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Jaco et Carraca

Lundi 26 juillet

Petite grasse matinée, levée à 8h00. Le restaurant de l’hôtel est fermé, le réceptionniste nous conseille un petit soda juste à côté. C’est du vrai tipico avec au menu leur petit déjeuner de gallo pinto, mais je ne me sens pas l’estomac d’avaler une telle assiette. La dame me propose une tortilla avec du fromage qui s’avèrera être un très bon choix et à tarif défiant toute concurrence.
Départ pour Jaco. La route est plutôt bonne et nous arrivons assez vite et sans encombre au pont de la Amistad qui enjambe le fleuve Tempisque. Le fameux par où descendaient les marchandises de l’intérieur par la piste espagnole. Bientôt le paysage commence à changer. Les palmiers, lianes et broméliacées refont leur apparition en plus grand nombre. Les panneaux n’étant toujours pas présents quand on a besoin d’eux, nous nous retrouvons à Puntarenas d’où partent les ferry pour l’île Cocos. En nous engageant sur la route je me suis tout de suite aperçu que ça n’allait pas, la lagune sur la droite n’était pas sur ma carte. Nous décidons de déjeuner là et manquons d’avoir un accident à un carrefour en cherchant à vérifier si le restaurant face à nous était ouvert. Julie a freiné juste à temps (à cause de mon cri) et nous nous en tirons avec une belle frayeur. La plage est bordée de petits restaurants et nous nous arrêtons manger. La carte proposant surtout des jus de fruits et glaces, nous optons pour un hamburger. Il n’est pas terrible, le seul repas décevant de tout le séjour, je ne vais pas me plaindre !

Nous reprenons la route et trouvons enfin des panneaux pour Jaco. Le souci c’est que les routes ont changé et Google Maps n’a pas été remis à jour. Après s’être renseignées une nouvelle fois (et là je plains les touristes qui ne parlent pas espagnol – je comprends mieux les guides qui ne recommandent pas la location de voiture), nous prenons l’autoroute en direction d’Orotina d’où part la route vers la côte. En même temps, quand j’avais préparé ma carte, j’avais senti que si on devait se planter sérieusement à un moment ça serait sans doute là, trop de routes et de carrefours. Pour changer il pleut.

A Tarcoles nous nous arrêtons au pont des crocodiles. Une dizaine d’énormes bestioles sont installées sur le bord du fleuve boueux à dormir. La région compte les plus gros spécimens du pays, encore chassés pour leur peau ailleurs ils sont tolérés ici. Ceux-ci sont même nourris. Nous passons devant l’entrée du parc Carrara, celui que nous viendrons voir pour les aras.
Chose étonnante, Jaco a des rues avec des noms et encore mieux, des panneaux pour les indiquer ! Incroyable. C’est la ville où viennent passer le week-end les habitants de San José, la plage la plus proche de la capitale. C’est donc totalement bétonné. Grâce aux noms des rues nous trouverons notre auberge tout de suite dans une petite rue colorée donnant sur la plage. L’hôtel de Haan est l’hôtel typique des surfeurs, avec location et vente de planches, et sur le bâtiment un van avec un amoncellement de planches de surf attachées au toit. Nous héritons d’une grande chambre dortoir privatisée, nous sommes loin d’être en haute saison, donc il y a de la place et j’avais réservé une chambre privée dans l’autre auberge. On s’en tire bien, même beaucoup mieux que dans l’autre.

Nous nous arrêtons dans une échoppe qui propose des smoothies et sandwichs. J’opte pour un smoothie ananas, Julie prend une formule sandwich, smoothie, salade de fruits. Nous partons faire les boutiques, de toutes façons il est trop tard pour aller au parc. Tous les prix sont indiqués uniquement en dollars. Par contre les restaurants semblent proposer des menus en espagnol et traditionnels. La plage est noire avec un sable en gravillons et dangereuse à cause des courants, une vraie plage de surf. Ils sont d’ailleurs nombreux et doués.

La ville est goudronnée et bétonnée, sans le côté un peu baba-cool de Tamarindo dont les rues sont en terre. Il y a plus de locaux et on se sent moins sûr. Les guides ne font rien pour rassurer le touriste les prévenant de tous les dangers de la ville. Ici il y a clairement une certaine friction entre les locaux et les touristes… Le tourisme devient un vrai problème dans ce pays, les étrangers sont en train de “chasser” les locaux au profit des resorts, condominiums et autres sites dédiés aux touristes et retraités américains. Nous avons mis la voiture dans un parking, la rue est étroite et nous semblait moyennement sûre.
C’est fou, jusque là c’est l’hôtel le moins cher du lot, Gringo’s Pete à Fortuna, qui nous aura fourni la meilleure ambiance et service, même si la chambre était petite. Celui de Santa Cruz n’avait vraiment rien d’exceptionnel et ne justifiait pas son prix, d’autant qu’en plus on n’a pas vu la fiesta ! Ca nous aura permis d’avoir un aperçu d’une ville de l’intérieur non dédiée au tourisme. La campagne du Guanacaste était bien agréable. Rien vu d’intéressant dans les boutiques (mais il y a longtemps que j’ai arrêté les bibelots qui prennent la poussière). J’ai acheté mon gekko à Tamarindo, le café, je n’ai besoin de rien d’autre. Le shopping ne m’aura pas coûté cher. Je ne suis pas sûre qu’on ait choisi la bonne formule pour visiter. Je suis frustrée de ne pas avoir vu d’animaux. Il nous reste deux parcs, j’espère qu’on aura plus de chance.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Julie a repéré ses achats : sacs, hamacs… Nous retournerons dîner à l’échoppe des smoothies.

