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Amazonie : j’ai rencontré l’anaconda

En Amazonie, j’ai rencontré l’anaconda. Je vous raconte toute mon aventure…

Après 3 jours passés en Amazonie Colombienne, je traverse en lancha express le rio Amazone pour me rendre au Pérou dans la réserve naturelle de Marasha. Pas de douane à passer. L’Amazonie n’a pour ainsi dire pas de frontières.

Carlos, mon guide de la communauté de Puerto Alegria m’attend sur le ponton comme quelques saïmiris communs, de petits singes très actifs qui sautent dans tous les coins. A ce moment là, je ne sais pas encore que je verrais un anaconda.

Accueilli par un saïmiri commun
Accueilli par un saïmiri commun.

Marche dans la jungle

Il faut une heure de marche à travers la jungle pour rejoindre le lodge. En chemin, mon guide est toujours le premier à me montrer un oiseau ou un singe comme ce ouistiti observé sur le tronc d’un arbre. Il me parle aussi de ces arbres gigantesques, totalement inconnus en France qui servent à la médecine locale pour lutter par exemple contre la malaria. « Je n’ai pas encore vu de moustiques » lui dis-je. « On va s’approcher de la mangrove. Tu verras » me répond-il. Et effectivement, me voilà quelques minutes plus tard à batailler avec des dizaines de moustiques et mon spray.

Le lodge a été construit sur le bord du lac Marasha mais nous dormons dans une extension plus isolée à une centaine de mètres sur l’autre rive du lac. De nombreux oiseaux fréquentent le lac : les aras rouges et araraunas, le toucan toco, les perruches et bien d’autres mais aussi le capybara, le plus gros rongeur du monde et bien sûr les caïmans.

Le lac de Marasha et son lodge
Le lac de Marasha et son lodge

La nuit, les sons sont inquiétants

Marcher dans la jungle la nuit est une expérience tout à fait unique. Rien à voir avec une marche diurne car on perd la vue en grande partie et l’ouïe devient le sens prépondérant. Carlos me prévient : « la nuit, on reste groupé. Le danger est partout. C’est très différent des marches en journée ». Le ton est donné. Tous mes sens sont en alerte comme  si j’étais en danger permanent.

Alors que les perroquets se taisent, le concert des grenouilles envahit l’amphithéâtre forestier. Les caïmans et les anacondas peuvent être partout. Nous n’en verrons pas. Je ne sais pas si c’est un mal pour un bien. Carlos a vu il y a une semaine des dizaines de serpents lors de sa sortie nocturne. « C’est toujours quand on cherche qu’on n’observe rien » me dit-il en s’excusant.

Rien vu, c’est vite dit… On a croisé une dizaine de grenouilles à la taille vraiment impressionnante pendant notre virée nocturne.

Les grenouilles sont discrètes en journée mais le soir elles se mettent en scène avec le même refrain
Les grenouilles sont discrètes en journée mais le soir elles se mettent en scène avec le même refrain

Carlos, l’homme qui attrape les caïmans à la main

La nuit, c’est aussi le moment idéal pour aller observer les caïmans. Assis dans une barque sans moteur, nous partons le long des bords du lac, là où les herbes et l’eau ne semblent faire plus qu’un écosystème.

Carlos éclaire les rives à la recherche des yeux rouges qui réfléchissent à la lumière de la lampe. Il en repère un, s’approche en douceur par petits coups de pagaie. Il se penche au dessus de l’eau et d’un geste rapide attrape le caïman à la main. C’est un tout petit spécimen d’à peine trois mois. Qu’il est mimi !

Un peu plus tard, Carlos réitère sa chasse et capture un caïman d’un an et demi et d’environ 1,20 mètres de longueur. On est encore loin des grands adultes qui peuvent mesurer jusqu’à 5 mètres de long. Les caïmans du lac sont des caïmans noirs, les plus grands des crocodiliens américains. Ils peuvent être dangereux pour l’homme. Sous le ponton du lodge, nous pourrons d’ailleurs voir un caïman de près de 4 mètres attiré par un appât. C’était pas le moment de se baigner !

