Vous êtes ici >>

Kinawit : ma belle rencontre autochtone à Val d’Or

Après avoir dormi dans une maison longue chez les hurons Wendat près de la ville de Québec, j’ai découvert la culture Anicinabe et Cris sur le site culturel et touristique Kinawit. Retour sur mes deux jours passés sur place…

 

 

Le projet Kinawit

Situé en territoire traditionnel Anicinabe sur le bord du lac Lemoine à Val-d’Or en Abitibi-Témiscamingue au Québec, Kinawit est un site culturel autochtone. A Kinawit, pas d’indiens avec des plumes sur la tête. Kinawit ne donne pas dans le folklore. Et c’est tant mieux !

Kinawit

Signifiant le « nous inclusif » en langue algonquine, Kinawit est un projet culturel à double sens :

  • C’est un lieu où les autochtones peuvent vivre leur culture et leur tradition en dehors de la ville tout en étant proche de Val-d’Or
  • C’est aussi un pont entre autochtones et non autochtones via le projet touristique

A Kinawit, pas d’indiens avec des plumes sur la tête. Kinawit ne donne pas dans le folklore.

Tipi Kinawit

Renouer avec sa culture

La politique d’assimilation du Canada en vigueur jusqu’au début des années 70 qui consistait entre autre à placer les enfants amérindiens dans des pensionnats pour autochtones a été reconnue par la commission « vérité et réconciliation » comme une politique de «génocide culturel». Pour en savoir plus sur ce sujet, lisez l’article de Slate.

Conséquence directe de cette politique, de nombreux autochtones se sont coupés de leur culture et tradition.

Jenny, coordinatrice du projet Kinawit

« Je connais bien ma culture mais pas depuis de nombreuses années » me confiera Jenny, coordinatrice du projet Kinawit et algonquine originaire de Longue-Pointe. C’est après la découverte d’ossements amérindiens en 1998 sur le site du fort de Témiscamingue qu’elle s’intéresse pour la première fois à sa culture après avoir reçu une éducation québécoise.

Barbara Kinawit

« Le tambour, c’est le battement du cœur. C’est un instrument magique qui crée un champ magnétique entre le monde des esprits et notre monde physique. En entendant le son du tambour, on peut sentir les forces du haut descendre jusqu’à nous, comme pour nous instruire. »

Eliane Kistabish

Je n’ai pas entendu le son du tambour car seuls les hommes peuvent en jouer mais Barbara a joué du tambour à mains ou tewekan en langue Anicinabe. Née d’un père polonais et d’une mère Anicinabe, elle se réapproprit doucement sa culture autochtone en travaillant à Kinawit.

Lillian Kinawit

Lillian, Cris originaire de la Baie James habitant aujourd’hui à Val d’Or m’avouera que « des souvenirs d’enfance dans les bois me reviennent parfois à la surface ». Après avoir connu les pensionnats, elle renoue avec sa culture pour trouver son équilibre et la transmettre à ses enfants.

« Le sac à médecine me donne beaucoup d’équilibre » Lillian

Je n’ai pas assisté à des rassemblements ou cérémonies autochtones mais Lillian m’a parlé de la cérémonie des premiers pas pratiqués par les Cris et les Attikameks. Quelques semaines avant mon passage, une telle cérémonie avait eu lieu dont voici deux photos. En savoir plus sur la cérémonie des Premiers pas.

Cérémonie des Premiers Pas

© Lillian Icebound

© Lillian Icebound

Les activités touristiques

Kinawit permet aux visiteurs de dormir sur place. Au choix : tipi dans les bois ou chalet rustique. Je dois vous avouer que j’ai opté pour le chalet car les maringouins étaient encore bien présents.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Jenny et son équipe proposent aussi toute une série d’activités permettant de découvrir la culture Anicinabe et Cris, les deux communautés autochtones les plus présentes sur Val-d’Or. A commencer par la visite du site. J’ai appris que le chapitoine servait à la préparation des plats traditionnels autochtones ou encore que le tipi central était utilisé pour les cérémonies comme celle des « Premiers pas ».

L’exposition « Parce que l’urbanité est aussi Anicinabe » permet de saisir toutes les défis et les difficultés de la culture autochtone à Val-d’Or. Très instructif.

Exposition Kinawit

Il y a enfin les ateliers de sensibilisation à la culture autochtone :

  • Découverte des plantes médicinales à travers les sentiers
  • Dégustation de bannik et de thé du Labrador
  • Fabrication d’art et d’artisanat
  • Préparation de bannik et découverte de saveurs autochtones

Bannik

Préparer la bannik avec Lillian

Avec Lillian, j’ai appris à préparer la bannik, le pain traditionnel autochtone. « Traditionnellement la bannik est cuite au feu autour d’un bâton de tremble » m’expliquera t-elle mais comme il pleut, on la prépare au four dans la cuisine de Kinawit.

La bannik est utilisée quotidiennement par les autochtones. Si à la maison les Cris la préparent plutôt au four, les Anicinabe préfèrent la poêle.

A Kinawit, j’ai rencontré des personnes qui m’ont parlé ouvertement de leurs cultures autochtones, de leurs défis et difficultés au quotidien. Encore aujourd’hui, il n’est pas facile d’être autochtone à Val-d’Or. Barbara, Jenny, Lillian et Bradley, vous m’avez touché. Je n’en demandais pas tant. Merci 🙂

Kinawit

Informations pratiques

Kinawit

255, chemin des scouts

Val-d’Or (Québec) JP9 7A8

Tel : 819 825-6856 ou 819 825-8299

www.kinawit.ca

Comment s’y rendre ?

Vol international jusque Montreal puis vol interne jusque Val-d’Or.

Recherchez votre billet d'avion

 

Plus d’infos

Kinawit
Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

Laisser un commentaire

59 Shares
Share via
Copy link