L’Okavango, fleuve perduL’Okavango est un fleuve de plus de 1500 km qui prend sa source en Angola et traverse ensuite la Namibie et le Botswana. Dans le désert du Kalahari, au nord du Botswana, il forme un delta aussi grand que la Suisse avec d’innombrables bras, lacs, îles et marécages. Une partie de l’eau est engloutie par la terre aride, l’autre s’évapore, laissant derrière un énorme champ de sel.

Pour le Botswana, le delta de l’Okavango est une deuxième mine de diamants : l’eau est potable et riche en toutes sortes de poissons. En même temps, l’Okavango irrigue une terre qui serait restée aride, créant ainsi des terres, uniques au pays, propices à l’agriculture et à l’élevage du bétail. Le Botswana exporte ensuite la viande, entre autres dans les pays de l’Union européenne. D’ailleurs, c’est pour cette raison que le pays est sillonné de « frontières de désinfection » censées empêcher la diffusion de la fièvre aphteuse. Comment cela se présente en réalité : tous les voyageurs doivent descendre et traverser un paillasson désinfectant. Les voitures passent par une « flaque d’eau désinfectante ». Mais dès que vous goûtez la viande locale, vous comprendrez pourquoi même l’Union européenne veut en importer ! Prenons par exemple le bœuf – ici, il est incroyablement savoureux, car les animaux peuvent paître librement dans la nature.
Le tourisme dans l’Okavango ou Comment ne pas se laisser avoir par une agence de voyagesLe tourisme bénéficie également des richesses naturelles du delta de l’Okavango. Cette industrie est aujourd’hui la deuxième ressource du pays, juste derrière les diamants. Les agences de voyages savent que les aventuriers cherchent une expérience qui sort de l’ordinaire et qu’ils se laisseront séduire par cette destination. Surtout si le voyage comporte la visite des chutes Victoria au Zimbabwe et par la suite les dunes de la Namibie.
Le gouvernement du Botswana a pris le parti du tourisme du luxe pour éviter les effets dévastateurs du tourisme de masse. Le Botswana n’est donc pas une destination bon marché : les visiteurs du delta sont hébergés dans des « lodges », dont les moins chers coûtent, d’après les guides, plusieurs centaines de dollars US par nuit. Il s’agit de bungalows de luxe au bord d’une rivière ou d’un étang où les animaux viennent boire. Le mot luxe désigne ici la possibilité d’observer les animaux sauvages à partir de votre chambre.
Les agences cherchent des astuces pour faire baisser le prix du voyage : elles vous amènent uniquement à l’extrême limite du delta et proposent un « bivouac sauvage » - nuit dans les tentes à un endroit où on voit défiler régulièrement les groupes touristiques. Au programme, vous aurez cependant « la visite du delta de l’Okavango ». Vous risquez donc d’être déçus, ce qui nous est arrivé. Nous avons vu plus d’animaux sauvages dans le parc de Chobé, à l’est du Botswana.
Commençons maintenant notre voyage au cœur du delta de l’Okavango…