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Irlande : Les terres sauvages du Donegal

Si l’Irlande faisait un concours de ses régions les plus sauvages –un sacré boulot–, la palme reviendrait sans aucun doute au comté de Donegal. Isolé dans le nord-ouest du pays, il aligne falaises abruptes battues par les vagues, landes désertes et romantiques dans une succession de paysages d’une rare beauté.

Une échancrure dans la lande fait apparaître le sommet des falaises. Encore quelques pas et le petit groupe se fige, stupéfait. Le spectacle est somptueux. De hautes murailles en demi-cercle tombent dans la mer aux couleurs émeraude et turquoise. A leurs pieds, les vagues festonnent d’écume blanche une étroite plage de galets. Glenlough Bay. Plantés dans l’eau près du rivage, des rochers énormes, aux formes biseautées comme le seraient les facettes d’une gemme.

Glenlough Bay. Un endroit d’une grande beauté, très peu visité.
Glenlough Bay. Un endroit d’une grande beauté, très peu visité.

Les moutons n’ont même pas de propriétaire

« Ce ne sont pas des rochers. Ce sont mes rochers », déclare Iain Miller, sans rire. A force de les escalader, cet accompagnateur en montagne qui nous a guidés jusque-là en est tombé amoureux. Il se les accapare d’autant plus facilement que, outre ses clients, presque personne d’autre n’y vient. Les phoques qui y vivent ne sont pas souvent dérangés.

Le tableau paraît encore plus grandiose lorsqu’on le sait réservé à quelques poignées de privilégiés dont on fait partie. Pour l’admirer, il faut venir à pied. « Rares sont ceux qui viennent jusque-là, affirme encore Iain. Quelques dizaines dans l’année, tout au plus. Pourtant ce n’est pas très compliqué. » Deux ou trois heures de marche à travers une lande enchanteresse. On n’y croise que des moutons –pas mal d’entre eux n’ont même pas de propriétaires, affirme le guide– et les sentiers sont inexistants, ou presque.

Le randonneur trace son chemin dans la bruyère qui lui monte jusqu’au genou. Les repères ? Quelques pitons, des lacs…Et, quasiment en touchant au but, les ruines de deux fermes voisines. Habitées par deux frères jusqu’au début du siècle dernier, elles étaient les maisons les plus isolées du pays: 26 km jusqu’à la route la plus proche.

Des randonnées à travers la lande enchanteresse, avec de la bruyère jusqu’au genou.
Des randonnées à travers la lande enchanteresse, avec de la bruyère jusqu’au genou.

The Wild Atlantic Way

Avec ses 2 500 km, c’est la plus longue route touristique côtière au monde. La Wild Atlantic Way suit les contours de l’ouest de l’Irlande. Longeant ses rivages et ses falaises les plus sauvages, elle relie les comtés de Donegal, au nord, à celui de Cork, au sud.

La Wild Atlantic Way, terminée en 2014, est bien sûr balisée de bout en bout. La route -qui n’est parfois qu’un étroit chemin tout juste goudronné-, mais aussi tous les points de vue. Il y en a tant et plus ! Répartis en trois catégories, pas moins de 159 sites touristiques ont été aménagés, avec parkings et sentiers de découverte. L’investissement est conséquent : dix millions d’euros.

Bien plus qu’un itinéraire dans un cadre grandiose, c’est une invite à découvrir les côtes irlandaises en profondeur. Avec leurs traditions, particulièrement vivaces, leur patrimoine et leurs habitants.

