Ajouté le 23/07/2010 - Lu 255 fois - Auteur : ivoyages
Quand on pense Tyrol, on pense aussi alpages. Les alpages sont le but d’une foultitude de randonnées à pied ou en VTT et un des must estivaux pour les habitants du coin comme pour les touristes. Mais les alpages représentent avant tout un système économique typique de la haute montagne tyrolienne.
Les alpages en exploitation : Le bétail plus que l‘auberge
Un alpage, c’est une prairie de montagne utilisée pour le pâturage et la fenaison ainsi que les bâtiments et les infrastructures qui y sont associés. La plupart du temps, il se situe au-delà de 1500 mètres d’altitude sur un espace qui, à l’origine, était toujours boisé. À la Chambre d’agriculture du Tyrol, Josef Lanzinger nous a livré quelques détails forts intéressants sur les alpages de la région. « À l’été 2009, le Tyrol comptait 2155 alpages en exploitation, qui représentent mis bout à bout une surface à pâturer de 185.000 hectares. Cela correspond à 60% de la surface agricole exploitée du Tyrol. En comparaison, la surface agricole exploitable des paysans de la vallée et de montagne s’élève à quelque 100 000 hectares ». On parle d’alpages en exploitation lorsque du bétail y séjourne, que ce soient des vaches, des moutons ou des chevaux. « Le critère principal est la présence de bétail, pas d’une auberge, sur l’alpage », explique cet expert en la matière. Un chiffre illustre bien l’importance de l’alpage au Tyrol : environ 50% du bétail transhume en été. Ce qui représente pas moins de 180 000 bovidés, ovins et caprins. Et d’autres chiffres cités par Lanzinger sont encore plus parlants : « Ici, 57% des vaches laitières vont à l‘alpage. En comparaison, cela concerne 10% de leurs congénères en Autriche, 4% au Tyrol italien et 0,4% en Bavière. Pour les bovins, ce pourcentage passe à 61%. Et pour les génisses, même à 80% ». La transhumance soulage aussi quelque peu les agriculteurs restés dans la vallée, l’été étant la saison la plus chargée à la ferme. De plus, elle permet d’économiser le foin en vue de l‘hiver.
Les alpages laitiers et fromagers
Nombre d’alpages accueillent des « Sennerei », mot qui désigne une exploitation fromagère à l’Ouest de la région, une exploitation laitière à l’Est. 1247 alpages accueillent des vaches à lait, on les appelle alpages laitiers. « Dans les alpages laitiers, on trouve un chalet d’alpage et une étable pour la traite des vaches », explique Lanzinger. « En plus de la chambre à lait et d’une indispensable installation de réfrigération, il faut aussi un bon vacher. Il s’occupe des vaches et veille à ce qu’elles restent en bonne santé. C’est la seule manière d’obtenir un lait irréprochable ». En comparaison, seuls 69 alpages tyroliens produisent et vendent leur propre fromage. Un alpage fromager dispose d’une chambre à fromage avec toutes les installations nécessaires à la production de fromage. Un lieu de stockage et d’affinage du fromage doit aussi être présent. « Là aussi, un bon fromager est indispensable pour obtenir un fromage de qualité. Tout le monde n’arrive pas à tirer un excellent fromage d’alpage de l’excellent lait d’alpage. Cela prend de l’habileté et de l‘expérience » déclare Lanzinger.
La désalpe : en avant toute !
Selon les conditions météorologiques, les paysans et le bétail montaient à l’alpage autour de la Saint Georges, le 24 avril, et y restaient jusqu’à la Saint Martin, le 11 novembre. De nos jours, le bétail retourne dans la vallée fin septembre, lors de la désalpe. Cette transhumance inverse est l’occasion de fêtes populaires dans tout le Tyrol, au cours desquels des villages, que dis-je, des vallées entières célèbrent comme il se doit le retour du bétail. Les désalpes attirent un vaste public particulièrement dans le Zillertal où des centaines de curieux viennent année après année admirer cette parade haute en couleurs. Fritz Pfister, un paysan de Mayrhofen, ramène chaque année ses vaches d’un alpage du Breitlahner au village. Il nous raconte une désalpe traditionnelle au Zillertal. Au premier samedi d’octobre, fête du Saint Rosaire, les vaches sont ramenées dans la vallée. À l’alpage, les préparatifs durent toute une semaine, raconte-t-il. « Jadis, nous pratiquions la désalpe seulement entre paysans, de nos jours, nos visiteurs s’y joignent. Cela rend la chose plus amusante et joyeuse ». Sur l’alpage, les vaches sont décorées avec des fleurs, des cloches et des courroies couvertes de clochettes. Des icônes, des croix et différents symboles sont magnifiquement ornés de roses des Alpes, de chardons argentés et de branches de pin de montagne. La pose du résultat, une coiffe d’un poids avoisinant les 20 kilos, sur la tête des vaches nécessite beaucoup de bras. Les vedettes du jour sont agitées, il faut de vrais professionnels pour les ramener avec calme et circonspection dans la vallée. « Ce n’est pas chose aisée », raconte Pfister, « car les vaches sont turbulentes ». Lorsque le troupeau rentre au bercail après des heures de descente, il est attendu de pied ferme par beaucoup de villageois et de touristes. « Évidemment, nous nous réjouissons que les visiteurs d’enthousiasment pour la transhumance, qu’ils photographient les vaches et qu’ils gardent un excellent souvenir de cela ! » déclare Pfister, qui effectuera cet automne sa 24ème désalpe.
L‘offre forfaitaire correspondante, « Randonnées d’automne et désalpe », existe. On peut la réserver à l’hôtel-restaurant Sieghard de Mayrhofen, à partir de 378 € par personne, pour la période du 19 septembre au 10 octobre 2010. Elle comprend 7 nuits dans la chambre de votre choix, la demi-pension gastronomique de Sieghard de même qu’une dégustation de Schnaps chez les distillateurs du Zillertal (http://www.hotel-sieghard.at).
Pour plus d’informations: Tirol Info, tél. +43.512.7272-0, info@tirol.at et http://www.tyrol.com/fr
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