Dimanche 1er juillet 2007C’est à l’aéroport Charles de Gaulle qu’Eric et moi faisons la connaissance de nos deux compagnons d’expédition : Fabrice (de la région parisienne) et David (de Toulouse). L’enregistrement des bagages est laborieux (les tapis roulants sont en panne) mais j’évite ainsi la surtaxe lié à l’excédent de bagages : 26 kg au lieu de 20… C’est finalement avec une heure de retard que l’avion décolle pour Oslo. Les contrôleurs du ciel norvégiens sont en grève partielle et nous patientons deux heures avant de repartir pour Tromsø – non sans avoir au préalable avalé un bon morceau de pizza ; dernière bouchée de civilisation avant les grandes étendues sauvages… L’attente à Tromsø est de courte durée et nous repartons rapidement pour notre dernière escale, sous les rayons du soleil de minuit : sa lumière ne nous quittera plus pendant treize jours.
Lundi 2 juillet 2007Nous arrivons à Longyearbyen à 1:30 du matin et là, surprise : pas l’ombre d’un guide de
Svalbard Nature pour nous accueillir. De surcroît, le portable de Pierre – le responsable de l’agence - reste muet. Finalement, toute l’équipe – mal renseignée par l’aéroport sur notre véritable retard – nous retrouve et nous emmène au Guest-House « Marianne Riggen ».
Sylvie, notre guide, nous offre une boisson chaude accompagnée d’un morceau de gâteau au chocolat et, après une première prise de contact, nous allons dormir vers 3 heures !
Lever à 8:00, petite douche (la dernière avant 8 jours…), petit-déjeuner de céréales et de tartines de confitures à la framboise. La matinée se passe à préparer les sacs et à essayer les combinaisons pour l’expédition de la semaine. Un peu avant midi : rappel sévère des consignes de sécurité, puis nous nous rendons au centre « ville » (Longyearbyen compte 1800 habitants permanents…) où Sylvie doit encore faire quelques achats.
Nous en profitons pour observer et photographier nos premières espèces locales – sans trop s’éloigner – et ce, sous un soleil généreux : Bruants des neiges, Goélands bourgmestre, un superbe couple de Lagopèdes alpins ainsi que des bandes de Mergules nains volant le long des falaises. Nous observons aussi nos premiers renards polaires.
Nous prenons notre repas de midi au guest-house de Svalbard-Nature : spaghetti préparés par Sylvie avec, en entrée, des toasts à la crème de poisson et, en dessert, un morceau de « fromage » norvégien.
L’après-midi, sous un ciel qui se couvre et alors qu’un petit vent glacé se lève, nous visitons les abords de l’ancien aéroport quelques km au sud-est de Longyearbyen :
1 couple de Bruant des neiges nourrissant au nid
- 1 groupe de 30 Bernaches nonettes
- quelques familles d’Oies à bec court avec leurs jeunes
- 1 couple de Phalarope à bec large (entre-aperçu)
- nombreux Bécasseaux violets
- 2 Bécasseaux variables
- 1 grand Gravelot
- 2 couples de Harelde boréale
- de nombreuses familles d’Eiders à duvet
- des Sternes arctiques en parade.
A 20 heures, nous nous rendons au port avec nos bagages et nous embarquons à bord d’un petit voilier polonais commandé par Yurek, lui-même secondé par Anja. Il met le cap vers les falaises de Diabasodden, première étape de notre expédition. On nous offre une petite collation à bord puis nous débarquons à l’aide du zodiac – en trois navettes – sur une plage parsemée de bois flottés, quelques centaines de mètres après avoir dépassé les falaises. La plage est déjà occupée par un campement mais la place ne manque pas pour dresser notre tente mess ainsi que nos trois tentes de couchage : une pour Sylvie, une pour Fabrice et David et la dernière pour Eric et moi. Nous faisons quelques observations aux abords du camp : nombreux bécasseaux violets sur la plage et un grand gravelot le long du ruisseau.

Notre première « nuit » d’aventure commence et nous faisons la pénible découverte des tours de garde – crainte de l’ours polaire oblige. Nous mettons en place des tours d’une heure et demie dans l’ordre initial suivant : Sylvie, David, Fabrice, Eric et moi.
Pendant mon tour de garde, je reçois la visite de deux rennes qui semblent s’intéresser d’un peu trop près à nos sacs de nourriture : faim ou simple curiosité ? Difficile à dire mais une chose est sûre : les habitants du Svalbard sont d’une curiosité surprenante à notre égard : du Pétrel fulmar au Labbe parasite en passant par les rennes ou les phoques : pas un ne manque de venir nous observer de près...