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Bohême du nord : découverte nature à pied et à vélo

La République tchèque est un pays où il fait bon se plonger dans sa nature, parfois très sauvage, tout en découvrant de grandes richesses. En Bohême du nord, j’ai ainsi pédalé dans une campagne tranquille autour du château de Kost puis dans le parc national du Paradis de Bohême, fait une belle rando dans les Monts des Géants et enfin découvert une étonnante réserve naturelle, près de Kokořín.

 

« Tous les fruits qui vous font envie, au bord de la route, vous pouvez les cueillir ! » Et Vitek, qui nous emmène dans une belle balade à vélo dans la campagne, d’expliquer que cela remonte à l’archiduchesse Marie-Thérèse, qui régnait au XVIIIe sur l’empire austro-hongrois. Ses troupes trouvaient ainsi quelque chose à se mettre sous la dent, durant les longues marches vers les champs de bataille. En ce beau mois d’août, non seulement il y a beaucoup de fruits sur les arbres, mais il y a le choix. Merci, Marie-Thérèse !

La Bohême du nord à vélo

Même si elle nous mène d’un château à l’autre, notre petite expédition est tout ce qu’il y a de plus pacifique. La citadelle de Kost, qui se trouve à une grosse heure de voiture au nord de Prague, est impressionnante. Bâtie sur un éperon rocheux, au XIVe et XVe s, et agrandie au fil des siècles, elle me semble immense. En tout cas, elle m’en impose. Quelques scènes du film « les Visiteurs » y ont été tournées.

C’est à partir de ce bel endroit que j’enfourche mon vélo. Sur des chemins agricoles et des petites routes à travers une campagne tranquille, direction le Paradis de Bohême, un géoparc Unesco. Il porte bien son nom. Séduits par son romantisme, ce sont les artistes et les écrivains de la fin du XVIIIe qui l’ont ainsi baptisé. Moi aussi, je suis conquis par ses défilés et ses rochers aux formes torturées, les belles forêts de pins. En fin d’après-midi, depuis un promontoire naturel, je peux ainsi contempler l’un des nombreux châteaux édifiés dans la région, Hruba Skala. Dans cette belle lumière, il me semble tellement romantique, tellement… Bohême.

Rando dans les Monts des Géants

Puis, une cinquantaine de km encore plus au nord, cette fois près de la frontière polonaise, me voici à Harrachov. Depuis cette petite station de montagne, c’est parti pour une vraie rando : la traversée des Monts des Géants à pied en deux jours. C’est une grande classique. Elle est plutôt facile, car les dénivelés ne sont pas très importants, même si les étapes sont assez longues.

Mais ça en vaut la peine, car la rando offre des paysages variés. Elle se déroule entièrement dans le parc naturel des Monts des Géants, qui est aussi une réserve de la biosphère Unesco, s’étalant à la fois en République tchèque et en Pologne. D’ailleurs, on marche beaucoup le long de la frontière notamment sur le « chemin de l’Amitié tchéco-polonaise ».

Les décors sont variés. Je passe ainsi de forêts accrochées à la pente à un plateau recouvert d’une toundra presque désertique. Mon itinéraire me fait admirer la plus haute cascade du pays, près de 150 m tout de même, et voir la source de l’Elbe. Oh, rien de très spectaculaire. N’étaient les plaques émaillées de toutes les villes arrosées par le fleuve, comme Dresde ou Hambourg, je ne l’aurais peut-être même pas remarquée. En fait, l’Elbe naît de plusieurs résurgences et ce n’est que quelques centaines de mètres plus bas qu’elle devient ce joli ruisseau déroulant ces méandres dans la plaine.

Il n’y a quasiment pas d’habitations dans le secteur. Quelques rares fermes installées dans les clairières défrichées par les pionniers, il y a deux ou trois siècles, et toutes devenues aujourd’hui de sympathiques auberges de montagne. C’est dans l’une d’elles, simple mais chaleureuse, que je passe la nuit.

