
C'est avec un pincement au coeur que l'on a clôturé notre périple en Asie du sud-est. Panoramas époustouflants, moments de grande émotion, frise de visages souriants, patchwork d'histoires personnelles heureuses, tragiques, déterminées ou désenchantées. Nous quittons cette partie du monde la tête retentissante de sons mélodieux et frissonnante de sensations, le coeur chargé d'images et la peau goûtant encore le parfum d'Asie. Une toute autre expérience nous attend maintenant: l'Australie. Etrange Australie... Etrange, est certainement le mot que l'on a le plus employé, répété, usé depuis notre arrivée.
Etrange pays où l'on s'assure, à votre arrivée, que vous n'apportez aucun élément végétal ou animal. Dans la zone de quarantaine, après la douane, des policiers passent au laser l'intégralité de nos bagages pour détecter toute trace de nourritures, objets en bois, plantes séchées ...etc. Il nous faut même préciser dans le questionnaire fourni à l'entrée si l'on transporte des chaussures de randonnée portant encore de la terre sur les semelles.
Etrange aéroport-dortoir où les passagers arrivant tard dans la nuit, s'allongent tout naturellement sur la moquette kitchissime de l'aéroport pour terminer ou plutôt commencer leur nuit. C'est d'ailleurs ce que l'on a fait, sans complexe, à la vue de ces dizaines de dormeurs, en arrivant à 4h00 du matin à Darwin. Policiers, douaniers, passagers des vols intérieurs, aucun ne semble prêter attention à la transformation du hall en immense dortoir.
C'est étrange, mais c'est dans ce pays développé que l'on a eu notre plus grande « galère ». Non qu'elle ait été plus importante que les précédentes, bien au contraire, mais elle fut la plus difficile à résoudre. Nous arrivions durant ce que l'on pensait être la basse saison. Aussi, dés 9h00 du matin, l'appel à la compagnie de location de camping-car que nous avions sélectionnée nous a déstabilisé quelque peu lorsqu'elle nous a annoncé qu'il n'y avait plus aucun véhicule disponible. Les six autres compagnies que l'on tentera donneront le même verdict. En Asie du sud-est, il y aurait eu une solution. Notre air attristé, embarrassé aurait conduit notre interlocuteur à nous proposer une autre solution, peut-être plus chère, peut-être différente, mais le dialogue aurait été possible. Ici, la sentence coupe court à toute discussion. Nous sommes désolés, au revoir!
Dépités, nous rejoignons le centre ville pour trouver une auberge de jeunesse. Là encore, nous redoublons de malchance et après avoir essuyé plusieurs refus, les auberges affichant complet, nous nous sommes finalement échoués dans un providentiel dortoir dans lequel l'odeur d'un tas de chaussettes sales, des cinq paires de baskets gisant sur le sol et des restes de repas délicatement posés sur le rebord de la fenêtre et sous les lits rendait l'occupation de la chambre plus de dix minutes d'affilé impossible. C'est tout de même dans cette atmosphère nauséabonde que nous passerons la nuit. Le lendemain, la planification du budget de notre séjour australien au vu du prix des transports et auberges de jeunesse nous convaincra définitivement qu'il nous faut être motorisés et nous improviser campeurs. Finalement, nous parvenons, en changeant les dates de notre prochain vol, à trouver un van pour quatorze jours.