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9 jours à Tlemcen
01/10/2007 - Lu 4049 fois

Histoire d’une balade au présent et au passé dans Tlemcen. Pomaria à l’époque romaine. Capitale intellectuelle et spirituelle du Maghreb central médiéval. Ville à 800 mètres d’altitude, en pleine extension, et proche de la frontière marocaine. Découvertes, rencontres et souvenirs d’enfance. Mosquées, remparts, rues, campagne, mer et forêt. Et partout l’hospitalité algérienne.
Le mois prochain, je vais assister au colloque Littérature et Cinéma, organisé par La Grande Maison, la fondation Mohamed Dib à Tlemcen, sa ville natale à lui aussi. Je suis émue et troublée, j’y crois à peine. Je vais revoir Tlemcen.
Dire que je n’ai pas remis les pieds là bas depuis 1975 ! Comment ai-je pu laisser filer le temps comme ça ? À cause des récentes années noires vécues par L’Algérie ? Ou de l'imaginaire familial qui rend ce pays si présent en moi ?
Quoi qu’il en soit, j’ai le sentiment étrange que je vais " me recharger " là bas. L’an passé, quand j’étais si accablée de chagrin, j’imaginais que je partais à Tlemcen, que je me couchais ventre à terre, joues contre le sol et pleurais toutes les larmes de mon corps.
Ce qui est certain : je vais voyager non seulement dans des lieux mais aussi dans le temps, le temps de ces lieux et mon temps dans ces lieux. Plus que jamais je vais aller et venir de mes rêves à la réalité. Ces rêves qui ont jailli, irrépressibles, dès que j’ai obtenu mon visa, dès que j’ai su que c’était bien vrai j’allais partir, ces rêves que j’ai couchés alors dans Mon pays est une ville.
" Coucher ", c’est vraiment le verbe. Je commence mon voyage en fermant les yeux pour mieux les ouvrir là- bas.