Mardi 27 juillet

Malgré le bruit au dehors et le ventilateur je me suis assez bien endormie. Réveillée tôt comme toujours, je me suis levée à 6h00 pour partir de bonne heure à Carrara. Le parc ouvre à 7h00, nous avons convenu d’y aller tôt pour éviter les touristes. Nous petit-déjeunons dans une boulangerie qui offre un très bon café (on est au pays du café, ça paraît évident). Nous partons finalement vers 7h30 après s’être entendues avec la proprio pour laisser nos affaires dans la chambre. En hiver le parc ouvre à 8h00, nous sommes donc parmi les premiers malgré les 30 km de route pour y arriver. On nous fournit un plan des lieux et nous voilà parties. Quelques panneaux (!) nous expliquent l’écosystème des lieux. Ce parc est la seule zone de transition entre la forêt sèche et la forêt humide du pays. Elle abrite donc une faune et flore spécifiques. Dans le temps c’était une zone de culture, hacienda, et déjà à l’époque pré-colombienne, la jungle avait été défrichée. La forêt avait disparu, mais ici dès qu’on laisse pousser ça repart très vite. D’immenses palmiers et des fromagers bordent le sentier de randonnée. On entend quelques aras mais les voir est une autre paire de manche. J’en verrai deux voler en hauteur, simples silhouettes noires. Julie a débusqué un petit groupe de chauve-souris sur un arbre, moi un vilain mille-pattes jaune et noir. Notre plus belle chance ça sera trois agoutis que nous avons pu observer longuement. Ca creuse et ça s’assoit pour manger, sorte de très gros écureuil sans queue. Une famille d’américains semble ignorer que seul le silence permet de voir les animaux et Julie leur demande le silence quand ils arrivent à notre hauteur. Je montre à la gamine le pourquoi du besoin de silence, elle se met à chuchoter du coup. Ceci dit les bestioles doivent avoir l’habitude car elles n’ont pas l’air bien perturbées.

Un peu plus loin nous observons une sorte de caille. Sur le parking un énorme iguane nous fait un spectacle. Pour les animaux c’est encore raté, j’espérais vraiment voir les aras promis par les guides, mais j’imagine qu’il faut un guide et sans doute des heures plus matinales. Cependant la balade était agréable, j’ai vraiment ressenti le calme des lieux, un apaisement très reposant.
Nous partons pour Manuel Antonio, à une cinquantaine de kilomètres. Il fait relativement beau, même si le ciel est toujours couvert. Les pâtures à bétail continuent de border la route, ainsi que les haciendas. De beaux points de vue sur la côte. Plus loin, la jungle et les pâtures sont remplacés par de la culture de palmiers, pour, je suppose, de la production d’huile de palme. Nous croisons quelques bœufs attelés au travail. Plus loin l’usine de traitement empeste l’air.
Nous arrivons à Manuel Antonio à 15h00 et trouvons l’hôtel “sous l’escalier en face du terrain de foot” sans problème. Auberge de routards avec des dortoirs et salles de bains communes. Ca n’est pas cher, le petit déjeuner est compris, ainsi qu’internet et 10 minutes d’appel international, il y a une piscine et des hamacs. Il est trop tard pour le parc, nous nous installons tranquillement. Julie s’allonge faire la sieste (elle a l’habitude de la faire tous les jours). Je fais le tour des installations. Le point de vue depuis la piscine est superbe et ils ont une charrette traditionnelle en déco dans la paillotte à côté de la piscine, bien équipée avec douches, WC, coin repas.

Puis le déluge éclate vers 16h30. A 20h00 il tombe toujours des cordes, les éclairs s’enchaînent, la température a baissé, je finis par aller mettre une chemise en coton et un pantalon (doit faire 23, mais bon…). Nous avons décidé de visiter le parc avec un guide afin d’avoir une dernière chance de voir des animaux. Ils viennent nous chercher à 7h50 demain matin. J’espère qu’il fera beau, mais ça devrait se dégager comme tous les matins.
Bravant les trombes d’eau nous allons au soda juste à côté manger un casado. Le ventilateur de la chambre est un moteur de 747 recyclé car trop bruyant. Un vacarme infernal. Les filles de la chambre ont fait la sieste et ont maintenant disparu après s’être habillées et maquillées, elles sont là pour faire la fête ! Enervée par le bruit, je finirai par éteindre le ventilateur, qui sera rallumé par les filles à leur retour de boîte… Mais au moins je me serai endormie un moment.

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