevage (vaches dans un premier temps puis moutons), d’agricultures domestiques (avoine, pomme de terre, choux, rutabaga, carotte), de pêche et de chasse (phoque). Le mouton prit de plus en plus d’importance dans l’île au point qu’un dicton en est né : « un mouton pour la laine, un deuxième pour la viande et un troisième pour le marché ».

Contrairement à la Grande île, les capacités des villageois à améliorer leur nourriture avec des produits de la mer les ont probablement aidé à atténuer les effets de la Grande Famine qui a sévit dans les années 1845-1848, période pendant laquelle un million d’hommes, de femmes et d’enfants moururent en Irlande.

Le plus étonnant au sujet de l’île concerne la production importante d’écrivains proportionnellement au nombre d’habitants qui n’excédèrent jamais 160 villageaois. Sans doute avait-il le temps pour écrire et l’envie de partager leur vie. De nombreux ouvrages ont contribué à inscrire la vie quotidienne des îles Blasket dans l’histoire. Parmi les livres, citons L’homme des îles (An tOileánach (The Islandman)) de Tomas O’Crohan, Vingt ans de jeunesse (Fiche Blian ag Fás (Twenty Years a Growing)) de Maurice O’sullivan, L’île de l’ouest de Robin Flower ou encore Peig de Peig Sayers. A leurs lectures, on se rend compte des conditions difficiles sur les îles Blasket mais aussi la joie qu’ils ont tous eu à y vivre.

Phoque à l'arrivée du bateau
Great Blasket Island

« Les habitants de l’île racontent l’histoire… de la femme qui n’avait jamais quitté sa demeure et qui, lors de sa première sortie dans le grand monde, en arrivant au sommet de la montagne et en apercevant le paysage qui s’étendait devant elle, s’écria : « Comme l’Irlande est vaste et fatigante ! ». Alors effrayée par l’immensité du monde qui s’était révélé à elle, elle repartit pour toujours vers son île douillette et familière » (Robin Flower – The Wester island).

Tout est dit !

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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