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La caravane de dromadaires

Chaque jour le chargement des dromadaires s’établit selon un ordre précis. Le camp, en apparence comme un gigantesque mess avec sacs, selles, couvertures… abandonnés pêle-mêle, est en fait organisé pour que chaque animal soit rapidement lesté de sa charge. Un matin, aucun d’entre n’est visible à l’horizon. Ils ont choisit dans la nuit, malgré l’entrave des deux pattes avant, de s’en aller brouter d’autres pâturages lointains et savoureux. Nos chameliers finissent par les repérer et nous de les voir rejoindre le camp depuis le sommet d’une dune que notre guide a gravit pour mieux contrôler la situation. Cet animal est le véritable vainqueur du Sahara pour sa vélocité et son endurance. C’est aussi un des seul animal de bât qui puisse rester 4 à 6 jours sans boire. La forme de sa bosse remplie d’eau et de graisse atteste de sa bonne santé. C’est grâce à ses capacités que les touaregs se sont assurés la maîtrise du commerce du sel et des cotonnades dans le Sahara pendant des décennies. Lorsque les camions ne traversaient pas le désert, que les frontières n’existaient pas, qu’aucune entrave politique ne venait contrarier leurs méharées. Ce temps est révolu.

Les cordons de dunes s’enchaînent, tous plus beaux les uns que les autres. Et nous, de préférer gravir le versant où le pied ne s’enfonce pas trop. Le côté ourlet qui reçoit une ombre irisée reçoit toujours ma visite en premier, avant que les traces des autres marcheurs n’imprègnent leurs pas. La montée d’une dune en entraîne une autre, toujours à la recherche de la perspective qui mettra en valeur l’ondoiement des courbes, l’irisure des crêtes dans la lumière du couchant. Sa fluidité participe à sa beauté. Sculptées par les vents, les dunes ont des formes de croissant, de pyramides, ou se prolongent encore dans des longs cordons. Les billes sphériques des grains qui la composent ont été hissées par le souffle d’Éole. A la descente, ce sable coule par plaques, comme une avalanche. En témoignent les flaques que nous soulevons à chaque pas.

Nous percevons notre avancée dans le massif lorsque les montagnes de grès se font plus nombreuses, et les dunes moins hautes. Un des derniers jours en fin d’après midi, notre guide touareg nous emmène sur un fin cordon dunaire, parcheminé de petites dalles de grés. Ces pierres, de plus en plus nombreuses, forment bientôt un tapis qui uniformise l’horizon de noir. Partout où l’œil se pose, il ne distingue que du grès. Nous sommes encerclés par des roches aux formes sculptées et marchons sur un sol uniformément noir. Impressions lunaires.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Le dernier jour, sur le chemin de la sortie du canyon, notre caravane de dromadaires nous double. Les chameliers ont fier allure à califourchon sur leur selle attelée au dromadaire de tête. Demain, ils repartiront chez eux, s’enfonçant en chemin inverse au cœur du désert. Dans le Sahara qui est le leur. Et nous, d’emporter un peu de leur sagesse.


Randonnée chamelière organisée par Allibert Montagnes et Déserts, spécialiste du trekking et des voyages d’aventure dans le monde

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