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Le Havre : un week-end pour démolir les idées reçues

Oubliez les préjugés! On vous l’accorde, les chantiers navals et le béton de la reconstruction d’après-guerre n’ont pas aidé à forger une image accueillante du Havre. Et pourtant ! La ville n’est pas réservée aux locaux, venus profiter de ses deux kilomètres de plage. Encore moins aux seuls experts en architecture des années 1950.

Incontournable, le centre-ville, bombardé pendant la deuxième guerre mondiale par les allemands, puis par les alliés, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005. « Cette reconnaissance a fait affluer les touristes de façon indéniable », affirme-t-on à l’office du tourisme. Une consécration pour l’architecture des années 1950/60, une bouffée d’air pour la ville.

L’hôtel de ville reste l’un des bâtiments emblématiques de l’architecture d’Auguste Perret (Crédit : L. Saliba SMT)
L’hôtel de ville reste l’un des bâtiments emblématiques de l’architecture d’Auguste Perret (Crédit : L. Saliba SMT)

Sur une surface de 133ha, ce centre-ville reconstruit est imaginé en 1945 par Auguste Perret, architecte et designer des années trente, et son atelier. Commerces, église, bâtiments administratifs, et 12000 logements forment le plus grand ensemble architectural cohérent du XXème siècle, en France. Les axes se coupent à angle droit, suivant un urbanisme « rationnel », inspiré des centres-villes nords-américains. Perret et ses dix-huit collaborateurs voulaient créer une utopie, régie par des codes d’urbanisme stricts. Pour mieux s’en imprégner, il faut déambuler au hasard des rues et grimper au 17ème étage de l’hôtel de ville (pas de panique, on y accède par un ascenseur).

Le panorama révèle la subtilité de la ville. De ce poste d’observation, même un œil non initié y remarquera que le béton n’est pas gris, mais oscille entre le rose et le jaune, voire le rouge, selon les bâtiments. Auguste Perret voulait prouver que ce matériau était noble. Ses propriétés artistiques devaient profiter à tous.

Des airs de Manhattan

Les couleurs sont également l’élément clé de l’église Saint Joseph, autre bâtiment emblématique du Havre. Avec ses faux airs de gratte-ciel newyorkais, l’église affiche 50000 tonnes sur la balance. Elle est composée d’un clocher octogonal de 110 mètres de hauteur, reposant sur un socle carré. En la visitant le jour, on ne se lasse pas d’admirer les reflets de lumière, entrant grâce aux 12763 vitraux multicolores qui recouvrent tout le clocher.

 

C’est assis dans ses sièges de cinéma, qu’il faut admirer les couleurs du clocher de l’église Saint Joseph (crédit – L. Saliba SMT)
C’est assis dans ses sièges de cinéma, qu’il faut admirer les couleurs du clocher de l’église Saint Joseph (crédit – L. Saliba SMT)

Il est impossible de quitter ce quartier si particulier sans visiter « l’appartement témoin ». Présenté en 1949, aux Havrais, ce logement reflète l’ambiance souhaitée par le Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme, de l’immédiat après-guerre. D’une surface de 99m2, ce 5 pièces dispose de tout le confort moderne et de deux balcons filants. La visite est un véritable retour dans les années cinquante. On y apprend les techniques de construction en béton d’Auguste Perret et on admire les meubles aux lignes préfigurant le design nordique. Un régal !

L’appartement témoin donne envie de refaire toute la décoration de son propre logement (crédit : L. Saliba SMT)
L’appartement témoin donne envie de refaire toute la décoration de son propre logement (crédit : L. Saliba SMT)

Mais l’architecte et ses acolytes n’ont pas fait l’unanimité. Refusant ce plan d’urbanisme, les habitants du quartier Saint François ont réussi à imposer la reconstruction tout en brique de leurs immeubles, reprenant une architecture ouvrière de la fin du XIXème siècle. Autre contrariété de cette harmonie, les courbes du Volcan, imaginée par Oscar Niemeyer. Le « pot de yaourt », comme l’appellent les Havrais, abrite un théâtre et subit actuellement un lifting complet. En 2015, le Volcan devrait rouvrir ses portes, ainsi que des commerces, tout autour.

Le Volcan, blanc et tout en courbes, tranche radicalement dans le paysage
Le Volcan, blanc et tout en courbes, tranche radicalement dans le paysage

Les quelques vestiges d’avant-guerre

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Relativement jeune, la ville est fondée en 1517 par François 1er. La cité marchande rayonne très vite dans le monde entier, grâce à l’activité maritime, du XVIIème au XIXème siècle. Malheureusement, l’histoire n’est pas toujours glorieuse. C’est en effet depuis cette place forte que partaient vers l’Amérique les négriers, remplis d’esclaves.

