Ou la brève histoire de deux faranjis (étrangers, en amharique)…
Ce voyage va connaître deux phases : la première, d'une dizaine de jours, où nous serons pris en charge par une agence locale (Smiling Ethiopia, et nous n'aurons qu'à nous féliciter de l'avoir choisie) pour visiter l'Ethiopie du sud (la vallée de l'Omo, au sens large, et ses tribus), la seconde, où fidèles à nos habitudes, nous nous débrouillerons par nous-mêmes…
L'Ethiopie…
1.137.000 kilomètres carrés, pays montagneux et de hauts plateaux (entre 1.800 et 3.0000 mètres, ce qui explique pourquoi les nuits sont fraîches !)
Etat fédéral de 11 régions s'administrant de manière autonome. 75.000.000 d'habitants, 49 ans d'espérance de vie, trois produits d'exportation : le café (excellent), le qat (pas goûté!), le bétail (il y a plus de têtes de bétail que d'habitants).
Tension à la frontière nord avec l'Erythrée, conflit armé au sud avec la Somalie, révolte rampante de l'Ogaden (province rebelle)…80 langues et dialectes…11 régions… 7° pays le plus pauvre de la planète…
Les Ethiopiens sont très soucieux de l'image qu'ils donnent à l'étranger et sont particulièrement traumatisés par celle relative à la famine des années 85 (1 million de morts). Aujourd'hui, le pays est autosuffisant et même s'il peut y avoir des problèmes de déséquilibre, ceux-ci restent très ponctuels.
Ceux qui s'expriment en anglais vont tous nous dire "dites bien chez vous que nous mangeons à notre faim…"
Jeudi 29/11/2007. Paris-Addis Ababa (altitude 2.400 mètres), arrivée le vendredi 30 au matin.
C'est un vol de nuit, par Ethiopian Airlines, l'avion vient de Bruxelles et il a un bon ¾ d'heure de retard ! Bagages à l'enregistrement : 11 kilos pour Régine, 15 kilos pour moi…mais j'ai le poids d'une valise à roulettes ! Je me suis pesé avant le départ : 80,10 kilos…et combien au retour ? Vous le saurez à la date du 03/01/2008 !
Nous arrivons donc à Addis au petit matin : les représentants de l'agence sont là, qui nous attendent. Le chauffeur, occasionnel (c'est un cousin du propriétaire de l'agence), et notre guide francophone, Hayelom, dont nous ne louerons jamais assez la débrouillardise et la connaissance du terrain dont il allait faire preuve pendant cette dizaine de jours…
Une fois déposés à notre hôtel, nous faisons une première sortie en ville : achat d'eau, de timbres à la poste et prise d'un café (c'est drôlement bon le café Ethiopien, même que ça se boit sans sucre, c'est dire !).

Nous partons déjeuner et c'est notre premier contact avec l'"injera"…galette de tef fermenté de la taille de nos galettes de sarrasin, , (c'est bon la première fois, mais c'est carrément lassant de s'en voir proposer aux trois repas de la journée !) sur laquelle sont déposés divers ingrédients comme des légumes, de la purée de haricot, de la viande, parfois un morceau de poulet…Encore faut il savoir que dans ce pays, orthodoxe pour sa majorité, il y a deux jours de jeûne par semaine (les mercredis et les vendredis), c'est-à-dire sans viande, ni œuf, ni lait. En gros, et compte tenu des fêtes, il faut compter sur 180 jours de jeûne…
Le problème, c'est de réapprendre à manger avec ses doigts, et pas n'importe lesquels, ceux de la main droite uniquement (pour moi qui suis gaucher…) : on découpe comme on peut un morceau d'injera dans lequel on roule un peu de garniture et on achemine le tout vers la bouche en évitant d'en faire tomber…
Bien sûr, comme le plat est commun aux convives, il est exclu de se lécher les doigts, sauf en fin de dégustation… Nous en aurons pour 30 birrs à nous deux avec l'eau minérale, soit 2,22 euros…
L'après midi se passera avec le véhicule de l'agence, notre chauffeur temporaire et notre guide (Hayelom). Nous visitons les deux principaux musées de la capitale, mais avant toute chose, nous passons au siège de TEFSA. Tefsa est une ONG britannique qui a pour objet de mettre en place un tourisme "responsable" : elle développe un parcours de trek avec les populations locales et à leur profit. Bref, nous les rencontrons pour finaliser ce qui n'a pas pu l'être par Internet, à savoir notre inscription définitive au trek de quatre jours. Tefsa nous demande une assurance avec numéro de téléphone (sans elle pas de départ, mais pas de panique, ils auraient pu nous assurer !). Il prendra place du 23 au 27 décembre à partir de Lalibela et nous serons avec deux autres touristes. Hayelom nous réserve d'ores et déjà une chambre d'hôtel à Lalibela pour la nuit du 22 au 23 décembre.
Visite du musée d'Ethnologie puis du musée National. L'entrée se fait après palpation et fouille des sacs… Ce dernier abrite la fameuse Lucy, absente pour cause de voyage aux États-unis. Là, nous rencontrons un jeune Français qui poursuit ses études de paléontologie et qui est en Ethiopie depuis deux ans : il va nous piloter à travers les collections du musée, c'est passionnant et fascinant ! Comme notre chauffeur en a profité pour aller faire une course, nous nous retrouvons sans voiture : notre guide nous propose d'attendre son retour, qui ne saurait tarder. on est jamais trop prudent ! Nous avons une autre solution qui surprend notre guide : prendre un taxi collectif qui nous ramènera près de notre hôtel…Le coût du trajet est modique, quelque chose comme 2 birrs par personne, soit 0,14 euro par tête.
Le dîner du soir se passera à l'hôtel Axoum car nous allons y retrouver Philippe, Christiane et leurs amis avec qui ils voyagent depuis la mi novembre : ils ont commencé par visiter le nord et s'en vont demain dans le sud…
Le taxi (il n'y a pas de compteur) va nous prendre 25 birrs à l'aller et 30 au retour (il est vrai qu'il est 22 heures !). Toujours négocier le prix de la course avant de monter dans le véhicule !