Au cours d’un des évènements qu’ATTA (Adventure Travel Trade Association) organise régulièrement à travers le monde, j’ai découvert une partie de la Catalogne de manière plutôt sportive. Une série de randos et une via ferrata, mais pas que. Le programme, concocté à la carte pour cette occasion, comportait aussi de riches découvertes touristiques. Au total, une série de 8 expériences mémorables en Catalogne que je ne suis pas près d’oublier.
1- L’impressionnante abbaye de Montserrat
A une soixantaine de km au nord de Barcelone, en pleine nature, voici l’abbaye bénédictine de Montserrat. Un lieu sacré, accroché à la montagne, que tout Catalan se doit d’honorer. Certes, il ne reste quasiment plus rien de l’abbaye originelle du XIe s. Celle-ci a été détruite par les troupes napoléoniennes.
Aujourd’hui, un ensemble de bâtiments plutôt récents occupe cette large corniche montagneuse. Plus remarquables les uns que les autres, ils ceinturent la basilique, inaugurée en 1901. Celle-ci abrite la statue de la Vierge noire, la sainte patronne de la Catalogne, l’une des rares reliques originelles qui a pu être sauvegardée. L’accès à Montserrat est maintenant très facile. Un train à crémaillère dessert en effet l’abbaye. Tout au long de la journée, il amène des flots de pèlerins et de touristes.
Pourtant, malgré la foule qui se presse par moments, les lieux respirent toujours la ferveur, le recueillement. Et la sérénité.
2- Rando dans le parc naturel de Montserrat
L’abbaye de Montserrat est l’une des portes d’entrées du parc naturel du même nom. Et, depuis le lieu de pèlerinage s’ouvrent ainsi de faciles mais superbes randonnées. En effet, tout un réseau de sentiers permet de se tailler des itinéraires sur mesure. Je suis ainsi allé marcher en direction du Cavall Bernat, un rocher monumental qui se dresse à quelque 1 100 m. Une spectaculaire aiguille haute de 300 m, un doigt géant qui pointe vers le ciel. Elle est très prisée par les amateurs d’escalade, du reste comme tout le massif rocheux, mais est aussi considérée comme un lieu sacré.
A flanc de montagne, les sentiers gagnent ainsi le belvédère de la Serra de les Paparres. De là s’offre une magnifique vue panoramique. Faute de temps, on ne continuera pas jusqu’à l’ermitage de Sant Jeroni, au pied du sommet du même nom qui se trouve à un peu plus de 1 200 m tout de même. Dommage. On redescend vers Montserrat, pour une bonne partie en forêt. En passant devant un autre ermitage ancien, en travaux pour l’heure, celui de Santa Anna. De là, une longue série d’escaliers nous ramène à l’abbaye.
Aucun risque de se perdre : les itinéraires sont balisés, les cartes des lieux sont affichés sur de grands panneaux.
Le massif de Montserrat fait aussi partie de notre top 10 des sites natures à visiter en Catalogne.
3- Dans le parc naturel de Montseny
La Catalogne regorge de pépites, de trésors méconnus. Le parc naturel de Montseny, d’ailleurs classé réserve mondiale de la Biosphère, est de ceux-là. Clairement l’une de ces régions que l’on aimerait prendre le temps de découvrir plus avant. A la rencontre d’éleveurs de chèvres ou de producteurs de fromage, on en fait facilement le tour à pied sur le Circuit des 6 sens. Un trek de quelque 80 km qui se fait en 5 jours, pour partie d’ailleurs sur le GR®5, en prenant son temps pour apprécier les paysages.
En attendant de pouvoir le faire, je me contente d’une longue promenade. D’abord dans la charmante forêt de hêtres de Collformic. Sur de vieux chemins qui relient les villages depuis des temps immémoriaux. En tombant même sur d’anciens emplacements de charbonniers. Puis, au-dessus, dans la montagne nue cette fois, en direction du Turó d’en Bessa, un sommet à près de 1 400 m.
