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L’étonnant Etat de Washington

La baleine longe les rochers en les frôlant jusqu’à les toucher, plonge, virevolte en un lent ballet. D’un souple et puissant mouvement de queue, elle revient à la surface, lâche un panache de vapeur. Elle n’est pas énorme, c’est une baleine grise d’une douzaine de mètres de long, mais le spectacle est impressionnant. Surtout lorsqu’on le contemple par hasard et d’aussi près, juché sur une petite corniche à quelques mètres seulement au-dessus de l’eau. Comme dans un parc d’attraction, alors qu’aucune construction humaine n’est visible.

Situé dans la réserve des Indiens Makah, Neah est un port de pêche très actif.

L’aigle royal aussi aime le saumon

A quelques miles de là se trouve le village de Neah Bay, l’endroit le plus septentrional de l’Etat de Washington, face à l’île canadienne de Vancouver. C’est un gros port de pêche du bout du monde : de l’autre côté du cap Flattery, l’immensité du Pacifique où les chalutiers des Indiens Makah –le village est le cœur de leur réserve– partent en longues campagne. Très poissonneuse, la baie elle-même attire les amateurs de pêche au saumon. Ces eaux froides abritent cinq variétés différentes, toutes de belle taille. Dans le ciel plane ça et là un aigle impérial : lui aussi apprécie le saumon !

Depuis Seattle, le voyage est un dépaysement total. Le chemin le plus court fait quitter la ville et traverser le détroit sur un gros ferry. Une petite heure de trajet, l’occasion de faire connaissance avec l’un des réseaux maritimes les plus denses au monde tout en admirant les îles qui jalonnent le parcours.

 

Port Townsend est une très jolie petite ville avec ses grands immeubles victoriens. A la sortie de la localité se trouve Fort Worden.

Machine à remonter le temps

Parvenu sur l’ « Olympic peninsula », il ne faut pas manquer la bourgade de Port Townsend. Avec son port stratégique, elle était destinée à devenir la New York de la côte ouest. Las, après une courte prospérité, Port Townsend est tombée dans une profonde léthargie. Elle est restée telle qu’au début du XXe siècle, avec ses magnifiques immeubles victoriens, ses maisons en bois peint au charme délicieusement rétro. Une jolie marina dans le style 1930 complète le tableau. Toute la ville vit dans le passé : beaucoup de restaurants et de galeries d’art, mais encore plus de brocanteurs et de boutiques vintage ! On s’y promène à pied, sous les frondaisons des grands platanes qui bordent les larges avenues si peu encombrées.

Tout à côté, Fort Worden est une autre machine à remonter le temps. Le grand camp militaire, qui servit notamment de décor au film six fois oscarisé « Officier et Gentleman », a été construit en 1902. Déserté par l’armée dans les années 50, il abrite aujourd’hui des chambres d’hôte et des activités très disparates depuis une école de menuiserie jusqu’à un studio d’enregistrement. Rien n’a changé pourtant : on s’attend presque à voir une troupe de soldats passer le coin d’un bâtiment en rangs serrés…

A Forks, les amateurs de la série Twilight verront les voitures de Bella, l’héroïne. Celle décrite dans le roman et celle qui a servi au tournage du film.

Fêter l’anniversaire de Bella

Puis, pour parvenir à Neah Bay, la route longe le détroit Juan de Fuca. Elle est classée « route panoramique ». En chemin, les amateurs de la série Twilight bifurqueront vers Forks. Ce bourg de 3 175 âmes est devenu célèbre avec la saga littéraire de Stephenie Meyer –plus de cent millions d’exemplaires-, puis les films et feuilletons. Chaque 13 septembre, des milliers de personnes viennent y fêter en grande pompe l’anniversaire de Bella, l’héroïne. Et tout au long de l’année, les fans sont légion en pèlerinage sur les sites mythiques : l’école, l’hôpital, le supermarché…

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Destins de « natives »

Les Amérindiens, les « natives », sont très présents dans l’Etat de Washington. S’il y a quelques casinos et établissements de jeux , la plupart des tribus du Nord-Ouest sont restées fidèles à la nature.

