Certains jours, on a vraiment l'impression de vivre dans un roman de Tolkien, tellement l'attitude de nos patrons ressemble à celles de Gollum œuvrant pour récupérer son "précieux". Pour récupérer leur "précieux" (qui, certes, permet à nos patrons de nous rémunérer), ils nous imposent, un temps, des congés imposés en Août, puis reviennent sur leur décision, décident alors d'appliquer la loi en imposant de solder des jours de congés avant novembre, puis négocient des accords d'entreprise pour que ce ne soit plus le cas. C'est loin d'être clair, plus personne n'y comprend rien ! C'est Smeagol ou Golum qui va gagner ?

Au moins, nous pouvions partir en septembre, ce qui était une bonne nouvelle car les billets d'avion redeviennent à un prix raisonnable. Objectif : plonger dans des eaux, relativement, chaudes et sous un ciel clément. Hors de question de partir en Martinique ou en Guadeloupe pour cause de risque cyclonique non nul (Erika, c'est le nom de la dépression tropicale qui a sévit cette année ; certes, ce n'était pas un ouragan, mais un phénomène suffisant puissant pour gâcher quelques jours de congés si difficilement acquis). Anne-Marie a tout de suite pensé au futur département Français : Mayotte ! Un des plus grands lagons au monde, en hiver austral, les baleines viennent peupler ses eaux pour mettre bas, beaucoup d'attraits pour les plongeurs que nous sommes. Sauf que l'île a grosso-modo la taille de Marie-Galante (donc, c'est petit ! On peut faire le tour de Marie-Galante en une journée, même si c'est très loin d'être suffisant pour en découvrir tous les charmes ; 3 semaines semblent donc être trop long pour un séjour à Mayotte), que le site du Routard signale la présence du paludisme (et que traitement antipaludéen + plongée n'est pas spécialement un bon mélange, du moins pour Christophe qui se souvient de sa seule plongée, perturbée, à Nosy Be ; nous avons ensuite appris que le traitement antipaludéen ne semble pas obligatoire à Mayotte) et que les structures d'accueil ne sont pas encore trop développées (nous cherchons, bien sur, de petites structures, mais, du moins sur Internet, elles ne sont vraiment pas nombreuses). Nous avons donc renoncé à cette destination (mais ce n'est que partie remise).
Par contre, nous connaissons une île beaucoup plus grande (nous n'en avons toujours pas fait le tour malgré 3 voyages de 3 semaines), qui accueille aussi dans ses eaux, les baleines australes (même si nous n'avons pas eu la chance de les voir lors des deux premiers séjours).

Par exemple, nous n'avions jamais pu randonner dans Mafate et nous n'avions jamais visité St Denis. Ca faisait plein de raisons pour retourner à la Réunion et, peut-être que cette année, les baleines allaient nous attendre ? Coté météo : en septembre, c'est, certes, encore l'hiver austral. Mais avec un hiver où l'eau de l'océan est à 24 °C, sans thermocline, hors de question de prendre l'île en grippe (A) ! Oui, nous le concédons, 24 °C, c'est un peu frais tout de même mais avec nos combis 7 mm, ça reste supportable ! Il y a, quand même, quelques risques météo en cette fin d'hiver australe : il se peut qu'une dernière dépression tout droit venue d'Antarctique, soulève une houle empêchant d'aller plonger. C'est ce qui s'était passé en 2007, mais nous avions pu randonner sur la partie est de l'île.
Nous n'avions plus qu'à répondre à une question cruciale pour organiser le voyage : où aller pour laisser sécher les combis ? Randonner à travers le cirque de Mafate ou choisir un hébergement dans Salazie, le cirque le plus arrosée de l'île ? Pour Mafate, il faut réserver plusieurs gîtes le long d'un circuit préparé à l'avance. Vu que nous n'étions pas spécialement en avance pour les réservations, nous avons abandonné cette option et nous avons choisi de passer plus de temps à St Leu, pour ne passer que trois jours pleins à Salazie (au moins, ça ne ferait que 3 jours de gâchés s'il pleuvait).

Il nous fallait aussi trouver un nouvel hébergement sur St Leu, puisque le bungalow que nous avions loué en 2007 n'est plus disponible à la location. Nous avons été tentés de ne pas prendre de location de voiture pour notre séjour à St Leu. En trouvant un hébergement à quelques centaines de mètres du club de plongée, nous pouvions nous passer de véhicule. Mais que faire les jours de fermeture du club ? Aller en transport en commun à St Denis est possible. Mais monter au Maïdo pour le lever du soleil, est une autre histoire ! Et même, si nous comptions beaucoup plonger, nous n'allions pas plonger tous les jours. Nous voulions aussi retourner au marché de St Pierre et monter au volcan pour faire le nez coupé de Ste Rose ou le Piton Kapor. Et puisque nous avons opté pour une location de voiture (via autoescape.com, comme en 2007), nous avons décidé de ne pas louer au centre ville (pour le bruit, St Leu est certainement très bruyante la nuit ) et de retourner dans le même quartier qu'en 2007, derrière la gendarmerie, à "la Résidence, Les Pêcheurs".

Pour Salazie, il a été impossible de trouver sur internet des gîtes (bungalow avec une kitchenette). L'offre est plutôt orientée vers des chambres d'hôtes (en demi-pension). Nous avons hésité longtemps avant qu'Anne-Marie finisse par contacter deux chambres d'hôtes dans le cirque de Salazie, en demandant expressément à quelle heure était servi le petit déjeuner. Idéalement, pour randonner à la Réunion, il faut se lever en même temps que le soleil, pour avoir du temps avant l'arrivée des nuages qui, invariablement, envahissent les hauts en fin de matinée. Cela est encore plus vrai pour le cirque de Salazie qui est généralement, mais pas invariablement, atteint par les nuages avant les autres cirques. Le premier hébergement nous a répondu que les petits déjeuners n'étaient pas servi avant 8h30 du matin (donc, impossible de démarrer une randonnée avant 9 heures du matin, ce qui est trop tard). Tandis qu'à la "Tourte Dorée", les petits déjeuners sont servis à partir de 6h30 du matin. C'était donc parti pour la "Tourte Dorée" à Grand Ilet (dont la spécialité est le chouchou, un de nos légumes tropicaux favoris) qui nous a même proposé un tarif moins onéreux que celui indiqué sur leur site internet.
Une semaine avant le départ, nous nous sommes même inscrits pour les premières plongées au club, Abyss plongée (qui nous avait fait parvenir des photos de baleines faites en 2008; pour nous faire baver).