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Odyssée jordanienne

Royaume Hachémite de Jordanie

«Bienvenue en Jordanie » répète à plusieurs reprises Alain, notre guide La Balaguère. Ce n’est pas une vaine palabre pour la Jordanie, rare pays du Moyen-Orient à être stable politiquement. Il suffit d’observer d’un peu plus près sa géographie.

Bordée à l’ouest par la Cisjordanie (région dont le statut est sujet à discussions entre Israël et l’Autorité palestinienne) et Israël, au sud par l’Arabie saoudite, à l’est par l’Irak et au nord par la Syrie, la Jordanie fait figure de sage dans la région.

On doit cette situation à la famille royale issue de la dynastie des Hachémites. Jeune pays de l’après seconde guerre mondiale, la Jordanie entre d’abord dans le conflit avec Israël puis se désengage petit à petit pour signer en 1993 les accords d’Oslo qui scellent la paix avec l’ennemi d’antan, Israël.

Cette tranquillité politique a permis le développement du tourisme.

Mosaique de Madaba
Madaba, Mont Nébo et mer morte

Prospère à l’époque byzantine, Madaba est connue pour ses mosaïques datant du Vème au VIIème siècle dispersées dans les églises, les maisons ou au musée archéologique de la ville.

A quelques kilomètres de là, nous découvrons le Mont Nébo (817 m) qui abriterait le tombeau de Moïse. Le récit biblique du dernier chapitre deutéronome (34:1) relate comment Moïse, interdit d’entrer sur la Terre promise vers laquelle il a conduit les Hébreux sortis d’Égypte, observe le pays de Canaan du haut de cette montagne avant d’y mourir.

Mont Nebo

Du sommet et par temps dégagé, on peut admirer la vallée du Jourdain. Nommé par les Arabes « le pays renversé », c’est dans cette vallée que se déroula la tragédie biblique de Sodome et Gomorrhe. Au loin, en bas, la mer morte nous tend les bras pour une baignade insolite.

Située à 400 mètres au dessous du niveau de la mer, la mer morte est un endroit à part. Profonde de 700 mètres, avec une densité de sel extraordinaire de 25 %, on y flotte sans aucun effort. Essayer d’y nager est impossible sans faire esclaffer de rire les personnes des alentours.
Petit conseil malin : ne pas se raser la veille, encore moins le matin même, sous peine d’irritations ou de douleurs aiguës.

Baignade dans la mer morte
La boue de la mer morte est utilisée pour ses vertus

Route des Rois & château de kerak

Nous roulons sur la route des Rois, d’une ancienneté biblique, empruntée par les Hébreux et les caravanes venant du Yémen à la Méditerranée, traversant les pays d’Ammon, de Moab et d’Edom. Bien que moins rapide que la « Desert highway », elle présente bien plus de charme.

Chateau de Kerak

En chemin, petite halte à Kerak pour visiter son château. La forteresse de Kerak devint à l’époque des croisades la principale place forte des croisés au-delà du Jourdain. C’est en 1142 que les rois de Jérusalem décidèrent d’entreprendre la construction du château dont les vestiges subsistent actuellement. De la citadelle, la vue s’étend jusqu’à la Mer Morte à l’ouest.

Pétra, la cité nabatéenne

Souvent décrite comme la huitième merveille du monde, Pétra fascine autant que les pyramides égyptiennes. C’est l’une des plus grandes merveilles jamais érigées par l’Homme et la Nature. C’est pour cette raison que le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 6 décembre 1985.

Vaste cité taillée dans la pierre par les Nabatéens, civilisation qui s’est établit en Jordanie il y a plus de 2000 ans, Pétra constituait un carrefour stratégique sur les routes commerciales de la soie et des épices reliant la Chine, l’Inde et l’Arabie méridionale au Moyen-Orient et à l’Europe Gréco-romaine.

petra la bariolée
Siq
El Khazneh

Pour atteindre la ville, on doit d’abord traverser le Siq, importante fissure qui serpente sur un kilomètre et dont les parois culminent à plus de 100 mètres. On y est seul à cette heure matinale et à l’ombre : un vrai bonheur !

En sortant du Siq apparaît le monument le plus important de Pétra, El Khazneh (le trésor). Imposante façade rose de 30 m de large et 43 m de haut, taillée à même le roc, El Khazneh serait le tombeau d’un roi ou d’une reine, plus probablement du roi Arétas IV (décédé en 40).
L’intérieur, composé d’une grande salle et de trois autres petites pièces, est très sommaire.
Le monument a été utilisé dans la séquence finale du film de Spielberg, « Indiana Jones et la dernière croisade ».

Deir
Puis c’est l’immense théâtre construit sur le modèle romain avec des gradins taillés dans la roche. Peu après le théâtre, la falaise d’Al Khubta est creusée d’une série de tombeaux de vaste dimension (le tombeau à l’urne, le tombeau corinthien, le tombeau à étages….).

On quitte la ville basse pour emprunter une voie processionnelle qui grimpe au Deir, un monument de 45 m de large sur 42 m de haut. Longtemps considéré comme un tombeau, les archéologues s’accordent à dire qu’il s’agirait en réalité d’un sanctuaire. À l’intérieur, une seule pièce de grandes dimensions au fond de laquelle est aménagé un podium. C’est le seul temple rupestre de Pétra. Il était peut-être consacré au culte du roi divinisé Obodas I.

