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Raid en motoneige dans les Laurentides

Mon rêve se réalise : de la motoneige au Québec ! Trois jours durant, j’ai fait de la motoneige dans les Laurentides, sans doute la région la plus variée de la «Belle Province ». Je me suis régalé de grands espaces inhabités, forêts et montagnes enneigées, lacs gelés. Un road trip d’un genre particulier, souvent dans des contrées très sauvages et toujours dans une nature exceptionnelle.

Au bord du lac Baskatong, un grand lac -gelé, bien entendu, et recouvert de neige- de plus de 410 km², ma motoneige attend sagement devant le confortable chalet où j’ai passé la nuit. En ce début de matinée, tel un cow-boy qui prépare sa monture, j’installe mon bagage, en l’occurrence un grand sac étanche d’un rouge vif, à l’arrière et l’arrime avec les sangles élastiques.

Car je me fais l’effet d’un de ces personnages de western qui s’apprête à une longue chevauchée dans des régions isolées. C’est le cas en quelque sorte, dans une version hivernale et très, très moderne : un raid à motoneige dans les Laurentides, l’une des régions aux paysages les plus variés du Québec.

Je vais enfourcher une lourde machine, une motoneige flambant neuve capable des 200 km/h en vitesse de pointe. En ce qui me concerne, il ne sera pas question d’une vitesse aussi élevée, même de loin. Le métier entre vite, mais quand même pas à ce point ! Aujourd’hui, c’est mon troisième jour d’un beau raid à motoneige dans les Laurentides. Le dernier aussi. Et je vais en savourer chaque minute. Déjà, je sais que je vais regretter de ne pas pouvoir continuer car ce raid à motoneige dans les Laurentides est un régal de chaque instant.

 

Dès le début du raid à motoneige, je vois des cerfs à quelques mètres

Flash back. Mes trois jours de raid à motoneige dans les Laurentides commencent à La Macaza, une bourgade pas bien importante et pourtant dotée d’un petit aéroport, située à un peu plus de deux heures de route au nord de Montréal. C’est d’ailleurs en longeant l’unique piste de cette ancienne base nucléaire de l’armée américaine que je fais mes débuts à motoneige.

Les choses se passent plutôt bien. Il est vrai que notre petit convoi n’avance pas très vite. Le maître mot est sécurité. Bruno, notre guide, n’a de cesse de le répéter. D’ailleurs, les machines ont été mises en mode « éco » et non pas « standard » ou « sport ». Cela réduit l’arrivée d’essence et du coup bride la puissance. Ainsi, pas d’accélération intempestive et incontrôlée.

La Macaza n’est qu’un village : quelques minutes plus tard, me voici déjà en pleine nature. Des forêts de boulots, d’érables et de pins. Des vallons à perte de vue, sans plus aucune habitation. Nous sommes aux confins du parc national du Mont-Tremblant, dans les Hautes Laurentides. Un parc gigantesque, l’un des plus grands avec 1 500 km² et plus de 4 00 lacs. Puis, on longe la réserve faunique Rouge-Matawin.

D’ailleurs, des animaux, il ne me faut pas longtemps pour en admirer. Ce sont des cerfs de Virginie, il y en a tant et plus par ici. Et pas farouches : s’ils ne se laissent pas approcher, les cerfs prennent la pose à une dizaine de mètres seulement. De temps en temps, un écureuil traverse le sentier devant nous. Je n’aurai pas la chance d’admirer un lynx, comme a pu le faire notre guide à plusieurs reprises. Pour cela, il faut comme lui, « bouffer » chaque hiver quelques milliers de km sur les sentiers. Car il y a pas mal de ces magnifiques félins dans la région. Lorsque la neige est haute, ils préfèrent emprunter les chemins de motoneige qui, eux, sont dégagés : leur progression y est moins pénible. Mais la probabilité d’en apercevoir reste tout de même infime.

