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48 heures avec les trappeurs de la Pourvoirie du Lac Blanc au Québec

 

Saint-Alexis-les-Monts au cœur de la région Mauricie. Ma voiture emprunte un petit chemin forestier et dans 15 minutes j’atteindrai le chalet d’accueil de la Pourvoirie du Lac Blanc. J’ai mis 1h10 pour être ici depuis le démarrage de mon SUV de location à l’aéroport Jacques Lesage de Québec.

Enfin, la pancarte « Bienvenue à la pourvoirie ». Le paysage correspond parfaitement à ce qu’on imagine des grands espaces du Canada l’hiver. Du blanc, des arbres givrés et quelques maisons aux bardages de couleurs vives. En prime, un ciel parfaitement bleu.

Pourvoirie du Lac Blanc

Balade en raquette avec Tony, le gentil trappeur

À peine équipé pour affronter -16°C, je rencontre Tony, jeune guide de la pourvoirie du Lac Blanc.

Franche poignée de main, tutoiement de rigueur chez nos amis québécois et on grimpe dans sa Jeep pour rouler sur ce qui semble être une route forestière recouverte de neige. 5Km plus loin, fin de la piste. On chausse les raquettes tailles XXL et nous nous enfonçons dans l’épaisse poudreuse tout en discutant. Nos phrases sont ponctuées par les « scrountch scrountch » que font les raquettes en écrasant le sol blanc.

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Tony m’explique les vertus des essences d’arbres de la région. Ici c’est essentiellement du bouleau dont l’écorce est idéale pour allumer le feu qui va nous servir à déjeuner au cœur de la nature. Notre trappeur tient à faire un détour pour me montrer ce qu’il appelle « son bureau », c’est une épaisse tente de prospecteur installée à l’année dans les bois.

Sous l’épais tissu blanc qui nous épargne 6 ou 7 degrés négatifs venus de l’extérieur nous enlevons même nos gants et bonnets. Pas peu fier de poser devant un drapeau québécois, Tony m’offre une démonstration des pièges qui correspondent à chaque peau qu’il a lui-même traitée. Castor, lapin, renards et même celle d’un ours.

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Nous repartons dans les bois. Malgré sa barbe et sa carrure de colosse, j’avais bien senti que Tony était gentil, mais j’étais loin d’imaginer qu’il pouvait servir de doublure dans un remake de Blanche Neige. Voilà les oiseaux qui viennent picorer des miettes de pain dans le creux de sa main. Pas de doute, Tony est en accord avec son environnement de travail : la nature.

Encore une heure de marche et nous débouchons sur un étang, du moins un plateau blanc recouvert de glace. Notre « roi de la neige » y fait un trou avec la chignole qu’il a caché non loin quelques jours auparavant, plonge dans le trou un hameçon tenu par un fil de nylon à un balancier et hop, déjà un premier poulamon est entre ses mains. Le Poulamon est un petit poisson vorace et gouteux des lacs locaux. Moi-même piètre pêcheur, j’en remonte cinq en dix minutes. Autour d’un feu pendant que nous nettoyons notre déjeuner composé uniquement de notre pêche blanche, nous prenons le temps d’échanger sur les bienfaits de la vie au grand air quand on est trappeur. Pour rien au monde Tony s’installerai en ville, je le crois sur parole.

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Avec Pierre, le « coureur des bois »

« Vlan vlan ! »

Ressources pour voyager

Voici quelques ressources pour organiser votre voyage :

Le lendemain matin, c’est Pierre qui frappe à la porte de la chambre qui me sert de point de chute à la pourvoirie. Avant d’être embauché comme guide spécialiste des amérindiens, Pierre a aussi été un trappeur professionnel. Il a passé son enfance dans un village de la nation Algonquin de l’Ontario. Autant dire qu’il n’a pas attendu la Cop 21 pour se préoccuper de la nature dans laquelle il vit.

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Habillé avec des peaux retournées sur lesquelles s’étalent des frises de couleurs vives ; coiffé d’une toque en renard, Pierre et moi mous partons sur deux puissantes motoneiges. Les bolides traversent les bois comme des flèches. 90 minutes sur ces engins aux poignées chauffantes pour atteindre le chalet rustique de la pourvoirie ne m’ont même pas cassé les reins.

On prépare la nuit en allumant le poêle surpuissant et en faisant sécher nos anoraks.

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Pierre prend les commandes du vieux fourneau à bois. Une fois les patates épluchées, je m’installe à la table de cuisine pour l’écouter me conter son enfance et son adolescence.  Enfant, il a suivi son père muté dans le grand nord et a ainsi vécu ses plus belles années intégré à la tribu des Wahgoshig First Nation.

Tel un agrégé d’histoire du Grand Nord, Pierre me raconte la genèse des trappeurs français depuis l’époque de David Crokett. Les guerres tribales entre Algonquins et Mohicans suivant les alliances aux colons français ou anglais…

Il est minuit, les yeux plein d’étoiles et la tête pleine d’aventure, je m’imagine tel le Dernier Mohican pagayant sur son canoë pour s’éloigner d’un dangereux grizzli.

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Au petit matin, retour sur la pourvoirie du Lac Blanc. Les spas de l’établissement seront parfais pour mon retour aux usages des visages pâles.

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Informations pratiques

Les vols Air Transat sont à 430 € à partir du mois de février 2018

Réservation en ligne : www.airtransat.com ou via notre comparateur.

 

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Gil Giuglio

Photographe depuis l'ère argentique, j'enrichis mes reportages par le texte. Revenir plusieurs fois sur une même région est à mon sens la seule façon d'en saisir l'essentiel. Peu importe le nombre de miles parcourus, les plateaux de l'Aubrac restent aussi exotiques que Kangaroos Island, South Australia.

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