Vous êtes ici >>

L’Esprit Aloha – Notre premier échange de maisons

Un projet

Nous connaissions l’échange de maisons. Comme beaucoup de gens, nous en avions entendu parler par la presse Internet et la formule nous plaisait beaucoup. Tout d’abord pour les économies qu’elle nous permettrait de réaliser sur notre budget vacances. Pas de frais de chambre d’hôtel ou de location de maison à assumer ni de location de voiture, nous permettant de ce fait de partir plus loin et pour plus longtemps. Cette façon de voyager nous donnait également l’occasion de nous rapprocher de l’«écotourisme». Ensuite, la formule s’inscrit dans une logique de convivialité et de partage humain que nous privilégions. Et c’est ce dernier aspect du voyage qui a fini de nous rendre complètement accros.

Pour un premier échange de maisons, nous avons donc choisi d’échanger avec la France (nous sommes une famille québécoise avec deux jeunes enfants). Décision facile et conservatrice parce que nous connaissons bien ce pays, avons beaucoup d’affinités avec nos cousins français et beaucoup d’entre eux veulent venir au Québec.

Sauf que les choses ne se sont pas passées comme nous le voulions. Après beaucoup de démarches, nous n’avons pas réussi à trouver une famille française disposée à échanger avec nous pendant les dates de nos vacances, que nous prenions de la mi-juin à début juillet. Et puis eurêka, un matin, mon mari me réveille pour m’annoncer qu’il a trouvé sur un site d’échange de maisons, une famille hawaïenne désirant venir à Montréal les mêmes dates que les nôtres. Branle-bas de combat, nous sommes certains que toute la ville de Montréal va vouloir faire comme nous, nous prenons rapidement contact par courriel avec cette famille, et là, pas de réponse pendant trois semaines. Puis enfin, une réponse : un échange serait possible. Les semaines passent, nous échangeons plusieurs courriels pour poser nos questions, bien espacés, parce que notre interlocutrice hawaïenne, ne vérifiait pas souvent sa boîte à lettres électronique.

Une fois toutes nos interrogations dissipées, nous convenons de nous parler au téléphone pour régler les derniers détails de l’échange. J’appréhendais un peu cette conversation, n’étant pas certaine de comprendre l’accent hawaïen même si je maîtrise très bien l’anglais. À tort puisqu’il s’est avéré que mon interlocutrice n’avait pas d’accent du tout. Lors de cette conversation, nous avons tout de suite convenu que nous nous comporterions, comme si nous étions cousins éloignés en visite les uns chez les autres. Donc, nous échangions tous les produits ménagers, poudre à lessiver, savons, épices, café, etc. Ce contact vocal fut très fluide et contribua à instituer un climat de grande confiance.

Un voyage

Enfin, nous partons. Après onze heures d’avion, nous avons été accueillis à Honolulu par une famille amie de la famille avec laquelle nous échangions, avec les colliers de fleurs (« lei ») qui symbolisent tant ces îles. Le contact a été facile. Cette famille nous a accueillis accompagnée de ses deux fils, dont un avait l’âge de notre fils aîné et nous a reconduits à la maison qui serait la nôtre pour ces trois semaines de vacances. Une voiture fai

sait également partie de l’échange.

À notre arrivée à la maison, un grand panier tressé avec couvercle rempli de produits locaux (noix de macadam, café, mangues et algues séchées, chocolat, etc.) nous attendait, gentille attention de nos hôtes.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Cette maison était située sur le flan de la chaîne de montagnes Koolau, au-dessus de la Baie de Kanehohe. Presque toutes les pièces surplombaient le Pacifique. La maison était simple et confortable. Nos « échangistes » avaient prévu des jouets et des DVDs pour les enfants. Nous y avons vécu comme chez nous.

Parce que nous voyagions avec nos enfants qui avaient alors 5 et 2 ans, nous avons décidé de nous limiter à l’île d’Oahu que nous avons complètement ratissée. Nous avons découvert une culture très différente de la culture américaine continentale. Je dirais même que les Hawaïens entretiennent cette différence avec fierté. Je n’avais alors pas d’idées préconçues et nous l’avons goûtée avec délices. J’ai trouvé que l’île avait résolument un aspect oriental présent tant dans la cuisine que dans l’allure des gens et même l’architecture. Nous nous sommes régalés de mets coréens, japonais et autres, au grand plaisir des enfants et de notre bourse.

D’un côté, nous avions Honolulu et toute l’effervescence d’une grande ville avec son petit château Iolani (Hawaï avait une famille royale), sa ville chinoise, Waikiki et ses plages bondées. Et de l’autre côté, nous avons trouvé la forêt tropicale, les champs de canne à sucre, les plantations d’ananas (j’ai toujours pensé qu’un ananas poussait sur les arbres… alors qu’il pousse plutôt sur une plante basse), les magnifiques plages publiques avec vagues gigantesques, la Baie d’Hanauma… Partout des noms de rues, de régions et de villages imprononçables avec beaucoup de « k » et de voyelles, pour nous difficiles à retenir, mais si poétiques à l’oreille.

Et puis quelques jours après notre arrivée, nous recevons un coup de téléphone de nos « échangistes » qui nous offrent d’utiliser leur deuxième voiture, une décapotable sport garée devant la maison. La confiance mutuelle était maintenant bien établie.

Ensuite, nous avons revu la famille venue nous chercher à l’aéroport, presque tous les jours. Un soir, elle nous a invités à passer une soirée familiale sur le bord d’une plage, organisée par une communauté paroissiale (une des nombreuses églises américaines), ce que nous avons accepté avec plaisir. Il nous fallait amener notre souper et à boire. Des hot-dogs et du pop corn étaient servis aux enfants. Lorsqu’il a fait noir, un grand écran de projection a été dressé sur le sable et on nous a présenté un film pour enfants. L’accueil était chaleureux, personne n’a tenté de nous convertir, nos enfants étaient très heureux de jouer avec d’autres enfants. Bref, nous étions ravis.

Des souvenirs

Ces trois semaines ont passé trop rapidement. Il a bientôt fallu refaire nos valises. Cet échange de maisons a été un grand succès. Un seul regret, ne pas avoir rencontré en personnes nos « échangistes ». Nous sommes par contre restés en contact avec eux et avons été invités à aller les visiter. Un jour peut-être. En attendant, cet échange nous a permis de découvrir une île époustouflante et de vivre l’esprit Aloha, au sens de l’hospitalité et du souci d’autrui passant par le respect de la personne et de sa personnalité. Il est si présent dans les mentalités qu’il a donné à Hawaï son surnom : "Aloha State" (État d’Aloha).

Parce que l’échange de maisons c’est d’abord et avant tout un partage, nous avons depuis redécouvert cet esprit Aloha en France, au Portugal, en Italie, en Turquie et bientôt ailleurs…

Laisser un commentaire

Share via
Copy link
Powered by Social Snap