Pour autant, ici tout m’émerveille. Les sentiers qui serpentent à travers les bois, les paysages. A midi, plutôt que de s’arrêter dans un restaurant, nous préférons pique-niquer en pleine nature. Le coin choisi est superbe : devant les chutes du lac de Curières. Une partie des eaux du torrent est prise dans la glace, formant des motifs étonnants, l’autre dévale de plusieurs mètres de haut. Et tout cela sous un soleil encourageant. Puis, dans l’après-midi, nous revenons dans les environs de la case départ, près de La Macaza.

Plus de 4 000 km de sentiers de motoneige dans les Laurentides

La motoneige au Québec en général et dans la région des Laurentides est une organisation bien rodée. Vaut mieux : le Québec compte en effet plus de 23 000 km de sentiers de motoneige, la région des Laurentides plus de 4 000 km !

Lorsque deux groupes de motoneigistes se croisent, chaque pilote salue les autres. Le premier -la progression se fait toujours en file indienne et en tenant, autant que possible, sa droite- indique de la main combien de motos compte le groupe. Et le dernier lève un poing serré pour indiquer qu’il est le dernier, donc que la voie est libre derrière lui. Voici pour les règles de savoir-vivre.

Les sentiers sont tous systématiquement déneigés et entretenus, en fonction de leur priorité. Ils sont classés en différentes catégories -Trans-Québec, régionaux, locaux…- tout comme le sont les routes normales. Et, tout comme pour les routes, existent les indications de direction, de distance, le fléchage des itinéraires, les cartes…

Un petit monde en soi, avec ses codes et ses règles, qui fonctionne plutôt bien.

Petit détail : pour piloter une motoneige, il faut avoir 18 ans révolus et être titulaire d’un permis de conduire… auto.

Les mignonnes gares du P’tit train du nord

Le lendemain matin, après cette séance de mise en selle, vient le véritable départ de notre raid à motoneige dans les Laurentides. Assez rapidement, nous nous retrouvons sur la piste du « P tit train du nord ». En été, c’est une piste cyclable, la plus longue du Québec avec ses 230 km, aménagée sur une ancienne ligne ferroviaire. Celle-ci avait servi à coloniser ces régions septentrionales et toutes les petites villes se sont construites sur son tracé. En hiver, la piste du « P’tit train » devient pour partie, au sud de Mont Tremblant, le terrain de jeu des amateurs de ski de fond. Plus au nord, la piste est réservée à la motoneige.

Ô surprise, je ne m’y suis pas ennuyé ! Habituellement, je n’aime pas de telles pistes. A vélo, ces longues lignes droites, même s’il y a quelques courbes, sont lassantes. Mais là, durant ce raid à motoneige dans les Laurentides, les choses vont autrement plus vite… C’est même le principal intérêt de la piste du P’tit Train : les liaisons sont rapides. Sur mon engin, j’ai vu le compteur non pas s’affoler -n’exagérons rien- mais afficher des vitesses inconnues hier encore…

Pour autant, il faut surveiller son rétro. Car nous sommes pas seuls, et certainement pas les plus véloces. De temps en temps surgissent en effet des meutes motorisées -presque toujours des engins bariolés, tout comme les combinaisons de leurs pilotes- qui font voler la neige de manière impressionnante derrière leurs chenilles… Ceci dit, la piste du P’tit train du nord offre quelques vues spectaculaires. Par moments, elle grimpe dans les collines et domine alors toute la plaine.

Il y a aussi les petites gares. Restées dans leur jus -ou parfois reconstruites à l’identique-, elles sont mignonnes comme tout avec leurs couleurs acidulées. Elles sont devenues des bistros ou autres commerces qui jalonnent le parcours de manière bien sympa. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire une photo souvenir devant l’une des premières rencontrées, celle de Nominingue. Son nom dans la langue des Algonquins, les tribus amérindiennes qui ont peuplé la région, signifie « le pays où l’on revient ». Un présage ? J’espère bien.

Aujourd’hui, pas question de traîner. Le repas se prend dans l’un de ces établissements en bordure de piste qui affichent en lettres géantes « bienvenue aux motoneigistes ». Un paquet de machines, avec chacune un casque accroché au guidon, est déjà garé devant. Tous les clients sont en combinaison et, de fait, l’accueil est cordial. L’assiette aussi ! C’est ma première « poutine », le plat national du Québec, en hiver du moins : une avalanche de calories entre frites, fromage et viande hachée, noyés dans une sauce appétissante. Une poutine faite maison comme l’annonce fièrement Bibi, la patronne.