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Les plus gros caïmans peuvent mesurer 5 mètres
Les plus gros caïmans peuvent mesurer 5 mètres

Pêche aux piranhas : 2-0 pour Jessica

Le piranha n’est surement pas le meilleur poisson d’Amazonie mais c’est celui qu’on pêche car c’est le plus connu. Comme appât, on utilise des morceaux de pirarucu, le plus gros poisson d’eau douce d’Amazonie. Il est aussi excellent quand il est bien préparé.

Je pars confiant mais comme souvent à la pêche, je rentre bredouille. Une fois encore. Seule Jessica réussit à pêcher deux piranhas alors que c’est la première fois qu’elle tenait une canne à pêche dans ses mains. La chance du débutant dirons-nous 😉

C'est dans cette zone que j'ai vu l'anaconda
C’est dans cette zone que j’ai vu l’anaconda

J’ai vu l’anaconda

Allez, pour me dégourdir et évacuer ma frustration, rien de mieux que le canoë…

Nous partons pour une grosse demi-journée à pagayer. Nous traversons le lac et nous entrons dans un petit chenal où commence la mangrove. Il n’est pas facile d’avancer au milieu de la dense végétation qui flotte sur l’eau. L’endroit est d’abord assez inquiétant car la forêt semble me serrer dans un étau, puis je finis par m’habituer à cet environnement. Plus j’avance, plus la forêt devient reposante. Je finirai presque à oublier ces satanés moustiques. Ils sont toujours avides de sang. Je dois bien avoir 50 piqûres sur les jambes et les bras. Ils ne m’ont pas raté les salauds. Le touriste semble être leur met favori.

On finit par rejoindre le rio Amazone après une progression de 3,5 km dans la mangrove. Nous revenons par le même chemin. Les bras sont plus lourds, je suis fatigué mais je gère mieux mon effort. Quelle chaleur !

J’ai déjà bien filmé avec ma Garmin virb. Je la range. Grave erreur ! Quelques coups de pagaie plus loin, à 10 mètres seulement devant moi, légèrement sur ma droite, un anaconda de 4 ou 5 mètres semble voler sur les herbes marécageuses. Il tourne sa tête vers moi et s’enfonce dans la forêt. Je me souviendrai toujours de ce regard perçant, de cette aisance à se déplacer et de cette force qu’il dégageait. Une rencontre d’une fraction de secondes qui me glaça le sang pour le reste de la journée.

Anaconda © lana.japan - https://www.flickr.com/photos/13007595@N05/
Un jeune anaconda © lana.japan – https://www.flickr.com/photos/13007595@N05/

Informations pratiques

Comment y aller ?

La réserve de Marasha au Pérou est plus facilement accessible depuis la Colombie et la ville de Leticia. 2 heures de vol depuis Bogotá avec Avianca ou Lan puis 20 minutes en lancha express. Réservez votre vol en comparant les prix avec notre moteur de recherche.

Avec qui partir ?

Ce trip en Amazonie a été organisé avec Awake Adventures basée à Bogotá.

Santé

Il est plus que conseillé de se faire vacciner contre la fièvre jaune et le tétanos.

Crème anti-moustiques contre les insectes tropicaux obligatoires. Le paludisme en Amazonie est de groupe 3. Certains préconisent un traitement, d’autre de bien se protéger en associant anti-moustiques efficaces et des vêtements longs protecteurs. A chacun de faire son propre choix en ayant préalablement consulté un médecin.

Où dormir ?

  • Marasha : il n’y a qu’un hébergement dans la réserve naturelle gérée par la communauté de Puerto Alegria.

Livres

Plus d’informations : www.colombia.travel/fr/

Grégory ROHART

Fondateur des blogs www.i-trekkings.net et www.i-voyages.net et www.my-wildlife.com, je blogue Voyage, Roadtrip, Outdoor et Safari. J'encadre aussi des voyages photo sur les thématiques qui me passionnent : voyage, safari et trek.

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