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Fantôme et gorgones !

Vendredi 5 novembre : Fantôme et gorgones !

Au petit-déjeuner, nous discutons avec Jeannette qui a préparé le petit déjeuner. Elle a de la confiture de papaye locale, avec une gousse de vanille dans le pot et une grosse miche de pain local. Elle nous dit que les baguettes sont de fabrication industrielle. Elle nous parle aussi du pain marmite fabriqué sur l’île, cuit dans une grosse marmite. Nous partons ensuite rejoindre le nord de l’île, jusqu’à Easo. Nous trouvons sans problème le club, malgré le fait que nous n’avions qu’un numéro de boite postale (on a dû appeler pour savoir où c’était). Les bureaux du club sont installés dans un container mais ils sont en train de construire des locaux moins sommaires à côté. Annabella, Australienne, est très sympathique. Elle fait aussi de la photo sous-marine et a le même matériel que nous. Nous n’avons pas besoin de palabrer pour prendre la valise photo avec nous. Le moniteur du club, Fred, Mélanésien originaire du village, est aussi très sympathique. Le courant est vite passé. Annabella s’excuse car leur grand zodiac est en panne, ils attendent toujours une pièce pour le moteur. Heureusement qu’ils ont aussi un second zodiac, plus petit, mais largement suffisant pour le nombre de plongeurs que nous sommes, malgré la présence d’un imposant "dive master" Australien tout droit débarqué du gros paquebot de croisière mouillant dans la baie. Il lui faudra deux ceintures de plomb mises bout à bout, pour faire le tour de sa taille. Il nous raconte qu’il y a presque 3.000 personnes sur le paquebot (pour 10.000 habitants sur l’île de Lifou).
 

Nous embarquons sur le zodiac à partir de la plage parce que le ponton est utilisé par les navettes du paquebot. Le capitaine, qui parle tantôt en Anglais, tantôt en Français, met alors le cap vers l’extrémité est de la baie du Santal. Nous dépassons le cap où se dresse l’église Notre Dame de Lourdes. Le mat du paquebot dépasse le clocher de l’église. Avant la mise à l’eau, Fred forme deux palanquées. Il part avec le dive master Australien et une plongeuse niveau 1 (FFESSM) tandis que nous formons une palanquée avec une autre plongeuse niveau 3. Cette première plongée se fait sur le site de Gorgone Reef (25 mètres / 60 min), c’est à dire un gigantesque pinacle de corail remontant de plus de 40 mètres de profondeur jusqu’à 5 mètres sous la surface. Depuis la surface, nous apercevons un requin pointe blanche posé sur le sable, au pied du pinacle. Ce qui marque cette première plongée à Lifou, c’est la visibilité incroyable qu’il y a : plus de 40 mètres ! La troisième plongeuse de notre palanquée est toujours loin derrière nous (c’est l’enfer une palanquée avec deux photographes ; Christophe choisit de ne pas s’éloigner d’Anne-Marie), mais heureusement nous pouvons la suivre de loin aux bulles.

Malgré la porte grande ouverte vers les profondeurs, nous faisons attention. Annabella nous avait bien rappelé que le caisson, à Nouméa, est bien loin de Lifou. De loin, nous suivons aussi Fred, pour voir où il passe. Justement, il vient de rentrer dans une grande faille qui sépare deux pinacles de corail. Dans le passage, une énorme gorgone, plus de 2 mètres 50 de large, nous barre pratiquement le passage. Nous passons ensuite sur un autre pinacle, un requin passe devant nous. Pour la fin de la plongée, nous remontons autour du pinacle de la mise à l’eau. Fred est déjà remonté sur le zodiac et après 60 minutes de plongée, Christophe sort son parachute, la troisième plongeuse de la palanquée n’attendait plus que ça, elle a froid.

Pendant l’intervalle surface, le capitaine fait plonger les deux baptêmes. Ce qui nous laisse plus de 1 heure et 20 minutes d’intervalle surface. La deuxième plongée s’effectue plus près d’Easo, sur Tomoko (22 mètres / 70 min). Pour cette plongée, nous ne sommes que quatre, le dive master Australien, la niveau 3 et nous. Fred (après être remonté chercher son ordinateur sur le zodiac) suit d’abord le récif vers l’est. La visibilité est toujours excellente, heureusement car la plongeuse niveau 3 est toujours 25 mètres derrière nous. Sur une gorgone, Fred montre un poisson fantôme . Anne-Marie reste un certain temps pour arriver à faire des photos de ce poisson qui ressemble à un hippocampe barbu. Christophe nage un peu vers le large pendant qu’Anne-Marie photographie les poissons le long du récif. C’est à ce moment là que passe deux thons, un gros de plus d’un mètre de long suivi d’un plus petit d’une trentaine de centimètres de long. Les deux poissons passent doucement au large avant de faire demi-tour et de repasser entre Christophe et Anne-Marie, à même pas un mètre de Christophe. Ils passent, en plus, tout doucement.