Dans le milieu d’après-midi, nous arrivons au pied du mont du Diable, dans le parc régional du même nom. Un sommet -783 m tout de même, le deuxième plus haut du Québec après le mont Tremblant- qui se mérite ! La grimpée se fait le plus souvent droit dans la pente, ce qui n’est pas une prouesse pour les motoneiges. Non, mais le sentier est en fait une tôle ondulée XXL, avec des creux très marqués et de hautes bosses. Du coup, ce raid à motoneige dans les Laurentides prend des allures de rodéo. Si la machine encaisse sans broncher, le pilote, lui, doit se montrer très souple. Et amortir au mieux les secousses.

Ressources pour voyager

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Parvenu en haut, je prends mon temps pour admirer le panorama. D’un côté, au loin, le gros bourg de Mont-Laurier que nous avons traversé tantôt. De l’autre, une nature inviolée, à perte de vue. Mais c’est encore le début de la descente, sur l’autre versant, qui m’offre la plus belle surprise. Une scène de carte postale : une forêt de pins garnis de neige, sur chaque branche. Franchement superbe ! Ce n’est pas seulement la neige tombée du ciel qui recouvre les arbres, mais aussi celle soufflée du sol par le vent. Ici, ça s’appelle une forêt de fantômes. L’effet est saisissant, et nous faisons tous plein de photos.

Tout ceci nous fait arriver assez tard, entre chien et loup, devant les chutes d’eau du Windigo. Elles ressemblent à un grand toboggan, car la pente est assez faible, débouchant de la forêt. Une lumière curieuse me les fait paraître violettes. Leur aspect colle bien à la légende qui entoure les lieux. Remontant à l’époque des premiers colons confrontés aux tribus amérindiennes, il y est question du diable et d’esprits surnaturels. Mais ça ne m’effraie pas plus que ça…

Tout comme la veille et le lendemain, les derniers km se font à la lumière des phares. Ici, sans guère de pollution lumineuse, la nuit est plus noire qu’ailleurs !

Une chevauchée fantastique dans la nuit sur le lac gelé

Voilà donc arrivé ce dernier jour de raid à motoneige dans les Laurentides. Avant de me remettre en selle, je prends le temps de contempler longuement le lac Baskatong. Ce n’est pas le premier que je vois ici, mais certainement le plus spectaculaire. Cette immensité plane et blanche ! Au loin, je distingue quelques silhouettes. Sans doute une séance de pêche blanche : un trou dans la glace, une ligne et hop.

Avant de prendre le chemin du retour, on longe le lac un bon moment. En fait, c’est un immense réservoir artificiel aménagé pour réguler la rivière des Outaouais, un affluent du Saint-Laurent qui arrose notamment la ville d’Ottawa. Sur ces rives se dressent çà et là quelques lodges. Et, devant les petits chalets, des motoneiges évidemment ! C’est le terrain de jeu par excellence pour un raid à motoneige dans les Laurentides.

Pour ce dernier jour, notre itinéraire évite soigneusement les zones habitées. Plus de ligne droite, non plus. Mais des sentiers et de petites routes qui serpentent dans des endroits idylliques, dans des forêts profondes, des vallons déserts. Un ravissement. Nous sommes à nouveau dans un parc naturel régional, celui de Kiamika. Une certaine sérénité me gagne : j’ai beau être juché sur une machine vrombissante, je me sens loin du monde des hommes, en paix avec moi-même.

Voilà qui n’empêche pas quelques montées d’adrénaline. Le barrage de Kiamika, un autre beau lac artificiel enchâssé dans un décor de forêts, m’en a fourni une belle. Le sentier passe en effet directement sur le barrage. Celui-ci est long d’une cinquantaine de mètres, très étroit. Du coup, la marge de manœuvre est plutôt maigre entre les patins de ma motoneige et les garde-fous métalliques. A notre allure d’escargot, il n’y a aucun risque, évidemment. Mais, à une bonne quinzaine de mètres au-dessus des flots tumultueux, la traversée est impressionnante.