Suffisamment haut pour pouvoir admirer, au loin, la silhouette caractéristique du Canigou, la montagne emblématique de la Catalogne.
Pour une randonnée plus longue, allez lire le récit de Grégory sur sa randonnée en Catalogne des montagnes de Montseny à Barcelone.
4- Une via ferrata…
Poursuivant en direction des Pyrénées catalanes, me voici maintenant devant le massif de Pedraforca. D’autres superbes montagnes, dominées par deux pics jumeaux à la forme très caractéristique. Près du village de Valcebre, je m’essaie à la via ferrata. En l’occurrence celle de la Canalessa, jugée facile. Elle l’est, certes, encore qu’elle comporte quelques passages plutôt acrobatiques et fatigants. Mais, tout comme mes camarades, j’en viens à bout sans mal. Plutôt content de moi, et encore plus des paysages splendides que j’ai pu contempler entre deux mousquetons !
Dans l’après-midi, le village de Gósol constitue une autre jolie découverte. A dire vrai, sa découverte, on la doit à Picasso. Le célèbre artiste est en effet à l’origine de la notoriété de Gósol. Avec sa compagne d’alors, une jeune peintre française, il s’y est retiré durant quelques mois en 1906. Alors âgé de 24 ans et tout à fait anonyme, Picasso connaît ici un tournant décisif dans sa carrière. Il y peint quelques œuvres marquantes. Et, durant cette période, réalise des centaines de croquis, gouaches. La légende veut d’ailleurs que le jeune peintre bohème en a distribué à tous les villageois. Et que personne ou presque, bien entendu, ne les a gardés.
En tout cas, Gósol a un charme certain. Le village est dominé par les ruines, romantiques au possible, d’une forteresse érigée au XIe s. Elle était à son époque l’une des plus grandes des Pyrénées. Aujourd’hui, difficile de s’en convaincre puisqu’il n’en reste plus grand chose.
e site surplombe le village fait de maisons anciennes en pierre, rassemblées autour de l’église. Et l’on prend plaisir à y flâner, puis à s’installer à l’une des terrasses.
6- Superbe rando dans le parc d’Aigüestortes
Aujourd’hui, direction le parc national d’Aigüestortes et du lac Saint-Maurice. Avec ses 141 km², c’est un grand et splendide parc national, d’ailleurs le seul en Catalogne, créé en 1955. Un labyrinthe de montagnes et de vallées, qui abrite une incroyable biodiversité avec nombre d’espèces protégées. Nul besoin d’être un randonneur aguerri : de magnifiques balades s’offrent à tous dans des sites grandioses.
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Justement, me voici devant le lac Saint-Maurice, à un peu plus de 1 900 m. Pour partir marcher en direction du pic de Ratera, que nous garderons en ligne de mire pendant un moment. On admire les Encantats, avec ses deux flèches jumelles qui s’élèvent dans la brume. Cheminant entre les mélèzes et pins noirs qui bordent les sentiers, le petit groupe se retrouve vite devant le petit lac de Ratera. Sur ses berges, à 2 150 m, nous prenons le pic-nic en appréciant comme il se doit ce décor fabuleux. Et, surtout, en contemplant un aigle royal qui nous survole.
Le parc national d’Aigüestortes et du lac Saint-Maurice est un must pour la randonnée. Il est possible d’en faire le tour à pied, c’est la boucle du Tour des Encantats.
7- Le sympathique écomusée valls d’Àneu
En redescendant vers la civilisation, il faut s’arrêter à Esterri d’Àneu, un joli village, animé et sympa. Il abrite notamment l’attachant Écomusée des vallées d’Àneu, dans un ravissant ensemble de bâtiments du XVIIIe s, la casa Gassia. Une grande demeure de propriétaires terriens plutôt fortunés, restée dans son jus. Elle est à la fois confortable et très rustique, sans électricité bien sûr et sans eau courante non plus.