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Le lendemain, le but est le mont Snezka, le plus haut du pays. Rien d’affolant non plus : 1 603 m. Une grimpette plus qu’une ascension, mais assez éprouvante tout de même sous ce chaud soleil. En fait, il y a le choix entre de hautes marches, côté tchèque, et un chemin beaucoup plus sage, côté polonais, car le mont se trouve pile sur la frontière. D’en haut s’offre une belle vue, qu’il ne faut quand même pas espérer contempler dans le calme. L’endroit, où j’ai trouvé buvette et… chapelle, est en effet très fréquenté. En revanche, j’ai trouvé la descente vers Pec pod Sněžkou, une jolie station de montagne, elle, vraiment très sympa.

Au château et parc naturel de Kokořín

Le troisième et dernier jour de cette boucle dans le nord de la Bohême, et au nord de Prague, me trouve une nouvelle fois dans un château, celui de Kokořín, à une soixantaine de km de celui de Kost. La République tchèque en compte un peu plus de 2 000 ! Kokořín est, une fois de plus, un endroit particulièrement romantique. L’un des plus pittoresques aussi.

Quelques siècles durant, le château de Kokořín, édifié au XIVe, n’était plus que ruines. De celles qui enflamment l’esprit des poètes. Parmi eux, Goethe l’a décrit tel un « vaisseau qui vogue à travers le paysage des vallons boisés ».

Situé près de la petite ville de Melnik, le château est resté ainsi jusqu’à ce qu’un riche entrepreneur de Prague s’en entiche. Il l’achète en 1895, le restaure à grand frais dans un style néo-romantique. L’homme comptait en faire un relais de chasse, mais il avant même la fin des travaux. Ses héritiers connaissent quelques vicissitudes encore puisque le château de Kokořín est nationalisé dans les années 1950. Il leur est rendu en 2006, puis ouvert au public. C’est ainsi que je peux admirer de près cet petit palais, son fier donjon et les remparts, les belles salles d’armes. J’aime bien cet endroit.

Les alentours m’ont aussi réservé des surprises. Un parc naturel, le géoparc de Kokořín, a en effet été créé autour des étonnantes curiosités naturelles que réserve la région. Faute de temps, je ne me suis pas aventuré très profond. Pas besoin : à courte distance se trouvent ces curieuses roches en forme de champignon que les intempéries ont taillé dans le grès -il y a même de vrais labyrinthes- et de beaux lacs. Et tout çà à moins d’une heure de Prague !

Informations pratiques – La Bohême du nord

Office de tourisme de la République tchèque : infos touristiques plutôt détaillées sur les sites et les villes, activités, bons plans… tout y est !

S’y rendre ?

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Bonnes adresses

  • Complexe hôtelier Orea Resort Sklář (***) à Harrachov. C’est grand, moderne, confortable et fonctionnel.
  • Refuge-hôtel Štumpovka à Dvoračky, à1 137 m sur une crête avec une très belle vue. Une ancienne ferme, énormément agrandie, mais où l’on sert d’excellents plats traditionnels.
  • Refuge-hôtel Moravskà Bouda, à Špindlerův Mlýn, 1 255 m. Une ancienne ferme devenue un chaleureux et cosy refuge de montagne au décor boisé. Les chambres sont simples mais accueillante, la cuisine plutôt bonne.
  • Refuge-hôtel Lucni Bouda, non loin du mont Sniejka : un endroit historique, très grand -le plus grand et le plus ancien du parc- où j’ai déjeuné au snack. Plutôt bien : simple et pas cher. Mais les propriétaires y ont aussi fait d’énormes travaux de rénovation pour en faire un hôtel de grand luxe. Il est doté d’un spa où l’on peut prendre des bains de bière, car c’est aussi une micro brasserie !
  • Appart-hôtel Svaty Vavřinec à Pec pod Sněžkou propose des appartements très luxueux et confortables, dans un style design. L’établissement, réparti entre plusieurs immeubles de cette belle station de ski, dispose aussi d’un spa.
Bohème du nord, République Tchèque
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Journaliste venant de la presse régionale, maintenant je ne fais plus que ce que j'aime. C'est simple, non ?

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