
Ce récit de voyage sur les rails du transsibérien est une partie "d'Asie en Résonances", projet de voyage de trois mois effectué avec mon amie Jeanne Garreau à travers la Mongolie, le Népal et l'Inde entre avril et juillet 2008.
Il retrace le début de notre périple : Moscou-Irkoutsk, cinq jours de vie en train nourrie de rencontres fortes et de paysages divers.
Les heures restantes
Celles de l’attente
Ces heures lourdes habitées par le trac, la peur et l’excitation
Compressées, oppressantes
On aimerait déjà y être
Ne plus avoir à supporter ces dernières heures, ces heures restantes, ces heures déjà mortes ou l’on est déjà plus ici et pas encore là-bas
A quelques heures du décollage
Quelque chose qui nous appelle au loin et quelqu’un qui nous retient ici
Dans ces heures flottantes et finissantes
On repasse en boucle le trajet, la liste des affaires et des contacts,
On tourne en rond, tout est prêt, trop prêt
Et sur place on dira qu’on avait pensé à tout sauf à ça !
Les heures restantes
Juste au seuil du départ
Les pires
Les plus indésirables et les plus excitantes à la fois
Assommantes
Elles frôlent le départ, ne font que l’effleurer, et au fur et à mesure qu’avance le temps, que tourne l’heure, on laisse un peu plus de soi ici, un premier au revoir, puis un deuxième..
Les têtes défilent, on emporte avec soi le sourire de ceux qu’on aime, les paroles de sagesse et les conseils de chacun, les voix résonnent dans la mémoire…
C’est l’heure !

17 avril, hall de l'aéroport Charles de Gaulle. Vol Paris Moscou, via Vienne. Nous y sommes. Y sommes-nous vraiment ? 21 avril, à quai dans l'une des 9 gares de Moscou, nos provisions à la main, ca y est nous y sommes vraiment, notre voyage commence enfin. Nous allons emprunter la ligne ferroviaire la plus longue au monde Moscou-Vladivostok 9 238 kilomètres. Elle traverse plus de 990 gares. Nous n'irons pas jusque là. Halte prévue à Irkoutsk, dernière ville russe avant l'entrée en Mongolie, étape nécessaire pour qui désire s'émerveiller devant le Lac Baikal. 22 avril, sur les rails du transsibérien, allongées sur nos couchettes en classe dortoir, classe la moins chère et la plus conviviale, nous sommes lancées pour 4 nuits et 5 jours de traversée au bout du bout de la Sibérie ! L'heure tourne, les paysages changent, les visages s'arrondissent, nous entrons progressivement sur les terres d'Asie Centrale.