Le lendemain, nous découvrons les hauteurs de Pétra par les sentiers qui montent sur les falaises. Si le site se révèle d’habitude par le bas, effectuer une randonnée sur les hauteurs permet de prendre la mesure des lieux.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Petra vue d'en haut

Puis on redescend par le tombeau du soldat romain ; au centre de la façade, on y découvre un personnage en tunique courte revêtu d’une sorte de cuirasse et d’un manteau lui donnant l’allure d’un soldat romain, d’où le nom donné à cette tombe. En face, le triclinium, la salle à manger des habitations romaines, est le plus vaste et le plus décoré de tous les tricliniums de Pétra.

L’après-midi, montée au Djebel Al-Khubtha pour y observer El Khazneh vue d’en haut. Cette balade apporte encore une nouvelle dimension à l’édifice récompensant ainsi l’effort et la curiosité. En fin de journée, retour par le Wadi al-Muthlim, canyon intime et étroit aux parois lisses érodées par l’eau, pour rejoindre l’entrée du Siq.

Deux belles manières complémentaires de découvrir Pétra, la cité nabatéenne !

El Khazneh
Wadi al Muthlim
Wadi al Muthlim

Wadi Rum, sur les pas de Lawrence d’Arabie

Situé au sud de la Jordanie, à la frontière de l’Arabie saoudite, le désert du Wadi Rum plonge à son extrémité sud-ouest dans la mer Rouge.

Coucher de soleil dans le wadi Rum
Wadi Rum

Nous y pénétrons à pied durant trois jours. De Diseh, on s’enfonce dans ce désert mythique qui a inspiré de nombreux cinéastes comme David Lean (Lawrence d’Arabie) et Steven Spielberg (Indiana Jones et la Dernière Croisade).

Peu à peu, on quitte notre perception du monde et on s’infiltre dans un espace intemporel. Le vent, chaud, qui souffle de plus en plus fort nous rappelle que les kefiehs achetés quelques heures plus tôt à Diseh ne sont pas qu’un produit touristique. En plus de protéger du soleil, ils servent de rempart contre le vent.

Le lendemain, nous partons explorer un peu plus loin le désert du Wadi Rum vers la maison de Lawrence d’Arabie. A l’état de ruine, est-elle d’ailleurs véritablement sa maison ? Peu importe.

Petit rappel historique même si tout le monde pense connaître Lawrence d’Arabie depuis le film historique de David Lean de 1962 avec Peter O Toole, Alec Guiness et Omar Sharif.
Le film, tourné en partie dans le Wadi Rum, a fait connaître Thomas Edward Lawrence pour son implication dans la libération des tribus Arabes face aux Turcs durant la Première Guerre Mondiale. C’est un raccourci historique que tout le monde entretient, surtout ici en Jordanie car le personnage est sympathique aux yeux des étrangers. Espion britannique, Lawrence d’Arabie a toujours cherché à aider les intérêts de son pays. En juin 1916, il est envoyé en mission pour rencontrer les chefs des tribus arabes en vue de relancer la révolte. Il réussit à convaincre le Prince Fayçal Bin Hussein de porter cette révolte contre les Ottomans. Le 12 juin 1917, au matin, les arabes prennent d’assaut la ville d’Aqaba. Pris de cours, les turques rendent les armes. C’est la première victoire face aux Ottomans. Quelques mois plus tard, l’Angleterre et la France concluent un accord de partage des terres Ottomanes. Lawrence d’Arabie n’en dira jamais rien au Prince Fayçal.
Comme le sable qui glisse dans les doigts, l’Histoire s’écrit parfois avec quelques arrangements.

Retour au campement par une des larges vallées du Wadi Rum.

Wadi Rum

Dernier jour dans le Wadi Rum avec l’intime conviction d’y être resté trop peu de temps…

L’ambiance est joueuse aujourd’hui. On court, roule dans le sable. Descendre les dunes en courant est un pur plaisir pour l’enfant qui reste en nous. A consommer sans modération !

Le désert n’est pas toujours vécu de l’intérieur mais reste toujours une expérience particulière à jamais gravée dans les mémoires.

Lézard du désert

Aqaba, le port de la mer rouge

 

Port d'Aqaba

Située à l’extrémité sud de la Jordanie, à l’est de la péninsule du Sinaï et à l’ouest de la péninsule arabique, Aqaba occupe une position stratégique car c’est le seul port du pays. Il n’y a pas si longtemps, cette région appartenait encore à l’Arabie Saoudite. En 1965, le roi Hussein de Jordanie échangea 6000 kilomètres carrés de désert en Jordanie centrale contre 12 kilomètres de côte au sud d’Aqaba. Objectif : renforcer sa présence dans le golfe d’Aqaba. Il faut dire que la situation géopolitique y est particulière. Quatre pays se partagent en effet les côtes du golfe d’Aqaba : l’Egypte, Israël, l’Arabie Saoudite et la Jordanie.

Mosquée d'Aqaba
Plage publique d'Aqaba

Alors que nous longeons les plages publiques d’Aqaba, nos regards se posent inévitablement en Israël, sur Eilat en particulier. Tout semble si paisible ici et si fragile à la fois.

Aqaba, c’est aussi l’étape incontournable en Jordanie pour partir explorer les fonds sous-marins et les coraux de la mer rouge. Nous nous contenterons d’une virée en snorkeling sur le spot de gorgone I au coeur de l’Aqaba Marine Park. Cette réserve a pour but de protéger les merveilleuses espèces de poissons et de coraux qui peuplent ses profondeurs. Malheureusement, le tourisme à tout va ne respecte pas ce patrimoine et de nombreux coraux sont déjà abîmés.

Corail
Chicha

Demain, longue route pour Amman, l’ancien village circassien, aujourd’hui capitale du royaume hachémite de Jordanie. Dernière balade dans la ville basse pour témoigner de la « Philadelphie » que fut Amman par le passé.

Ma’asalama Jordanie !

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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