
Toujours à la recherche d’authenticité, de grands espaces, l'agence Western Horizon a réussi une nouvelle fois à proposer une expérience unique à ceux qui comme moi aiment associer cheval, découverte et aventure. Des espaces vierges de la pampa aux sommets enneigés de la cordillère des Andes, de l’immensité de l’estancia traditionnelle au puesto familial de la montagne, l’Argentine nous a révélé sa richesse, sa générosité, ses secrets... La barrière de la langue n’existe plus quand les yeux et le cœur sont touchés ; la gentillesse et l’accueil des argentins auront largement comblé les lacunes dans la communication et dans mon cas me retrouver au sein de « compatriotes » (je suis née en Uruguay) m’aura permis d’approfondir les relations et nouer de réelles amitiés. Quelques instantanés des différents moments forts de ce fabuleux voyage.
Dimanche 18 avril 2004
Un rodéo a lieu à l’estancia depuis hier. C’est l’une des manches de qualification pour la finale et la date en a été fixée afin que nous puissions en profiter. L’épreuve de rodéo argentin n’a rien à voir avec son cousin nord-américain. Plusieurs épreuves se ressemblent dans le fond car elles correspondent à une déclinaison du travail du bétail, mais l’épreuve phare est très différente. Le corral est rond, d’un côté une paroi arrondie et deux portes délimitent une sorte de demi-lune. On fait d’abord entrer le veau, puis deux gauchos entrent. Ils doivent encadrer l’animal, l’un derrière l’autre sur le flanc, celui-ci pratiquant donc un galop en crabe étonnant. Ils font d’abord trois fois le tour de la demi-lune en cadrant bien le veau, puis sortent et ont trois tours pour plaquer le veau contre des banquettes sur les côtés du corral. Le gaucho sur le côté jette littéralement son cheval sur le veau, le but du jeu étant de le décoller du sol pour venir le coucher sur la banquette. Le comptage des points dépend ensuite de l’endroit où le veau est
tapé : devant, au milieu, derrière. La position du cheval est également primordiale, s’il est de biais par exemple, le point n’est pas marqué. Il s’agit de la deuxième journée, donc nous voyons passer les meilleurs, ce qui forcément donne une impression de facilité que je sais bien trompeuse. Nous nous y essaierons à la fin de la semaine d’ailleurs. Comme toute compétition qui se respecte, les gauchos sont dans leurs plus beaux habits et sur leurs plus beaux chevaux.
Après le dîner, Mario (notre guide local) fait chauffer l’eau pour le café et le maté. L’occasion pour les français de découvrir la boisson nationale. Edgardo (le coordinateur local) nous signale que Mario sait chanter et nous lui demandons donc de nous chanter quelques airs accompagné de sa guitare. Il adore ça et a une belle voix. Il nous chante des chansons traditionnelles de la région. Des chansons toutes simples qui parlent d’amour, de nature et d’hommes de la campagne…