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Raumabanen & Trollstigen

8 août – Raumabanen

 

Un voyage épuisant en train avec un compagnon brésilien qui a fait le tour du monde et tient un blog plein d’anecdotes sur ses voyages. Son Nikon observe à sa place et il compte sur son IPAD pour la culture. Un circuit boulimique le mènera de la Norvège à l’Islande, en passant par l’Estonie et la Russie. Ouf. Ce que j’ai mis des années à faire sera bouclé en trois semaines. Je peux ajouter qu’il tient à jour une carte où les pays visités sont en couleur – déjà 110 je crois. Tel un collectionneur de papillons il épingle un pays entier dès que ses pas l’ont foulé. Je ne sais quel atavisme ou déformation professionnelle l’incline à voir le monde comme un échiquier, les pays comme des proies, les gens comme du bétail curieux, la beauté comme une prostituée.


 

Andalsnes

Andalsnes est une petite ville industrielle située à l’embouchure de la rivière Rauma que nous avons suivie en train. Il fait un temps pour la peinture chinoise, les vaguelettes se poussent doucement, les peupliers frissonnent, mais je peux sortir avec un pull, et à l’horizon là-bas, je vois les neiges éternelles.

 

9 Août – Trollstigen

Un voyage impressionnant vers le massif montagneux le plus élevé de Norvège.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Par une matinée brumeuse, j’ai parcouru un morceau de route en lacet en distinguant à peine une vague blancheur mouvante, tentant en vain de saisir l’essence mystérieuse des silhouettes aperçues.

Les cascades dévalent des pentes abruptes presque à la verticale. Proche des sources, il y a des installations hydroélectriques. Les visiteurs aiment laisser de petits monuments de pierre.

Au dernier moment, alors que nous étions prêts à partir le temps s’est levé. En quelques minutes la montagne altière se révélait en pleine lumière. De légers pans de brume d’un gris très doux entouraient les sommets, le granit terne prenait des couleurs, et des plaques miroitaient au soleil d’un éclat métallique.

Les lacets du Trollsvege serpentaient jusqu’au fond de la vallée, les cascades se changeaient en torrents, les torrents en rivières.

 

Une suite de métamorphoses très rapides, quelques instants fragiles. Je pense à la façon dont Virginia Woolf essaye de rendre ce rythme si particulier des apparences et aussi à ces contes où la princesse porte une « robe aux couleurs du temps ».

Du haut du versant abrupt du Trollstigen des « base jumpers » se jettent encore, bien que ces pratiques soient interdites. Je ne crois pas que ce soit par goût de l’héroïsme, ce qui est recherché c’est l’exploit, la compétition, les sensations du corps faute de tout le reste.

Bien que les installations touristiques essayent de nous le faire oublier, cette nature est fondamentalement hostile. Dans les légendes nordiques, les montagnes abritent des géants congelés et des Trolls plutôt revêches, transformés bien entendu en grotesques pantins inoffensifs. Kittelsen a illustrés de nombreux contes recueillis par Asbjornsen et Moe aussi célèbres ici que les frères Grimm.

 

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Je suis écrivain et slameuse. Mon dernier CD "en guise de passeport" est sur le thème des voyages. http://www.jamendo.com/album/131986 Rédactrice de carnets de route pour I-Voyages.

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