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Perito Moreno et autres glaciers gigantesques

El Calafate, sur les rives du lago Argentino, appartient à ses villes touristiques sans grand intérêt sauf pour y trouver des hôtels, des restaurants et des boutiques de souvenirs. Elle tire son nom du Berbéris à feuilles de buis, un arbuste épineux du sud de la Patagonie. On vient à El Calafate pour explorer la partie sud du parc national los Glaciares. Le champ de glace du sud de la Patagonie occupe environ la moitié de la superficie du parc qui représente 5 393 km². Il est composé de 47 glaciers principaux et 200 petits glaciers indépendants de la calotte glaciaire. C’est le meilleur endroit en Amérique du sud pour observer les glaciers en action. Voilà pourquoi, El Calafate est une ville incontournable en Argentine. On s’installe à l’hosteria Sir Thomas avant d’aller manger un morceau en ville. Ici, on trouve de nombreux restaurants de viandes grillés au feu de bois.

Croisière sur le lago Argentino

Tôt dans la matinée, nous partons en bus vers le port de Punta Banderas. C’est d’ici que les excursions en bateau démarrent. Plusieurs centaines de personnes affluent vers le ponton. Chaque participant a un ticket avec un numéro de bateau. Une organisation bien calibrée et une sortie qui a l’air de bien marcher.

Le bateau est confortable mais dispose d’assez peu de place sur le pont. Il file à toute vitesse sur le lago Argentino aux eaux laiteuses. Quelques icebergs échappés du glacier Upsala commencent à dériver. Certains sont blancs et d’autres d’un bleu profond. C’est le degré de bulles d’air qui détermine la couleur. Moins, il y en a plus l’iceberg sera bleu. Sur le pont, c’est la cohue pour faire LA photo d’iceberg.

Le glacier Upsala est en vue mais nous n’irons pas plus près car de nombreux icebergs dérivent. Inutile d’aller éventrer le bateau ! Vu d’ici, il n’est pas très impressionnant mais nous sommes encore à plusieurs kilomètres du front de glace. C’est le second plus grand glacier d’Amérique du sud avec une superficie de 765 km² mesurée en 2011. Le glacier est en net recul depuis plusieurs années ; certains évoquent le réchauffement climatique.

Vient ensuite le glacier Spegazzini du nom du botaniste italien Carlos Luigi Spegazzini (1858-1926). L’approche en bateau est réellement très impressionnante. Son front de glace peut atteindre par endroits 125 mètres de haut. C’est le glacier le plus haut du parc national los Glaciares même si sa superficie de 66 km² est de petite taille pour le coin. Elle représente néanmoins plus de deux fois la superficie de la Mer de Glace dans les Alpes.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

La croisière se termine par le glacier Perito Moreno, le plus populaire du parc national los Glaciares, du nom de l’explorateur Francisco Moreno, Perito signifiant « expert ». Il joua un rôle majeur dans la défense des frontières avec le Chili. A l’approche du glacier, tous les passagers courent à l’avant du pont. Nous sommes tous serrés comme des sardines. Des « ô » fusent en pagaille, les appareils photos crépitent à tout va. C’est que le Perito Moreno a de la gueule. 60 mètres de haut au dessus de l’eau et autant en dessous, 5 km de front et encore on n’en voit qu’un bout depuis la passerelle du bateau. Une excursion certes très touristique, mais j’en ai pris plein les yeux.

Balcon sur le Perito Moreno

Très franchement, je me suis demandé s’il était vraiment nécessaire de retourner voir le glacier Perito Moreno. C’était tellement beau la veille. J’avais peur d’être déçu. Autant être clair d’entrée de jeu. Cette seconde balade sur les passerelles qui font face au glacier est tout simplement incontournable.

Pourquoi ? D’abord parce que les points de vue sur le glacier sont différents. Depuis les pontons, on observe le glacier dans son ensemble, vu d’en haut et de face. Aussi parce qu’on peut prendre le temps de l’observer et de le voir bouger. C’est l’un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n’est pas en régression. Il avance de deux mètres par jour en moyenne sur le lago Argentino. D’immenses blocs de glace se détachent du glacier et s’effondrent dans l’eau. Quand il atteint la rive de la péninsule de Magellan, il divise le lago Argentino en deux, fait monter les eaux, inonde les terres. Sous la pression des eaux, ce nouveau front cède. La première rupture a été observée en 1917. La dernière date du 2 mars 2012. Et la moyenne des ruptures est d’environ tous les 4 ans.

C’est extraordinaire d’observer la progression du glacier depuis les passerelles. Voyez plutôt ça en images…

Derrière nous, les oiseaux s’ébattent en plein vol mais personne ou presque n’a d’yeux pour eux et notamment pour ce magnifique bruant Chingolo.

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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