Selon le baromètre Opodo 2010, le tourisme de loisir subit une baisse structurelle depuis 2003 accentuée en 2009 par les conséquences de la conjoncture économique difficile. Le désir d’évasion des Français demeure très fort et le sentiment de satisfaction qu’ils éprouvent pendant leurs vacances démontrent l’importance personnelle de l’enjeu. Cependant, la réalité les rattrape et impose des arbitrages et parfois des renoncements qui se traduisent inégalement selon les catégories socio-professionnelles.
Dans ce contexte, l’e-tourisme connaît une forte progression cette année encore, illustrant l’adaptation de ce canal de distribution et d’information aux nouveaux défis que doivent relever les consommateurs pour satisfaire leurs désirs d’évasion toujours présents. C’est l’enseignement principal de cette enquête.
Depuis 7 ans, le Baromètre Opodo mesure avec précision l’évolution des départs en courts séjours marchands et/ou en longs séjours (marchands et non) ainsi que l’utilisation que font les Français de l’Internet pour préparer et réserver leurs voyages. Le Baromètre 2010 a été réalisé en janvier / février 2010 par le Cabinet Raffour Interactif auprès de 1100 personnes représentatives de la population française de 15 ans et plus (par enquêteurs professionnels ISL en face à face à domicile), méthode des quotas croisés.
En 2009, la baisse structurelle du tourisme de Loisir se confirme : la population française des 15 ans et + a augmenté de 2 millions d’individus entre 2003 et 2010, soit d’autant de candidats potentiels au départ. Mais parallèlement, le nombre de Français partis a diminué de 3,2 millions pour s’établir à 29 millions en 2009.
Le taux de départ cumulé en court séjour marchand et/ou en long séjour connaît une nouvelle érosion en 2009 puisque 56% seulement des Français sont partis, le plus bas niveau depuis 2003 où ce taux atteignait 64%.
En 2009, les Français sont contraints à de nouveaux arbitrages et certains à des renoncements. Le taux de départ en long séjour en 2009 (marchand ou non) est tombé à 52%, après deux années de stagnation à 56%. Sept ans plus tôt, il était de 62%. Selon le type de long séjour, l’impact n’est toutefois pas de la même ampleur. Le taux de départ en long séjour marchand diminue significativement pour atteindre 28% en 2009 (contre 32% en 2008). Cette baisse n’est pas compensée par le non marchand à la différence de 2008. En effet, en 2009, le taux de départ en long séjour non-marchand reste stable à 29% (comme en 2008). Cette observation montre que des Français ont dû purement et simplement renoncer à partir en long séjour cette année, quel que soit le coût de leurs vacances.
Le taux de départ en long séjour d’été (juin à septembre inclus) accuse également une baisse significative pour atteindre 50% contre 53% en 2008 et 2007. Tandis que les Français s’attachaient à préserver et privilégier tant que possible leurs vacances principales, souvent familiales, ils peinent désormais à les maintenir et certains y ont renoncé.
Le taux de départ en court séjour marchand, de 32% en 2007 et 28% en 2008, chute à 26% en 2009. Cela correspond à 3,1 millions de Français qui ont renoncé à s’offrir ce type de séjour depuis 2007. La fréquence des départs reste toutefois stable. Le nombre moyen de courts séjours marchands consommés par ses adeptes se maintient à 2, niveau bas cependant comparé à 2007 où il était encore de 2,6. Les Français sont cette année contraints d’arbitrer afin de se permettre de partir encore en grandes vacances.
Les séjours à l’étranger se maintiennent assez bien en 2009 avec un taux de départ de 34 % pour les Français partis de 15 ans et plus. « Le Baromètre Opodo nous montre que durant les trois années précédentes, les courts séjours marchands servaient de variable d’ajustement pour maintenir l’essentiel, les longs séjours, et que les Français s’orientaient vers des vacances moins onéreuses afin de partir malgré tout. » explique Xavier Rousselou, Porte-parole d’Opodo France. « La crise économique actuelle a accentué en 2009 une tendance de fond et des Français ont dû soit faire des arbitrages conséquents pour préserver leurs vacances soit simplement renoncer à partir. Les efforts des professionnels sur les prix sont plus que jamais essentiels pour contenir et tenter de stabiliser ce mouvement. »
Les Français sont toutefois diversement impactés par la baisse des vacances :
• Le taux de départ est proportionnel aux revenus du foyer : ceux dont le foyer a plus de 3000 € de revenu -net avant impôt- partent à 78%, ceux entre 3000 et 2000 € à 63% et ceux dont les revenus sont compris entre 2000 et 1000 € ou moins de 1000€ partent respectivement à 44% et 35%.
