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La péninsule de Samana

« Bachata et merengue, la musique nous habite : on chante quand on prie, quand on pleure, quand on est amoureux… Et bien sûr, on danse à la moindre occasion ! », balance Carlos, entre deux compliments à des belles lianes locales. En piste pour une initiation à la Bodega, qui ouvre sa grande salle à l’air libre comme aux débutants : Dominicains pour la plupart, les danseurs invitent volontiers à quelques pas, rythmés par les sets live de groupes locaux. Swinguant sur un mototaxi à la selle léopard, le retour à l’hôtel continue de mettre à la fête, grisant dégrisement dans la nuit tiède. Dernier tango avec Morphée, bercé par le frémissement des palmes et le roulis atlantique de playa Bonita. Dès l’aube, la rue principale reprendra son concert de klaxons entre gargotes familiales, agences d’excursions et étals de peintures naïves. Au village de pêcheurs, la saturation chromatique l’emporte. Près du turquoise des flots, des restaurants colorés y jalonnent les premiers mètres de la grande plage, dans la sourdine de vérandas créoles. Sur ce front océanique où aucune construction ne dépasse des cocotiers, les barques viennent livrer chaque matin dorades, crevettes ou conques, un régal que subliment citronnelle ou lait de coco…

« C’est une terre à désirer et, une fois vue, à ne jamais quitter », pronostiquait Christophe Colomb en 1492, en découvrant sa première terre américaine. Cinq siècles plus tard, une poignée de Français lui ont donné raison, débarquant sur la presqu’île de Samana pour ne plus en partir. Leur point d’ancrage, au nord, n’était alors qu’un hameau sans eau courante ni électricité.  Conjuguant ambiance cosmopolite et douceur de vivre caribéenne, Las Terrenas demeure aujourd’hui un lieu de villégiature où il fait bon vivre. En comparaison, Las Galeras, à l’extrémité orientale, fait figure du bout du monde, éparpillant ses plages immaculées dans un décor sauvage. Au point qu’il faut se jeter à l’eau pour profiter de Fronton et Rincon,  en compagnie des pêcheurs locaux qui assurent la desserte sur demande. Les passes du lagon franchies, on accoste dans des criques désertées, si ce ne sont une ou deux paillottes où grillent des langoustes, voire un coupeur de noix de coco, servant un cocktail nature en trois coups de machette…

Nouveaux délices au cœur de cette carte postale de 70 kilomètres sur 30, sur les hauteurs de la campagne tropicale. « A vendre : cacao, bananes, café, miel », annonce le panonceau d’une exploitation familiale. Piste encore peu courue, la route du Cacao déroule une hospitalité des plus candides à la faveur d’un écotourisme bon enfant. Dans le jardin de cases pimpantes, on trinque avec l’habitant, découvrant les secrets maisons de la liqueur nationale, « une spécialité à base de rhum, parfumée de plantes, patchoulis compris ». Un peu plus loin, c’est la fabrication du caoutchouc qui assouplit les rencontres et donne du ressort au shopping de vacances : une balle en latex naturelle, 100% bio, 100% chic ! De virages en vallons, le quad met sur le chemin des chutes El Limon. A condition de changer de monture : c’est à cheval – et à pas de mule, surtout quand les sentiers patinent dans la boue – que l’on rejoint cette impressionnante cascade. 55 mètres de haut ? Même si elle décolle à mi-pente, on laisse la voltige aux tarzans locaux, les accompagnant juste dans leur prière. Dans le bouillonnant bassin en contrebas, un bain suffit à l’émotion !

Que dire du spectacle des baleines à bosse, entre janvier et mars ? Migrant de l’Atlantique Nord dans une course qui peut atteindre 5 000 kilomètres, ces cétacés, classés espèce menacée, choisissent les eaux tièdes de la péninsule pour s’accoupler et mettre bas. Quand les mâles de 40 tonnes bondissent hors de l’eau, le ballet se devine depuis la côte. Mais rien ne vaut d’être aux premières loges pour frayer avec les baleineaux et leurs mères. On peut mettre le cap sur ce sanctuaire marin depuis Samana, sur la baie du même nom. Halte atmosphérique, avec son charme délavé qu’endiable le carnaval en février, la capitale provinciale est aussi un embarcadère pour le parc national de Los Haitises. Façonné par l’érosion depuis des millions d’années, il déploie un labyrinthe d’îlots où s’abritent pélicans et frégates. Surtout, cette terre de canaux, à l’abri d’une mangrove, était le refuge des Indiens Taïnos. Exterminée par les Conquistadors, cette civilisation n’a pas été avare en héritage.  Elle nous a laissé peintures et gravures, au sein de grottes sacrées. Un savoureux vocabulaire, de hamac à tabac. Et un prisme arc-en-ciel pour apprécier leur pays, qu’ils appelaient « la Mère de toutes les terres ».

Informations pratiques

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Office du tourisme de République Dominicaine : 22 rue du Quatre Septembre, 75002 Paris ; tél. 01 43 12 91 91 ; www.godominicanrepublic.com (en espagnol et anglais).

Y aller

L’aéroport El Catey étant plutôt dédié aux charters de TO, il peut se rejoindre en bus ou en avion depuis Saint-Domingue, qui vaut la visite pour son patrimoine colonial. Sur place, lent mais correct réseau de transports en commun.

Bonnes adresses

  • A 3 km de Las Terrenas, sur playa Bonita, l’hôtel Bahia Las Ballenas déploie 8 bungalows quadruples, soit 32 chambres, dans un beau jardin en bord de mer ; restaurant délicieux : www.bahia-las-ballenas.net
  • A Las Galeras, l’hôtel Todo Blanco cache 8 chambres derrière ses cocotiers, qui frangent la baie de Rincon : www.hoteltodoblanco.com
  • Egalement bordé par une plage à proximité de Las Galeras, le Club Lookéa Samana : www.look-voyages.fr
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4 commentaires au sujet de “La péninsule de Samana”

  1. Samaná est une véritable et authentique nouvelle destination à découvrir. Une destination aux paysages riches et variés et une nature généreuse, façonnée et préservée où les hommes et les femmes sont profondément attachés à leur terre, à leur culture et leur savoir-faire

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  2. Bonjour,
    Depuis quelques années la Péninsule de Samana reçoit plus de touristes, c’est du notamment au fait qu’avec l’autoroute Juan Pablo II et le Boulevard de l’Atlantique, Saint Domingue, L’aéroport Las Americas et le sud de la République Dominicaine ne sont plus qu’à 2h de route pour 4h avant.
    Mais ca reste encore une destination assez tranquille et surtout splendide.
    LM

    Répondre

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