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Randonnée dans les villages Khamou

Hier, nous avons rejoint Pak Beng par la route n°1 puis n°2 depuis Nong Khiaw. C’est un joli bourg champêtre au confluent du Mékong et de la Nam Beng. Littéralement Pak Beng signifie « embouchure de la Beng ».
Le tourisme est y très présent car c’est un arrêt obligatoire pour les voyageurs navigant sur le Mékong entre Huai Xai à la frontière Thaïlandaise et Luang Brabang, la perle du Laos.
Ici comme depuis notre entrée dans le pays : de l’électricité de 18h00 à 22h00, pas de réseau GMS et encore moins de cybercafé.

Ce matin, nous remontons à pied une piste qui longe dans un premier temps le Mékong et le quitte pour entrer dans l’intérieur des terres. La construction d’une route est en projet pour désenclaver les habitants et offrir une solution alternative au fleuve.

Après une petite heure de marche, nous entrons dans le village Khamou de Houay Séng Kham. Les Khamou appartiennent au groupe ethnique des Lao Thoeng (Lao des plateaux) apparentés aux Austro-asiatiques. Au Laos, on les retrouve dans les montagnes de moyenne altitude du nord et du sud. Les Khamou ont un niveau de vie nettement inférieur aux trois autres groupes ethniques du Laos1, ce qui leur vaut de temps en temps le surnom péjoratif de Kháa, signifiant « serviteur ». Les Lao n’hésitent pas à les faire travailler. De la main d’œuvre pas chère…

Dans le village, peu de gens sont dehors. La plupart sont à l’ombre sous leur maison en pilotis ou à l’intérieur de leur habitation. Le contact n’est pas facile avec les adultes. Ils sont distants et ne répondent pas tous à notre sabadi2. L’accueil est moins spontané que dans les ethnies du nord Vietnam.
Une famille nous autorise à entrer chez elle. Le chef de famille taille du bambou qui servira à confectionner des objets tressés. Dans les maisons Khamou, il est encore d’usage de trouver au dessus de l’autel des crânes d’animaux domestiques sacrifiés pour les anciens.

Un peu plus loin, rencontre avec une vieille dame qui fume ce qui ressemble à un gros pétard, les seins à l’air et le bras droit appuyé sur un morceau de bambou. Elle ne se reconnaît pas quand je lui montre la photo. Un enfant doit intervenir et lui dire que c’est elle sur l’image qui apparaît sur l’écran de l’appareil photo. Elle sourit de surprise dans un premier temps puis ne se trouve pas assez belle. Partout dans le monde, les femmes restent coquettes quelque soit le degré de misère.
A la sortie du village, nous passons par l’école. 5 classes et 150 enfants. C’est la récréation, les enfants sont dans la cours. Lorsque les instituteurs sonnent l’heure du retour en classe, la cours se vide dans le calme et chaque enfant retourne s’asseoir sur sa chaise. Il n’est pas rare que six enfants partagent la même table.

Nous reprenons la marche au milieu de cette végétation tropicale : bananiers, cocotiers, palissandres d’Asie, acajous ou bambous. La chaleur moite est suffocante. Avant même le moindre effort, les ports dégueulent tout surplus de graisse. Le corps transpire à grosse goûte…

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Les premières maisons du village Khamou de Mok Souk sont en vue. Les premiers groupes d’enfants nous accueillent d’un sourire craintif. Si nous les regardons avec trop de persistance, ils s’enfuient en courant. Le village comprend 229 habitants pour 30 maisons. Chaque famille a au minimum 4 enfants. L’instituteur du village nous invite spontanément à venir chez lui. C’est un jeune volontaire de Pak Beng qui est là pour un an. Il n’est pas payé ; en contrepartie, les villageois lui ont construit sa maison et le nourricent.

Au cœur du village, tout le monde semble réuni sous les maisons en pilotis. Personne dans les champs. Ce n’est pas encore le temps de la moisson. La chaleur est écrasante. De nombreux hommes et enfants sont torse-nus ; certains même entièrement nus. La nudité ne semble pas les déranger. Ils ont dans leur yeux cette part de naïveté que les peuples dits civilisés ont perdu. Ils vivent au jour le jour dans l’instant présent. La notion de projet est encore absente de leur vie. Jusque quand ?

Bouleversé par ces rencontres et les interrogations qu’elles suscitent sur nos sociétés, je rentre sur Pak Beng l’esprit chamboulé. Tout le monde ne semble pas se poser autant de questions.


1 On distingue quatre groupes ethniques au Laos : Lao Loum (le plus important), Lao Thaï, Lao Thoeng et Lao Soung
2 Bonjour en laotien


Voyage réalisé avec Club Aventure, spécialiste des randonnées et voyages d’aventures à travers le monde

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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