Leurs territoires –qui ne sont plus qu’une infime partie de ce qu’ils étaient avant l’arrivée des colons– comportent lacs et forêts qu’elles administrent en bons gestionnaires. Les « natives » exploitent les bois et autres richesses naturelles, ont construit hôtels et villages de vacances dans ces régions à la beauté sauvage.

De tout temps, les Makahs ont vécu de la pêche et chassé la baleine, mais aussi cultivé les champs, travaillé le bois et le métal. (Doc. Musée Makah à Neah)

A l’extrémité de l’ « Olympic peninsula », les Makah vivent toujours de la pêche. Le grand port de Neah en témoigne. A une autre époque –il y a un siècle et demi encore– ils auraient tenté de capturer la baleine qui passe si près du rivage. Nus dans un frêle esquif ballotté par les fortes vagues, ils l’auraient harponnée. Puis, l’un des hommes se serait jeté dans les eaux glaciales pour aller lui coudre la gueule et ainsi éviter qu’elle ne coule.

La scène est décrite au musée construit à la sortie du village. Un endroit émouvant qui illustre à merveille le destin des « natives ». Les Makah y présentent le fruit des fouilles archéologiques réalisées dans un de leurs villages. Parfois vieux de plusieurs siècles, il y là d’innombrables outils, bijoux, objets et documents en tous genres qui donnent une idée précise de l’importance et du rayonnement des Makahs. Forte de plus de dix mille âmes, la tribu a cependant failli disparaître à la fin du XIXe siècle, décimée par les maladies apportées par les colons.

 

Recouverts de mousse et de lichen, les arbres de l’extraordinaire et rare forêt primaire pluviale, dans le « national park Olympic ».

Crédit photo : Mossey Mapples

Les arbres prennent une allure fantomatique

L’auteur a choisi Forks parce qu’elle est la ville des Etats-Unis où il pleut le plus.
La petite ville se trouve en bordure de l’ « Olympic national park ». Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, celui-ci abrite d’exceptionnelles forêts primaires pluviales. Notamment près du magnifique lac Quinault. Les arbres –cèdres et érables rouges, pins Douglas…, tous immenses– sont recouverts de mousse et de lichen et prennent une allure fantomatique, spectrale. Un tableau surprenant.

Puis, vers le cœur du parc qui occupe quasiment toute la péninsule, s’élèvent de grandes montagnes s’étageant entre 1 800 et 2 400m. La longue barrière de Hurricane Ridge, pas moins de 26 glaciers et d’innombrables lacs : la nature y est grandiose. Plus de 1 000 km de sentiers balisés sillonnent le parc et c’est encore à pied qu’il s’admire le mieux.

Ruby Beach, l’une des plus impressionnantes plages du sanctuaire marin du parc.

Crédit photo : Jim Nelson

Informations pratiques

Offices de tourisme : www.seattle-tourisme.fr et www.visitolympicpeninsula.org

Y aller

La compagnie américaine Delta Airlines est la seule à effectuer un vol direct de Paris à Seattle, qui est la destination de la côte ouest des USA la plus proche de la France. Elle propose une classe Economy Comfort, où les cinq premières rangées de la classe éco disposent, moyennant supplément, de plus d’espace pour les jambes et d’une meilleure inclinaison des sièges. Toutes les places éco offrent des télés individuelles. En classe affaires, Delta offre des lits plats. Le vol permet de nombreuses connexions vers l’ensemble des USA et notamment l’Alaska.

Se loger

  • Lake Quinault lodge, une situation idyllique au bord du lac pour un lodge historique (tous deux gérés par les Indiens Quinault)
  • A Neah bay, le village de vacances Hobuck Beach Resort aux confortables bungalows (possibilité de camping) géré par la tribu Makah

Des guides

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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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