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Pyrénées : Les bonheurs de la vallée d’Ossau

Le jeune vautour se dresse, bat des ailes… et fait demi-tour sans prendre son envol. Visiblement, la tentation est forte. Mais il est trop tôt. Encore une ou deux petites semaines et son tour viendra de s’élancer pour planer dans les cieux. Devant son écran, la jeune visiteuse ne perd pas une miette du spectacle. C’est elle qui manipule la commande de la caméra placée devant le nid, là-haut dans la montagne.

La Falaise aux vautours, à Aste-Beon, où l'on peut admirer en gros plan les rapaces grâce à des caméras à l'affut devant les nids.

120 couples de rapaces

Placées en des endroits stratégiques, quatre caméras sont en service. Les images sont visibles pour la plupart sur écran géant en direct à la station d’accueil. « La Falaise aux vautours » est posée face à la réserve naturelle d’Ossau, à Aste-Béon. Par l’observation mais aussi au travers de salles d’exposition, elle permet d’en apprendre tant et plus sur le vautour fauve, dont l’envergure moyenne est tout de même de 2,60 à 2,80 mètres, le gypaète barbu et le mystérieux percnoptère d’Egypte. Au passage, on admirera de superbes images prises par les équipes de Nicolas Hulot pour une émission d’Ushuaia qui n’a pas encore été diffusée.

Quelque 120 couples de ces rapaces nichent aujourd’hui dans la réserve. Dire qu’il n’en restait plus qu’une dizaine dans les années 1960 ! Evidemment, le mérite en revient pour une bonne part à la réserve naturelle. Mais les vautours sont des charognards, qui se nourrissent des carcasses de bêtes. Or dans la vallée d’Ossau, le pastoralisme, un temps en voie d’extinction, a repris tous ses droits. Pour s’en assurer, il suffit d’observer les flancs de montagnes à la belle saison, tapissés d’importants troupeaux de brebis. Début juillet, ils prendront leurs quartiers pour l’été sur les hauteurs, l’estive, après une spectaculaire transhumance qui fera le bonheur des photographes.

Le fromage est l'une des richesses de la vallée de Laruns. Affiné comme autrefois, il ira sur les meilleures tables de France.

L’aristocratie du fromage

La vallée d’Ossau est faite de mille et un bonheurs. A commencer par son fromage qui fait partie de l’aristocratie française dans ce domaine. Il est encore meilleur lorsqu’on le goûte chez un berger ou au saloir. Comme à Gabas, un petit hameau sur la route du col du Pourtalet qui s’enorgueillit d’une ravissante chapelle romane du XII ème siècle. C’est là qu’officie Jean Laborde, affineur de père en fils depuis quatre générations. Pour se rétribuer, il utilise la même méthode que ses aïeux : il prélève un douzième de la production que lui apportent les bergers. Dans ses caves mûrissent pas moins de 12 000 meules. Elles iront ensuite garnir les meilleures tables et les étals des plus grands fromagers de France et de Navarre.

 Le barde Jean-Luc fait découvrir avec fierté sa région avec ses particularités. Il a confectionné lui-même ses instruments.

Et Laruns, le gros bourg de cette charmante vallée adossée à la frontière espagnole, accueille chaque année en octobre une importante foire aux fromages. Un évènement qui attire les foules depuis près de 130 ans !

Les panoramas sont exceptionnels. Fonds de vallée où dévale un gave impétueux, coteaux fleuris, plateau majestueux comme le superbe cirque d’Aneou, au pied du pic du Midi d’Ossau, sont un ravissement. L’un des plus spectaculaires est sans conteste celui qui s’offre aux passagers du petit train d’Artouste. Une promenade inoubliable à quelque 2 000 mètres d’altitude –le train se flatte d’être le plus haut d’Europe sans crémaillère- juste en dessous de la ligne de crête.

Wagons à ciel ouvert

L’aventure commence au sortir de la télécabine qui dessert en hiver les pistes de la petite station d’Artouste. Les visiteurs embarquent à bord des wagons rouge et jaune à ciel ouvert pour un voyage de près d’une heure. Au passage on admire les pics enneigés, mais aussi la superbe vallée du Soussouéou que nulle route ne vient déflorer. De temps à autre un bosquet de pins à crochets, qui peuvent vivre jusqu’à mille ans, des bouquets de gentianes jaunes aux lignes élancées, des marmottes et des vautours. Avec de la chance, on apercevra une harde d’isards, les chamois pyrénéens.

Le petit train d'Artouste, qui fête ses 80 ans d'existence, fait découvrir des endroits reculés de toute beauté.

A l’arrivée, la petite grimpette jusqu’au lac s’impose. Les plus sportifs pourront s’offrir de belles randonnées avec, pourquoi pas, des nuitées en refuge.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Le petit train d’Artouste fête cette année ses 80 ans. La dénomination est bien injuste : jusqu’à 12 trains, équipés de demi-essieux de TGV, peuvent circuler en même temps ! Il avait été construit pour desservir l’incroyable réseau hydroélectrique –un ensemble de barrages, usines et conduites souterraines appartenant aujourd’hui à une filiale de GDF-Suez- construit dans les montagnes au prix de réelles prouesses technologiques. Après l’achèvement des travaux, la voie ferrée avait commencé à être démontée. Puis, en 1932, on s’est ravisé pour en faire une ligne touristique. Heureuse décision !

Des panoramas exceptionnels et, partout, des troupeaux de brebis.

Informations pratiques

Pour découvrir les innombrables possibilités de la vallée : Maison de la vallée d’Ossau : tel. 05 59 05 31 41. www.ossau-tourisme.com Centrale de réservations de Laruns-Artouste : www.ossau-resa.com

Petit train d’Artouste : infos et réservations (à l’occasion du 80ème anniversaire est proposée toute une série d’excursions à thème) tel. 05 59 05 36 99.

Falaise aux vautours : te. 05 59 82 65 49 et www.falaise-aux-vautours.com

Pau, et plus particulièrement son aéroport, est d’un accès très facile.

Le Béarn et le Pays basque regorgent d’animations et de bons plans en tous genres, notamment de rando et de vélo : www.tourisme64.com

De bonnes adresses à Laruns :

  • restaurant l’Arregalet sa cuisine à la fois traditionnelle et inventive
  • chambre d’hôtes Casa Paulou, une ancienne ferme rénovée à deux pas de la place principale.
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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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