
"Jingle bells, jingle bells… Le son des grelots, le gui sous le porche, le parfum pénétrant des sapins… Et maintenant, imaginez… Le cliquetis des éperons sur la véranda, le fumet de la dinde rôtie, les buissons de sauge roulés par le vent du désert… Imaginez, les douze coups de minuit à l'ouest du Pecos et le 1er janvier 2006 à cheval dans le désert du Chihuahua…"
Avec une entrée en matière pareille, difficile pour une fan de westerns et d'équitation de résister. Me voilà donc partie au lendemain de Noël pour un réveillon sous les étoiles du Texas.
La loi à l'Ouest du Pecos : le juge Roy Bean
Parmi les grandes figures de l'Ouest, le juge Roy Bean (1825 - 1903), qui tenait ses séances dans son salon aux abords du Rio Grande au cœur du désert du Chihuahua, reste l'un des plus haut en couleurs.
Selon la légende, Roy Bean donna à son saloon et sa ville le nom de l'amour de sa vie, Lily Langtry, une actrice anglaise qu'il n'avait jamais rencontrée. S'instituant lui-même "la loi à l'Ouest du Pecos", l'histoire veut qu'il ait eu un ours pour animal de compagnie et ait envoyé des douzaines d'hommes à l'échafaud avec pour toute sentence "pendez-les d'abord, jugez-les plus tard". Plus généralement la peine consistait à admirer son actrice préférée et consommer le montant de l'amende à son bar, lui-même étant son meilleur client…
Un siècle et demi plus tard, les ruines du saloon de Langtry sont balayées par le vent du désert… et le tribunal le plus proche est toujours à plus de 50 miles de là.
Brève histoire du Texas
Au cours de son histoire, le Texas a connu huit changements de souveraineté et six drapeaux ont flotté sur l'état.
En 1528, suite à un naufrage, Nuñez Cabeza de Vaca est le premier explorateur de la région. Pendant huit ans il explorera la région et donnera naissance à la légende des sept cités de Cibola.
En 1684, René Robert Cavelier de la Salle, le premier Français à descendre le Mississippi afin d'en trouver l'embouchure par la mer, se perd et installe provisoirement sa colonie sur les côtes texanes. Craignant une invasion française, les Espagnols, en théorie maîtres du territoire mais qui ne l'ont jamais occupé, se rendent sur place. A leur arrivée, les Français ont disparu mais pour couper la route à la Louisine toute proche les Espagnols établissent leurs premières missions en 1690.
Dix-huit ans plus tard, le Mexique acquiert son indépendance. Ils autorisent la colonisation par des étrangers mais bien vite les colons venus des Etats-Unis poussent à l'indépendance. Face à l'attitude dictatoriale et centralisatrice du nouveau président, Santa Anna, la révolte gronde. La révolution éclate. Une série de défaites s'ensuit pour l'armée texane, dont la célèbre chute de Fort Alamo. Le gouvernement provisoire est en fuite. La cruauté de Santa Anna le perdra : les volontaires arrivent en masse, du Texas et des Etats-Unis. Sam Houston, fin stratège, et un peu servi par la chance, gagne la bataille de San Jacinto, où il capture Santa Anna : le Texas devient une république en 1836.
En 1845, le Texas se rattache aux Etats-Unis, avec l'autorisation, toujours en vigueur, de redemander son indépendance quand il le souhaitera. 1861, lorsque les états du sud entrent en sécession, le Texas se joint à eux, malgré l'opposition de son gouverneur Sam Houston, qui démissionne, et le vote négatif d'une importante partie des comtés. A la fin de la guerre, en 1865, le drapeau des Etats-Unis flottera de nouveau sur les terres texanes.
La guerre n'aura pas nuit à tout le monde. Livré à lui-même, le bétail s'est abondamment reproduit, de grands troupeaux d'animaux (les fameux long horns) redevenus sauvages errent en liberté. Le nord industriel se peuple rapidement et a besoin de viande. Le convoyage de troupeaux n'est pas une nouveauté pour les Texans, mais le phénomène prend une ampleur inégalée. Les cow-boys poussent des milliers de bêtes sur la piste de Chisholm. Elles vont jusqu'à Abilene au Kansas, le terminus bétailler où elles prennent le train vers le nord. Au début du 20ème siècle la découverte et l'exploitation du pétrole donneront un nouveau souffle à l'état.
Place au récit...