Ce n’est rien, cependant, comparé au final de notre raid à motoneige dans les Laurentides. La virée se termine en effet sur le lac Chaud, près de La Macaza. Pas très large, il s’étire sur une douzaine de km. Que j’ai parcourus de plus en plus vite, puis carrément à fond la gamelle -enfin presque…- dans la nuit noire. Avec comme seul point de repère la lumière rouge, assez loin devant moi, de la moto du guide. Je ne distingue rien d’autre devant moi, ne vois ni les congères ni les paquets de glace : il faut faire confiance à la machine. Une chevauchée fantastique et enivrante ! Combien de temps ? Je ne saurai le dire, mais je m’en souviendrai longtemps !

Franchement, c’est à regret que j’abandonne ma motoneige. J’aurais bien fait quelques jours de rab, quelques jours supplémentaires sur une motoneige dans les Laurentides.

Informations pratiques

Office de tourisme de la région des Laurentides

Y aller

La compagnie aérienne Air Transat propose un vol quotidien Paris-Roissy CDG – Montréal  (A/R à partir de 288 euros).

A noter qu’un pré-acheminement est possible depuis 18 villes françaises ainsi que Bruxelles avec TGV Air, en partenariat avec la SNCF. Ne nécessitant qu’une seule réservation, ce service garantit notamment les correspondances en cas de retard du train ou de l’avion.

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Le raid à motoneige

Ce reportage a été réalisé lors d’un séjour organisé par Outdoor Logistik. Bruno Vaillant et son équipe proposent des séjours « motoneige » à la carte et tout compris. L’itinéraire et sa difficulté, le choix des hébergements et des restaurants sont déterminés d’un commun accord en fonction des attentes de chacun, de la durée du séjour. Bruno est non seulement un guide très attentionné mais il est un passionné de motoneige et connaît tous les sentiers des Laurentides comme sa poche ! De plus, il est féru d’histoire locale.

Et un mot à l’attention des frileux. Avec la machine est fournie, en plus du casque bien sûr, une tenue « grand froid » : cagoule, salopette et veste hyper bien isolées, gants, bottes. Ainsi équipé, le froid, moi jamais !

Bonnes adresses

  • Hôtel Mont-Tremblant (3*) à Mont-Tremblant, un hôtel historique donnant sur le lac, dans le vieux village de Mont-Tremblant, à la fois moderne et confortable doté un pub-restaurant réputé.
  • Hôtel Le Grand Lodge (3*) à Mont-Tremblant, un grand hôtel luxueux situé lui aussi au bord du lac avec un restaurant gastronomique, proposant spa, piscine, centre de remise en forme, patinoire… et bien sûr des chambres, dont pas mal de suites, de grand confort.
  • Village Windigo, un super endroit au bord du grand lac Baskatong et non loin de la montagne du Diable que i-voyages.net a d’ailleurs déjà eu le plaisir de tester l’été. En pleine nature, on y trouve chalets et condos dans le plus pur style américain -beaucoup de bois- avec de l’espace et un grand confort. Le village propose aussi toutes sortes d’activités : motoneige, pêche blanche…
  • Auberge Le Saint-Bohème à Rivière-Rouge, non loin de La Macaza. Une petite auberge, offrant cinq chambres bien confortables, particulièrement sympathique avec un accueil chaleureux. L’adresse coup de cœur !
  • Restaurant Chez Bibi, à Val Barrette, au bord de la piste du P’tit train du nord. Accueil sympa et plats faits maison.
  • Cabane à sucre « Les 4 printemps » à Ferme-Neuve. Dans une petite érablière à l’écart du village, un resto sympa où l’on déguste des plats simples mais goûteux et copieux. Le sirop d’érable est bien sûr omniprésent.
Raid en motoneige dans les Laurentides
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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

1 commentaire au sujet de « Raid en motoneige dans les Laurentides »

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