
Ces lignes sans autre prétention que de me laisser un souvenir de mon séjour à Bucarest, sont le récit non exhaustif de mon expérience étudiante vécue au sein de la capitale Roumaine. Six mois dans un pays de l’Europe de l’Est. Six mois pendant lesquels je pensais suivre studieusement des cours à l’école d’architecture. Il n’en a rien été. Ce fut six mois d’ouverture sur un monde que je n’imaginais pas ou que j’apercevais à peine au travers de films importés.
Le texte qui suit est une compilation des courriers électroniques envoyés régulièrement aux proches pour leurs donner des nouvelles. Découverte et aventure, sentiments et expériences contés au travers de mails rédigés instinctivement entre cybercafés et ordinateurs portables.
5 février 2005
Je crois que ça a marche.
J'espère que je n'écris pas pour rien.
Le clavier est un Qwerty, très difficile d’écrire, les touches sont inversées, et il n y a pas les accents, tiens je viens de trouver l'apostrophe.
Voilà, je suis fraîchement parachuté dans la capitale Roumaine. Mes chauffeurs (en l’occurrence, ma mère et ma sœur) ont repris la route de leur pays natal. Moi, je reste ici. Seul. Un peu désorienté. Il neige, il fait -20 degrés la nuit. Je ne parle pas un mot de roumain et force est de constater que ceci va être mon quotidien pour les 6 prochains mois. Un léger flot de salive amère reste bloqué dans ma gorge lorsque je vois la voiture familiale tourner au carrefour et disparaître… Mais qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi ai-je choisi cette destination au fin fond de l’Europe, alors qu’il y a 2 mois, je ne localisais même pas Bucarest sur le planisphère !!!
Je fais parti des étudiants Erasmus, un programme européen d’échanges entre écoles. Objectif du séjour ? Présenter ma 4° année d’architecture dans l’école de Bucarest. Je réside dans un Camin maison étudiante. C’est triste mais finalement on y est bien. A notre étage, on est 7, j'attends 2 anglais qui vont partager ma chambre dans quelques jours, on a un lavabo pour tout le monde et il est dans la cuisine près de l'évier, sympa le lavage de dents dans la vaisselle du voisin. Il va falloir revoir sa façon de vivre, oublier un peu le confort d’un lave-vaisselle et apprendre l’organisation communautaire de notre petite Europe (2 italiens, 1 anglais, 1 moldave, 1 russe, 1 réunionnais et moi).