De la maison de l’armateur…

C’est l’un des lieux architecturaux les plus insolites de la ville. On en oublie la forte odeur de poisson provenant du marché jouxtant le bâtiment. Passées les salles présentant l’activité portuaire de l’époque, nous évoluons de pièces en pièces, à la manière d’un invité dont l’hôtesse ferait faire le tour du propriétaire. Construite autour d’un axe central éclairé d’un puits de lumière La maison de l’Armateur est incroyablement élégante. On ne peut s’empêcher de regretter de ne pouvoir admirer les bâtiments de la ville, avant son bombardement. Si tout était à l’avenant, alors le Havre devait être un joyeux mélange d’architecture médiévale, baroque et moderniste.

Il ne sert toutefois à rien de se lamenter. La vieille ville n’est pas entièrement détruite. Ici ou là, quelques bâtisses subsistent et valent le détour : l’hôtel Dubocage de Bléville, la cathédrale Notre-Dame ou encore le Casino, magnifique maison Art Nouveau, signée William Cargill.

 

Erigée en 1790, la maison de l’armateur est une prouesse de construction
Erigée en 1790, la maison de l’armateur est une prouesse de construction

… A l’abbaye de Graville

Pour visiter le plus vieux bâtiment du Havre, il faut grimper dans les hauteurs de la ville. Fondée au XIème siècle et dédiée à Sainte Honorine, l’abbaye de Graville est un chef-d’œuvre de l’art roman. Le lieu est régulièrement investi par des expositions temporaires et les nostalgiques de la grandeur d’antan y admireront surtout la collection de plus de 150 maquettes de maisons de la fin du XIXème siècle.

Entourée de jardins entretenus aux cordeaux, elle surplombe la ville et offre, si le temps le permet, l’occasion d’embrasser du regard le port, les docks et le grand stade.

L’imposante structure en plastique bleu Klein qui recouvre le grand stade étonnera tout le monde, quel que soit ses goûts pour les compétitions sportives.
L’imposante structure en plastique bleu Klein qui recouvre le grand stade étonnera tout le monde, quel que soit ses goûts pour les compétitions sportives.

 

Effectuer un court séjour au Havre, c’est aussi s’imposer des choix. Il serait difficile de tout visiter en 48 heures. Avant de repartir, les jardins suspendus nous tendent leurs bras. Installés dans un ancien fort de style Vauban XIXème siècle, ils surplombent l’estuaire et permettent une ballade reposante et botanique. Et pour les amoureux de l’architecture miliaire, la structure du fort est quasiment intacte. Bastions, alvéoles, chemin de ronde, fossés et poudrières demeurent et appellent à la rêverie.

L’alternative aux jardins serait d’aller flâner dans les nouveaux quartiers, véritable vitrine pour l’architecture du XXIe siècle. Transformés en centre commercial, les Docks Vauban sont d’anciens entrepôts, fabriqués de briques et de bois, reliés pas des cours recouvertes de verrières. Ils permettent une virée shopping, avant d’aller se détendre aux Bains des Docks, une piscine ultra moderne dont le maître mot est le bien-être. Seul bémol à cet endroit, il a été créé par Jean Nouvel. Le lieu souffre donc de malfaçons et subit déjà des restaurations, à peine un an après son ouverture. Peu importe, les travaux ne gênent en rien la détente. Pendant que l’on nage dans la piscine extérieure, sous la « coupe spleenétique du ciel », si chère à Baudelaire et qui donne au Havre un charme particulier, on se dit que les préjugés esthétiques ne peuvent véritablement pas avoir la vie dure ici.

Informations pratiques

Comment y aller ?

  • Train : 2h de Paris
  • En voiture : Depuis Paris, par l’autoroute A131
  • Depuis Deauville, rejoindre l’autoroute par l’A29

Où dormir ?

Pour les visiteurs qui voudraient s’imprégner totalement de l’ambiance des années 50, deux hôtels jouent à fond le jeu du retour dans le temps. Installés dans le centre reconstruit, l’hôtel Ibis Style et l’Oscar Hôtel ont choisi de meubler leurs chambres et leur salle de petit déjeuner comme à l’origine. Les salles de bain n’ont quasiment pas changé et certains meubles sont d’époque. Pour trouver votre hôtel au Havre, utilisez notre comparateur d’hôtels.

Plus d’informations

Ex-banquier reconverti dans le journalisme, citadin, je ne me lasse jamais de découvrir les moindres recoins d’une ville

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