Le site de la route  www.ireland.com/fr-fr/wild-atlantic-way/  est une mine de renseignements : cartes, plans, documentation touristique très fouillée pour chacun des secteurs. Il fournit aussi toutes sortes d’adresses et de suggestions, notamment pour l’hébergement et les différentes activités possibles, ainsi qu’agenda culturel, bons plans en tous genres…

Dans le sud du Donegal, les falaises de Sliabh Liag sont les plus hautes d’Irlande. Elles constituent l’un des sites majeurs de la route. © Office de tourisme Irlande
Dans le sud du Donegal, les falaises de Sliabh Liag sont les plus hautes d’Irlande. Elles constituent l’un des sites majeurs de la route. © Office de tourisme Irlande

Festivals de musique celtique

Les choses ont changé entre-temps, mais le Donegal reste un comté très… rustique. C’est une terre fortement ancrée dans la tradition. La langue et la musique celtiques sont toujours vivaces. Outre les fabriques de tweed, la charmante petite ville d’Ardara, aux multiples et sympathiques pubs, est très connue pour ses festivals à répétition. Celle de Gaoth Dobhair également. C’est ici que le groupe Clannad et la mystique chanteuse Enya ont pris leur envol.

Dans les ballades traditionnelles, il est souvent question de guerre, de patriotisme, d’amours contrariées. Et de la mer aussi. Elle peut se montrer d’une violence inouïe. Même lorsque le bulletin météo ne parle pas de tempête, ce sont des vagues hautes de dix mètres, voire plus, qui s’abattent inlassablement contre les falaises des endroits les plus déshérités. Notamment ces îles qui jalonnent la côte, comme Gola Island. Un spectacle dantesque, fascinant.
Depuis qu’ils sont recensés, l’Irlande a connu quelque 12 000 naufrages dans ses eaux. Pour la plupart autour du Donegal !

Le pub, escale incontournable dans chaque localité. Ceux d’Ardara sont réputés pour les festivals de musique celtique.
Le pub, escale incontournable dans chaque localité. Ceux d’Ardara sont réputés pour les festivals de musique celtique.

Un romantisme effréné

Bien sûr, il est aussi des rivages beaucoup plus hospitaliers. Avec même de riantes plages où s’ébattent les familles, comme dans la baie de Dunfanaghy. Quelques unes, comme Silver Strand, située plus au sud non loin de Sliabh Liag –un autre endroit extraordinaire avec un magnifique point de vue sur les plus hautes falaises d’Irlande– sont franchement très belles.

L’intérieur des terres est tout aussi envoûtant, baignant dans un effréné romantisme. Il faut voir la grande croix de pierre –l’une des plus vieilles puisqu’elle date du VIe ou VIIe s.et plus hautes d’Irlande– dans les ruines de l’église de Ray, à Falcarrragh, pour s’en convaincre.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Aller se promener dans le parc national de Glenveagh. Au cœur des monts Derryveagh se succèdent lacs, forêts et tourbières dans une région que la main de l’homme ne semble jamais avoir touchée. Si : pour y ajouter ce château. Une superbe folie, qu’un richissime homme d’affaires se fit construire là, au bord du lac, dans les années 1870. Il avait succombé au charme. Tout comme le feront les propriétaires successifs, et leurs hôtes, parmi lesquels Greta Garbo ou Charlie Chaplin. Il est vrai que pour fuir les « Lumières de la ville » –le titre d’un des plus célèbres films de « Charlot »– il n’est d’endroit mieux rêvé.

Le château de Glenveagh, dans le style écossais, une folie construite vers la fin du XIXe siècle.
Le château de Glenveagh, dans le style écossais, une folie construite vers la fin du XIXe siècle.

Informations pratiques

Office de tourisme irlandais www.ireland.com/fr-fr/

Y aller avec Aer Lingus

Quand ?

L’Irlande bénéficie d’un climat tempéré tout au long de l’année, il ne fait jamais ni très chaud ni très froid. Eviter les mois de décembre et janvier, les plus pluvieux.

Hébergement

Découvrir le comté de Donegal d’une manière originale (marche, escalade, kayak de mer…) et plus particulièrement Glenlough Bay avec un accompagnateur : Iain Miller
Circuits à thèmes, excursions et séjours dans toute l’Irlande avec Extreme Irlande

Un guide : Le Guide du Routard, Irlande.

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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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