Fred attend alors que la palanquée se regroupe pour rentrer dans les grottes et les tunnels, parfois étroits, avec de nombreux puits de lumière qui rendent les lieux féeriques. C’est un véritable labyrinthe, heureusement, il n’y a qu’à suivre Fred qui avance tout doucement. De nombreux passages permettent de repasser vers le large, parfois barrés par d’immenses gorgones. Vers la fin de la plongée, notre niveau 3 est encore loin derrière. Avant de retourner la chercher dans les tunnels, Fred nous fait signe de tourner autour d’un piton calcaire qui remonte vers 3 mètres sous la surface. Le corail est resplendissant, plein de couleurs, bourré de "petits" poissons, comme ce poisson ballon ou cette baliste clown qui nage devant nous. Après 65 minutes de plongée, nous avons encore plus de 50 bars et nous aurions pu battre notre record de temps passé sous l’eau, mais l’autre plongeuse arrive avec le parachute de Fred. Il nous faut remonter (et les baptêmes avaient un peu froid à attendre sur le bateau), pourtant Anne-Marie est toujours attirée vers le fond. C’est vraiment l’un des plus beaux spots de plongée que nous avons fait depuis le début du séjour, même si nous n’avons pas vu de requin (un poisson fantôme, c’est loin d’être courant). C’est simple, un seul club, moins de 10 plongeurs par jour, la nature est préservée.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

A 15 heures, après avoir récupérer notre matériel de plongée qui était dans la remorque du club coincée à côté du ponton (il faut dire qu’avec le paquebot de croisière, c’est un peu le cirque autour du ponton : des Mélanésiens en habit "traditionnel" défilent devant les touristes, il y a des stands de tressage de cheveux, des crabes de cocotier sont tenus en laisse, les locaux proposent de l’exotisme à des touristes qui en réclament, mais tout ça a quand même un petit côté bidon ; après, il faut surtout voir le bon côté des choses, ça rapporte aux locaux, ce qui est très important dans une île où le chômage bat des records, si chacun y retrouve son compte tant mieux), nous profitons du cirque pour acheter de quoi grignoter (4 crêpes et de la boisson gazeuse à la mangue) avant de retourner à notre gîte pour rincer le matériel de plongée (dans les douches, pas très pratique, mais en attendant qu’Annabella se soit correctement installée, on ne pouvait pas faire mieux). Nous étendons tout le matériel sur les transats devant la case, mais avec l’humidité, rien ne sèche, même les gouttes d’eau sur le plastique des tubas campent sur leur position.

Après avoir vérifié que les photos d’Ouvéa étaient bien sauvegardées sur le disque dur, Christophe libère la place sur la carte mémoire de l’appareil photo au moment où l’ordinateur décide d’arrêter toute activité ! Nous nous demandons bien si un jour nous allons pouvoir revoir la photo du poisson crapaud de la pointe de Mouli. Nous avons bien un disque dur externe pour faire une sauvegarde, mais nous n’avons pas encore eu le temps de la faire. Après, c’est le flash sous-marin qui fait quelques misères à Christophe. Décidément que ce passe-t-il aujourd’hui ? Pour le flash, c’est juste parce que Christophe n’avait pas repositionné le bouton sur la position TTL après le rinçage ; pour l’ordinateur, ce n’est malheureusement pas qu’un réglage .

Nous sommes les premiers à entrer sous le grand faré pour le repas du soir, il n’y a que la serveuse de Jeannette qui prépare la table. Nous discutons avec elle. Alors qu’elle habite à quelques kilomètres d’Easo, elle n’a jamais vu de paquebot. Elle a vécu à Nouméa avec ses parents, mais ne supportant plus la ville, elle a préféré revenir vivre chez sa grand-mère sur Lifou d’où elle est originaire. Ce soir, en entrée, nous avons de la salade de papaye verte, servie avec des morceaux de sashimi (de la cuisine Japonaise ; nous avons apprécié). Puis, on nous amène le crabe (ou les crabes) de cocotier. Il y a des pinces et pleins de pattes bien remplies. C’est bon, très bon.

La chaire du crabe de cocotier est ferme, un peu plus sèche que celle du crabe de palétuvier que nous avons mangé à Poingam. Le crabe est servie avec du riz et des légumes mais nous y touchons à peine. En dessert, nous trouvons encore un peu de place pour de la glace.

Météo de la journée :
Le matin, la pluie nous accompagne jusqu’à Easo. Heureusement, elle s’arrête vite, sauf que les nuages campent sur leur position (très timide éclaircie pendant la seconde plongée). Il faut chaud, très chaud et très humide : même le matériel de plongée en plastique ne sèche pas.

 

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