• La baisse globale du taux de départ en 2009 est surtout sensible dans les foyers de certaines catégories socio-professionnelles intermédiaires : les individus dont le chef de famille est commerçant ou artisan décrochent avec un taux de départ qui passe de 68% en 2008 à 50% en 2009, et les retraités voient leur taux de départ passer de 54% en 2008 à 50% en 2009. Les employés, ouvriers et professions intermédiaires sont impactés dans une moindre mesure puisqu’ils sont 55% à être partis en 2009 contre 56% en 2008 année à laquelle ils avaient sévèrement décroché (leur taux en 2007 était alors de 62%).
• Les Français dont le chef de famille est CSP+ ne souffrent pas du phénomène puisque leur taux de départ augmente à hauteur de 81% en 2009 contre 78% en 2008. Mais ils ne représentent que 13% de la population Française de 15 ans et plus, leur contribution au taux de départ global reste mesurée.
• La situation des personnes dont le chef de famille est inactif ou étudiant demeure stable mais à un bas niveau avec un taux de départ de 44% en 2009.
Selon Xavier Rousselou : « Le taux de départ est très dépendant des revenus mais surtout du sentiment de sécurité et de confiance en l’avenir. Les plus fragilisés ou inquiets en raison de la situation économique ont tendance à partir moins par nécessité ou par précaution. »
Le succès de l’e-tourisme se confirme : en 2009, 35% des Français partis ont réservé leur voyage en ligne ! La France compte aujourd’hui 36,2 millions d’utilisateurs d’Internet (l'ayant utilisé les 12 derniers mois), soit 70% de la population française de 15 ans et plus. Depuis 2003, le nombre d’internautes s’est accru de 16,2 millions d’individus.
14,7 millions de Français ont préparé leurs séjours en ligne, soit 51% des Français partis en 2009. Nous assistons au franchissement d’un cap et à l’affirmation d’Internet comme média incontournable, source essentielle d’informations et de services autour du voyage.
10,2 millions de Français ont entièrement réservé leurs voyages en ligne, soit 35% des Français partis en 2009. La réservation de voyages sur Internet s’accélère avec 1 million d’adeptes en plus en 2009 comparé à 2008 ! En 2009, 69% des Français qui préparent leurs vacances sur Internet réservent en ligne.
« La forte progression des réservations sur Internet dans un contexte de tassement continu des départs montre un déport conséquent vers le canal web, media toujours plus plébiscité ! La possibilité de se connecter au moment où on le souhaite, sans avoir à se déplacer, de comparer les prestations et d’y trouver des promotions en temps réel ainsi que des tarifs compétitifs constituent des atouts indéniables, particulièrement en période difficile où les Français sont plus vigilants que jamais sur leurs dépenses » commente Xavier Rousselou.
Le désir d’évasion reste très vivace même en ces temps difficiles… Les vacances demeurent une aspiration centrale de la vie des Français. En effet, les actifs partis en vacances en 2009 sont 55% à déclarer que « partir en vacances est un besoin vital pour lequel ils sont prêts à sacrifier d’autres dépenses ». Cette mesure est en progression depuis 2007 (+ 3 points).
Les Français partis en long séjour marchand en 2009 déclarent à 97% que leurs vacances principales ont été réussies (66% les qualifient même de « très réussies »).
88% des Français partis en séjour marchand en 2009 ou prévoyant de le faire en 2010 modifient leurs comportements pour faire face à une conjoncture économique difficile. Les 5 comportements qui arrivent en tête sont « comparer de plus en plus les prestations touristiques », « réduire les achats sur place (restauration, terroir, souvenirs…)», « prendre un moyen de transport moins cher quand c’est possible », « partir davantage en France » et « réserver de plus en plus ses séjours sur Internet ». A noter que ce dernier point figurait en 10ème position des réponses l’an passé.
Xavier Rousselou conclut : « Il semble que la conjoncture renforce le désir d’évasion et le besoin de changer d’air. Malgré la réalité qui s’impose à eux, on ressent bien que les vacances occupent une place essentielle dans la vie des Français et qu’un rebond est possible dès que la situation économique le permettra. Pour l’heure, ils adaptent leurs façons de consommer et trouvent en Internet un allié précieux. », en ajoutant « La satisfaction des consommateurs est également un signe encourageant adressé aux professionnels du tourisme ».
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