On y fait connaissance avec la vie paysanne du début du XXe : les outils de la ferme, le mobilier et les objets de la vie courante… Et on en apprend aussi tant et plus sur les us et coutumes, croyances et superstitions de la vie campagnarde dans ces régions reculées. Un saut dans le temps tout à fait passionnant, qui mérite d’être vécu.
8- Admirer le lac de Colomers et quelques autres encore
Le parc national d’Aigüestortes et du lac Saint-Maurice comporte pas moins de 200 lacs. Et, en une seule journée de marche, sans forcer, il est possible d’en voir pas moins de 25. Impressionnant, non ? Mais ça, c’est à la belle saison. Là, en cette fin de printemps, la neige est encore très présente en altitude. Tout particulièrement près du cirque de Colomers, à 2 130 m, que nous gagnons pour une nouvelle journée de balades dans ce vaste parc national. Cette fois, nous marchons dans une autre partie, plus au nord, dans le Val d’Aran.
Départ en haut du chemin de Prüedo, où l’on peut se faire déposer en taxi. Car, ici aussi, les possibilités de rando sont nombreuses. Autant les familles que les gros marcheurs y trouvent leur compte. Les débuts sont d’ailleurs très faciles : des prés, quelques zones humides. Petit à petit, le décor se fait plus sauvage. Le sentier court le long d’un torrent, fait passer quelques gués. Les névés se font de plus en plus nombreux, puis, la neige, franchement.
Et c’est l’arrivée au lac de Colomers, à côté du refuge. Face à nous, le haut pic de Colomers, à 2 993 m, et, encore, le pic de Ratera, vu de l’autre face cette fois. Ici, nous sommes quasiment au centre du parc national d’Aigüestortes. La descente se fait par d’autres versants. L’occasion d’admirer de petits lacs, comme celui de Clòto de Baish, mignon comme tout dans son écrin de pins et de falaises.
C’est sûr, je reviendrai ici.
Bonnes adresses
A Barcelone, l’hôtel Exe (3*) est certes loin du centre historique mais il a l’avantage de convenir aux budgets serrés tout en étant très calme. Le centre est accessible par train.
A Vic, une superbe petite ville qui mérite d’être visitée, à mi-chemin vers les montagnes, l’hôtel Les Clarisses (4*) occupe une magnifique construction du XVIIIe. Les lieux, convertis en hôtel voici quelques années seulement, s’accordent à merveille avec l’ambiance de cette petite cité historique. La table n’est pas en reste.
Dans le village de Montseny, le charmant restaurant El Pati de Can Baixeres ne sert que des produits frais, cuisinés maison. Qu’on se le dise !
A Saldes, l’hôtel Pedraforca (2*) bénéficie d’une vue imprenable sur le massif montagneux qui lui donne son nom. Les chambres sont relativement petites, mais ceci compense cela. Récemment rénové, c’est un havre de quiétude où l’on mange plutôt pas mal. Une adresse sympa.
A Gósol, en plein cœur du village, Cal Triuet est un petit resto sans prétentions mais fort goûteux pour qui aime la cuisine régionale. Plaça Major 4, tel. +34 681 898 363.
A Sort, avant d’entrer dans le parc national, l’hôtel Florido (2*) est un poil excentré mais très calme et confortable.
Pour dîner à Sort, la Formatgeria de l’Hôtel y Café Pessets est un endroit incontournable. Derrière la belle façade rococo, un haut lieu de spécialités catalanes servies par vagues successives, une farandole de bonnes choses. Délicieux.
A Vielha, le Parador (4*) est franchement très cossu et très confortable. Il date déjà, mais il vieillit plutôt bien ! Piscine et spa (payant), une situation enviable face à la montagne avec une belle vue sur la vallée. Loin de la ville sans, malheureusement, de navette ni transport en commun.
Autres informations pratiques
Le site de l’office de tourisme de la Catalogne.
Une agence pour organiser votre séjour : Pedratour. Basée dans un petit village, elle est spécialisée dans les séjours sportifs et d’aventure, que ce soit à pied ou à vélo. Ses guides sont tous originaires de la région, qu’ils connaissent évidemment sur le bout des doigts.